Consommation, tourisme et transferts : les trois piliers
Dans son rapport annuel Global Focus 2026, Standard Chartered dresse le portrait d’une économie marocaine résiliente, capable de tirer profit d’un environnement international instable. Le moteur principal de cette croissance reste clair : les secteurs non agricoles, en particulier les services et l’industrie, continuent de monter en puissance.
La banque souligne également le rôle central de l’investissement public et privé, dopé par les grands projets structurants liés à la Coupe du monde 2030. Infrastructures sportives, transports, hôtellerie, urbanisme… ces chantiers irriguent l’économie et soutiennent fortement la demande intérieure. Résultat : le Maroc avance, même quand la conjoncture mondiale hésite.
Autre élément clé mis en avant par le rapport : la désinflation en cours. La baisse progressive de la pression sur les prix redonne de l’oxygène au pouvoir d’achat des ménages et stimule la consommation. Un signal positif dans un contexte où beaucoup de pays émergents peinent encore à contenir l’inflation.
À cela s’ajoutent des recettes touristiques solides et des transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) toujours élevés, deux sources de devises essentielles pour la stabilité économique. Pour Standard Chartered, ces facteurs permettent au Maroc d’aborder 2026 “dans une position relativement favorable”.
Des défis bien identifiés
Tout n’est pas rose pour autant. Le rapport pointe un début de saison agricole marqué par une insuffisance des précipitations, ce qui limite la reprise du secteur agricole, toujours sensible aux aléas climatiques. Autre point de vigilance : le déficit courant, attendu autour de 2,5 % du PIB, reflet d’une forte demande intérieure et d’importations soutenues. Mais pour les analystes, ces fragilités restent maîtrisables. Les fondamentaux économiques demeurent solides, insiste la publication.
Finances publiques et politique monétaire sous contrôle
Côté finances publiques, le gouvernement maintient le cap. L’objectif affiché est clair : ramener le déficit budgétaire à 3 % en 2026. Une trajectoire jugée crédible par Standard Chartered.
Sur le plan monétaire, Bank Al-Maghrib devrait maintenir son taux directeur à 2 %, tout en préparant une réforme majeure : la transition vers un régime de ciblage de l’inflation à l’horizon 2027. Une évolution qui offrirait plus de flexibilité au dirham et renforcerait la crédibilité du cadre macroéconomique marocain.
Une confiance assumée dans le modèle marocain
Pour Cynthia El Asmar, directrice pays de Standard Chartered pour le Maroc, le constat est sans ambiguïté : “le Maroc continue de faire preuve d’une résilience remarquable face à la volatilité mondiale”. Selon elle, la combinaison d’une dynamique non agricole robuste, d’investissements nationaux d’envergure et d’un environnement inflationniste plus favorable soutient clairement les perspectives pour 2026.
Si les projections se confirment, le Maroc pourrait consolider sa trajectoire de croissance à moyen terme, à condition de sécuriser l’agriculture face au stress hydrique, de poursuivre les réformes structurelles et de transformer l’élan des grands projets en croissance durable et inclusive. Le rendez-vous de 2030 approche, et l’économie marocaine semble décidée à arriver prête.












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