Le décor du lancement était significatif : Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, entouré du wali de la région de l’Oriental, Mhamed Atfaoui, du gouverneur de Driouch, Abdesslam Frindou, du président du Conseil régional, Mohamed Bouarourou, et d’autres cadres sénior du groupe chinois, a insisté sur l’importance stratégique de ce projet.
« La pose de cette première pierre marque le passage de la décision à l’action », a-t-il souligné, avec un ton mesuré mais déterminé. Ce n’était pas une formule de circonstance. À travers ses mots, c’est une ambition industrielle renouvelée qu’on percevait : le Maroc peut attirer, héberger et faire prospérer des investissements manufacturiers à forte valeur ajoutée.
Un hub industriel en construction
Pour bien mesurer l’ampleur de ce projet, il faut comprendre le contexte régional. La région de l’Oriental n’est plus la périphérie oubliée qu’elle était il y a vingt ans. Grâce à l’Initiative Royale pour le développement de l’Oriental, lancée en 2003, cette partie du Royaume s’est dotée d’infrastructures modernes, de zones industrielles qualifiées et de hubs logistiques performants, dont l’emblématique Port Nador West Med.
Ce port, encore en phase de montée en puissance, constitue un atout géostratégique majeur : il offre une ouverture directe sur les marchés européens, africains et moyen-orientaux. Ce lien logistique est une pièce maîtresse du puzzle industriel qui motive des acteurs internationaux comme Yongsheng à investir ici plutôt qu’ailleurs.
Mais ce projet n’est pas seulement une usine de plus sur la carte industrielle marocaine. Il intègre des centres de recherche et développement (R&D), des infrastructures logistiques modernes et une vision claire vers l’innovation technologique. Cela change tout : au lieu d’être un simple site de production, Betoya pourrait devenir un pôle de savoir-faire industriel, capable de produire, innover et attirer des compétences.
De manière presque symbolique, ce projet arrive à un moment où le Maroc cherche à rebâtir une souveraineté industrielle. Si le pays s’est imposé ces dernières années comme leader dans l’assemblage automobile en Afrique, il avait jusqu’ici une absence notable sur le segment des pneumatiques. Avec cette initiative, cette lacune est en passe d’être comblée.
Vers une intégration globale
Pour l’analyste économique que je suis, ce genre d’investissements va bien au-delà d’une simple construction d’usine. Ils sont le reflet d’un changement de paradigme dans le positionnement du Maroc au sein des chaînes de valeur mondiales. En misant sur des technologies avancées, des processus conformes aux standards internationaux et un ancrage logistique stratégique, le Royaume se place comme une plateforme industrielle capable de rivaliser à l’échelle mondiale.
D’un point de vue local, ce projet ouvre un pan de perspectives nouvelles pour la jeunesse de l’Oriental : emplois qualifiés, formations techniques, opportunités d’exportation et montée en compétences. C’est une dynamique qui, bien gérée, peut renforcer l’attractivité territoriale, encourager l’entrepreneuriat local et consolider un écosystème industriel durable et résilient.
Le lancement de l’usine de pneus de Betoya n’est pas qu’un simple fait d’actualité économique. Il est l’une de ces étapes charnières qui, avec le temps, se voient comme des jalons dans la trajectoire d’un pays en pleine mutation industrielle. Pour le Maroc, pour l’Oriental, et pour toute une génération qui aspire à un avenir économique solide et inclusif, c’est une page qui commence à s’écrire avec fermeté, mais aussi avec ambition.












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