Menu

Madrid et Alger appellent Guterres à leur secours


La presse algérienne a fait ses choux gras de la récente déclaration à Madrid du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, appelant à relancer le dialogue concernant l’affaire du Sahara. Mais avec qui dialoguer ?



"Au secours M. Guterres, Rabat nous a démasqué"
"Au secours M. Guterres, Rabat nous a démasqué"
Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, qui s’est vu refuser treize candidats au poste d’envoyé spécial pour l’affaire du Sahara, depuis la démission de Horst Kohler, en mai 2019, escompte que la prochaine personnalité qu’il va proposer soit acceptée.

Guterres a fait cette déclaration à Madrid, le 2 juillet, ou il était l’invité du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. Les médias algériens se sont aussitôt emparés de ces propos avec un infantile enthousiasme.

A Madrid comme à Alger, on espère que le SG de l’Onu mette ainsi fin aux revers diplomatiques infligés dernièrement en série par Rabat.

Espagnols et Algériens semblent avoir oublié que le polisario a déclaré la rupture du cessez-le-feu le 13 novembre 2020. Depuis lors, il a ‘tiré’ plus de deux cent communiqués militaires.

Pourquoi Rabat serait-elle encore tenue de discuter avec une bande de mercenaires qui lui a déclaré la guerre ?

Le croche-pied américain

En réitérant la décision de l’administration Trump de reconnaitre la marocanité du Sahara, Washington, à travers le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price, a enterré les espoirs de Madrid de continuer à jouer la carte du Sahara contre le Maroc.

L’Etat profond espagnol n’est pas prêt de soutenir la création d’un Etat-fantoche au Sahara, en face de l’archipel des Canaries, encore moins d’en faire un argument pour les séparatistes Catalans.

Madrid fait toutefois tout ce qui en sont pouvoir, quelque soit la couleur politique du gouvernement en place, pour éviter que cette épine soit retirée du pied du Maroc.

Les villes marocaines occupées de Sebta et Mellilia sont déjà sous un quasi-siège économique depuis que le flux du trafic de contrebande a été stoppé par Rabat. Les commerçants qui en vivaient n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.

Leur colère, mêlée à leur désespoir, ils l’ont agressivement exprimé à Pedro Sanchez quand il s’est rendu en visite à Sebta, suite à l’entrée massive de migrants clandestins.

Faux calculs et vraies pertes

Le président Tebboune, le Général Chengriha et le tortionnaire 'Benbatouche', les 'alliés' de Madrid
Le président Tebboune, le Général Chengriha et le tortionnaire 'Benbatouche', les 'alliés' de Madrid
Madrid voit maintenant les deux présides comme des fruits en train de mûrir et qui finiront ainsi par tomber dans l’escarcelle du Maroc. Au point d’en appeler l’Europe à son secours.

L’Espagne sait très bien que si le Maroc en venait à clore définitivement l’affaire du Sahara, il ne manquerait pas de reporter toute son attention et augmenter ses pressions politiques pour la récupération pacifique des derniers confettis d’un colonialisme archaïque.

Comme la peur est mauvaise conseillère, Madrid n’a rien trouvé de mieux que de pactiser avec les stupides et haineux caporaux d’Alger pour mettre des bâtons dans les roues de Rabat.

Il s’en est suivi l’humiliant épisode juridique de ‘Benbatouche’ et la cinglante manœuvre économique de contournement de l’Espagne par les MRE de retour en vacances au Maroc.

Quand aux jolies recettes réalisées avec les touristes marocains qui débarquaient en masse sur la Costa Del Sol chaque été, les Espagnols peuvent faire une croix dessus cette année.


Pas de négociation avec les terroristes

Il faut avouer qu’il faut être particulièrement idiot pour comploter avec un régime algérien totalement délégitimé aux yeux de ses propres citoyens.

C’est donc vers le SG de l’ONU que Madrid s’est tournée, qui ne peut lui-même que formuler des vœux pieux. Il a dû essuyer le refus algéro-polisarien de l’ancien premier ministre de Roumanie, Petre Roman, et de l’ancien chef de la diplomatie portugaise, Luis Amado.

Dépité, Guterres en est arrivé à proposer l’ancien diplomate italien Staffan De Mistura, celui-là même qui a échoué lamentablement en Syrie.

Tout ce spectacle diplomatique et ces faux-semblants peinent à occulter le fait que le polisario ne peut plus être considéré par Rabat comme un interlocuteur acceptable. On ne discute pas avec une organisation terroriste dirigée par des accusés de crimes contre l’humanité.

Négocier la fin de l’affaire du Sahara, qui empoisonne le Maghreb depuis près d’un demi-siècle, est nécessaire pour tourner cette triste page. Ce qui ne saurait se faire qu’avec son principal instigateur, l’Algérie.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Dimanche 4 Juillet 2021

Dans la même rubrique :
< >