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Maroc-France : un nouveau traité pour tourner définitivement la page postcoloniale


Rédigé par le Jeudi 16 Juillet 2026

Le futur traité d'amitié entre Rabat et Paris ambitionne de redéfinir une relation vieille de plus de soixante-dix ans. Économie, défense, culture et géostratatégie formeraient les quatre piliers d'un partenariat appelé à remplacer l'accord de 1955, dans un contexte international profondément transformé.



Le Maroc et la France s'apprêtent à franchir une nouvelle étape de leur relation bilatérale. Selon plusieurs informations relayées par la presse, un nouveau traité d'amitié est en cours de finalisation et pourrait être signé à l'occasion de la prochaine visite d'État de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en France. L'objectif affiché est clair : remplacer un cadre juridique hérité de la fin du protectorat par un partenariat conçu entre deux États souverains aux intérêts convergents. 

Le symbole est fort. Le traité remplacerait l'accord de La Celle-Saint-Cloud signé en novembre 1955, qui avait préparé le retour de Mohammed V et ouvert la voie à l'indépendance du Royaume quelques mois plus tard. Plus de sept décennies après, Rabat estime que les relations franco-marocaines ne peuvent plus être structurées par un héritage postcolonial mais doivent refléter les nouvelles réalités économiques, diplomatiques et stratégiques. 

Un partenariat économique beaucoup plus ambitieux

Le premier pilier concernerait l'économie et l'industrie. Les informations publiées évoquent un engagement français à renforcer ses investissements dans plusieurs secteurs stratégiques marocains : automobile, industrie ferroviaire, transport maritime, défense et nouvelles technologies industrielles.

En contrepartie, le Maroc offrirait un accès privilégié aux entreprises françaises dans certains grands projets d'infrastructures, de transport, d'énergies renouvelables et d'industrie de défense. Des incitations fiscales pourraient également accompagner ces investissements afin de renforcer la compétitivité des groupes français face à d'autres acteurs internationaux. 

Cette orientation traduit une évolution importante : la relation ne serait plus uniquement commerciale mais davantage tournée vers la co-production industrielle, les chaînes de valeur et les investissements de long terme.

Autre évolution notable : la coopération militaire. Le futur traité prévoirait un approfondissement du partenariat en matière de défense, avec des transferts de technologies et le développement d'une industrie militaire marocaine plus intégrée.

Les domaines évoqués couvrent notamment les véhicules blindés, les munitions, l'aéronautique militaire et différents équipements de défense. Les exercices conjoints ainsi que la coopération entre services de renseignement seraient également renforcés afin de répondre aux défis sécuritaires du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest. 

Cette dimension confirme que les relations franco-marocaines dépassent désormais largement le cadre diplomatique traditionnel.

Le volet culturel apparaît probablement comme le plus sensible.

Selon les éléments publiés, Paris souhaiterait consolider la place de la langue française dans l'administration, l'enseignement supérieur et les milieux économiques marocains. Le développement des Instituts français, du réseau de l'Alliance française et des établissements scolaires français ferait partie des pistes étudiées. 

Mais cette ambition intervient alors que le Maroc accélère parallèlement son ouverture vers l'anglais, devenu la langue dominante des échanges économiques internationaux, de la recherche scientifique et des nouvelles technologies.

Le futur traité devra donc probablement composer avec une réalité désormais installée : préserver la francophonie sans freiner l'internationalisation linguistique du Royaume.

Le Sahara et l'Afrique au cœur du partenariat stratégique

Le quatrième pilier concerne la géopolitique.

La France confirmerait son soutien aux positions marocaines concernant le plan d'autonomie pour le Sahara marocain ainsi qu'à la défense des intérêts du Royaume dans plusieurs enceintes européennes et internationales. En parallèle, Paris chercherait à s'appuyer davantage sur le Maroc pour retrouver une influence en Afrique de l'Ouest, région où son poids s'est fortement érodé ces dernières années. 

Cette complémentarité traduit une évolution stratégique : le Maroc n'est plus seulement un partenaire méditerranéen de la France mais devient progressivement un acteur régional capable de servir de relais diplomatique, économique et sécuritaire sur le continent africain.

​Une nouvelle relation... sous réserve de confirmation officielle

Si ces orientations se confirment lors de la signature du traité, elles marqueraient une transformation profonde des relations franco-marocaines. La logique historique laisserait place à une logique d'intérêts mutuels, où investissements, sécurité, industrie et influence régionale primeraient sur les références au passé commun.

Il convient toutefois de rappeler que les éléments présentés proviennent de fuites relayées par la presse et décrivent un texte toujours en négociation au moment de leur publication. Les dispositions définitives ne seront connues qu'après la signature officielle du traité et la publication de son contenu intégral. 





Jeudi 16 Juillet 2026

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