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Matisse Art Gallery à Marrakech : le corps féminin comme miroir des époques


Rédigé par le Jeudi 5 Février 2026

À l’occasion de la Foire 1.54, la Matisse Art Gallery réunit André Derain, Mohamed Drissi et Abderrahim Iqbi pour une exposition explorant le nu féminin comme miroir des époques, des cultures et des conflits intérieurs.



En marge de la Foire internationale d’art contemporain 1.54 à Marrakech, la Matisse Art Gallery propose une exposition d’une intensité rare, tant sur le plan intellectuel que plastique : Le corps féminin, la page où s’écrit le monde. Trois artistes que tout semble opposer : André Derain, Mohamed Drissi et Abderrahim Iqbi, se retrouvent autour d’une même thématique historique : le nu féminin, revisité à travers les époques et les cultures.

Présentée en résonance avec la Foire 1.54, cette exposition met en dialogue les œuvres d’un maître du fauvisme européen et celles de deux figures majeures de la peinture marocaine moderne et contemporaine. Ce dialogue, rendu possible par les hasards d’une collection mais surtout par un regard curatorial assumé, offre au public une confrontation audacieuse et stimulante.

Trois regards sur un même corps

À première vue, Derain (1880-1954), Drissi (1946-2003) et Iqbi (né en 1971) ne semblent partager ni époque, ni contexte culturel, ni intention esthétique. Pourtant, le corps féminin devient un territoire commun, un champ d’expression où se lisent les tensions, fantasmes et interrogations propres à chaque artiste.

Les dessins et esquisses de Derain témoignent d’un retour au classique, loin des audaces fauvistes ou des expérimentations cubistes de ses débuts. Le corps féminin y apparaît harmonieux et rigoureux, célébrant avant tout la liberté plastique et l’équilibre des formes, plus que la sensualité.

Transgression et malaise existentiel

Chez Mohamed Drissi et Abderrahim Iqbi, le nu adopte un registre radicalement différent. Marqué par la déformation, l’excès et parfois la violence, le corps féminin devient un espace de revendication et de transgression.

Les figures de Drissi, souvent distordues, traduisent une humanité inquiète, traversée par l’angoisse et l’autodérision. Celles d’Iqbi, plus radicales encore, apparaissent comme des présences presque ectoplasmiques, échappant aux archétypes et opposant à toute tentative de classification une ironique lucidité. Pour ces deux artistes marocains, la nudité ne relève ni de l’érotisme, ni de la simple contemplation esthétique, mais d’un rapport conflictuel au monde.

Le corps comme langage universel

Malgré leurs divergences, un point commun relie les trois univers : dans chacun d’eux, le corps féminin se lit comme un langage, une projection de l’âme plutôt qu’un objet de désir. Il devient une page à déchiffrer, reflétant fractures sociales, culturelles et existentielles de chaque époque.

En invitant le public à cette confrontation singulière, la Matisse Art Gallery souligne la richesse inépuisable du sujet féminin pour la réflexion et la liberté artistique. Une liberté qui s’exprime autant sur le plan esthétique, émotionnel qu’intellectuel, confirmant une fois encore le pouvoir de l’art à traverser le temps et les frontières pour interroger notre rapport au monde.





Jeudi 5 Février 2026

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