Une progression annuelle nette, mais pas linéaire
Au terme de l’exercice 2025, les levées de capitaux se sont établies à 124,4 milliards de dirhams, contre 106,69 milliards de dirhams un an plus tôt. La hausse est réelle, proche de 16 %, et confirme le rôle central du marché des capitaux dans le financement de l’économie nationale. Mais cette progression ne s’est pas faite d’un seul élan. Mois après mois, l’activité a alterné entre phases de consolidation et pics plus marqués, au gré des besoins de financement des entreprises et des arbitrages des investisseurs.
Cette évolution graduelle reflète un marché qui gagne en profondeur, sans pour autant s’affranchir totalement des logiques de prudence. Dans un environnement international encore instable, marqué par des tensions sur les taux et des incertitudes géopolitiques, les opérateurs ont privilégié des instruments perçus comme plus sécurisés.
La domination persistante des titres de créances
Dans le détail, la structure des levées de capitaux en 2025 reste largement dominée par les titres de créances négociables (TCN), qui totalisent 77,54 milliards de dirhams. Ce segment continue d’être l’outil privilégié des émetteurs, notamment pour répondre à des besoins de trésorerie à court et moyen terme, tout en offrant une visibilité appréciée des investisseurs institutionnels.
Les émissions obligataires ont, pour leur part, atteint 23,68 milliards de dirhams. Elles traduisent une volonté de certains acteurs de s’inscrire dans des horizons de financement plus longs, malgré un contexte de taux encore surveillé de près. Les émissions de titres de capital, en revanche, restent modestes, avec 5,46 milliards de dirhams seulement. Un chiffre qui interroge sur la capacité du marché à attirer davantage d’introductions ou d’augmentations de capital, notamment pour les entreprises à fort potentiel de croissance.
Décembre 2025, un mois révélateur
Le dernier mois de l’année a concentré une part significative de l’activité. En décembre 2025, les levées de capitaux ont atteint près de 17,78 milliards de dirhams, soit l’un des niveaux mensuels les plus élevés de l’année. Cette accélération de fin d’exercice n’est pas anodine. Elle traduit à la fois une anticipation des décisions financières à venir et une volonté de boucler certains programmes de financement avant le passage à 2026.
Dans le même temps, l’encours des opérations de prêt-emprunt de titres s’est établi à 52,9 milliards de dirhams à fin décembre. Ce volume témoigne d’un marché secondaire plus actif, où la circulation des titres et les mécanismes de liquidité prennent une place croissante.
Un marché robuste, mais encore perfectible
Si les chiffres de 2025 confirment la solidité du marché des capitaux marocain, ils mettent aussi en lumière un déséquilibre persistant en faveur de la dette. Le faible poids des titres de capital pose la question du financement à long terme de l’innovation, des PME et des projets structurants. Pour un pays engagé dans une trajectoire de développement durable et inclusif, l’enjeu est clair : élargir la base des investisseurs, diversifier les instruments et renforcer l’attractivité de la Bourse de Casablanca comme levier de croissance.
En 2025, le marché des capitaux marocain a démontré sa résilience et sa capacité d’adaptation. Le cap des 124,4 milliards de dirhams levés marque une étape importante. Reste désormais à transformer cette performance quantitative en un moteur plus équilibré de financement de l’économie réelle, au service de l’investissement productif, de l’emploi et de la confiance durable des acteurs économiques.
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