Un impact économique désormais mesurable
Selon les données recueillies, l’édition 2025 du MOGA Festival a généré plus de 51 millions de dirhams de dépenses directes au bénéfice de l’économie locale. Ces flux concernent principalement l’hébergement, la restauration, les transports, les commerces de proximité et divers services mobilisés pendant la période du festival. Pour une ville de la taille d’Essaouira, dont l’activité économique reste fortement saisonnière, ce volume de dépenses représente un apport non négligeable, concentré sur quelques jours mais diffusé dans plusieurs secteurs.
La dépense moyenne par participant, estimée à 10 187 dirhams sur l’ensemble du séjour, illustre le profil d’un public à fort pouvoir de consommation, souvent mobile, et en quête d’expériences culturelles complètes. Ce niveau de dépense suggère également un effet d’entraînement sur des acteurs économiques parfois éloignés des circuits touristiques classiques. Restaurants indépendants, maisons d’hôtes, artisans et prestataires locaux figurent parmi les premiers bénéficiaires indirects de cette dynamique.
Le MOGA IN, pilier financier de l’événement
Le cœur économique du festival reste le MOGA IN, concentré sur le site principal de l’Hôtel du Golf, où se tiennent concerts et performances accessibles par billetterie. En 2025, 10 800 participants y ont été recensés. Au total, 13 737 billets ont été scannés, achetés par 5 056 personnes distinctes, certaines ayant assisté à plusieurs journées. Ces données traduisent une fréquentation fidèle et un taux de rétention élevé, indicateurs rarement mis en avant dans l’analyse des événements culturels.
Les recettes issues de la billetterie se sont élevées à 5,36 millions de dirhams, représentant 43 % des recettes totales du festival. Cette proportion confirme le rôle central du public payant dans l’équilibre financier de l’événement, tout en soulignant la dépendance relative à des revenus non commerciaux, tels que les partenariats et le sponsoring. À noter également une progression de 31 % du nombre d’acheteurs par rapport à l’édition précédente, signe d’une montée en puissance continue du MOGA sur la scène culturelle marocaine et internationale.
Le MOGA OFF, diffusion urbaine et inclusion
L’analyse ne s’arrête pas au site principal. Le MOGA OFF, pensé comme une extension du festival dans l’espace urbain, joue un rôle stratégique dans la diffusion des retombées économiques. Gratuit et ouvert, il s’est déployé dans 37 lieux d’Essaouira, allant de cafés à des espaces culturels et publics. Environ 4 200 personnes ont participé aux activités du OFF lors des deux premières journées de l’édition 2025.
Près de 40 % des répondants déclarent avoir pris part à au moins un événement du OFF, un indicateur de son attractivité et de sa capacité à toucher des publics plus larges que les seuls détenteurs de pass. Au total, 38 activités ont été proposées, mêlant musiques électroniques, patrimoine, sport, bien-être et initiatives locales. Les participants affichent une dépense quotidienne moyenne d’environ 1 500 dirhams, la majorité situant leur budget journalier entre 1 000 et 3 000 dirhams, confirmant l’impact diffus du festival dans l’économie urbaine.
Fréquentation, emploi et attractivité internationale
Pris ensemble, les formats IN et OFF auraient réuni près de 15 000 participants lors de l’édition 2025. L’impact sur le secteur touristique se traduit par 5 338 nuitées générées, tandis que 1 404 emplois directs ont été mobilisés, couvrant les métiers artistiques, techniques, logistiques et de services.
Le profil des festivaliers illustre également l’ouverture internationale de l’événement : 63 % des participants sont marocains, tandis qu’environ un tiers provient de l’étranger, principalement de France, des États-Unis et du Royaume-Uni. Un positionnement qui renforce l’image d’Essaouira comme destination culturelle à rayonnement global.
Au-delà de la scène et de l’esthétique musicale, le MOGA Festival 2025 met en lumière une réalité souvent sous-estimée : la culture peut être un moteur économique tangible lorsqu’elle est pensée, mesurée et intégrée à son territoire. En objectivant ses retombées, l’événement d’Essaouira contribue à faire évoluer le débat public vers une reconnaissance plus structurée de l’économie culturelle comme levier de développement local durable. Pour Mogador, ces chiffres ne closent pas la réflexion. Ils en posent les bases.












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