Dès les premiers échanges avec des acteurs présents, l’événement n’a pas eu l’allure d’une simple annonce protocolaire. Imaginez une salle où l’on sent se mêler impatience et pragmatisme : d’un côté, des jeunes qui poussent pour « passer à l’action » ; de l’autre, des cadres et experts chevronnés qui savent qu’un mentorat bien structuré peut faire basculer une idée en entreprise prospère.
Ce qui distingue Mentoring MeM, c’est moins la technologie que l’ambition derrière : créer un écosystème de mentorat circulaire, où les entrepreneurs accompagnés deviennent à leur tour mentors pour d’autres. Cette logique de co-construction et de transmission vise non seulement à renforcer les compétences, mais aussi à structurer un réseau économique durable et inclusif, capable d’irriguer les différents tissus territoriaux du centre urbain de Casablanca aux zones moins connectées.
Pour les observateurs avisés, cette initiative arrive à un moment charnière. Le tissu entrepreneurial marocain fait face à des défis multiples : chômage des jeunes particulièrement élevé, formalisation encore lente des startups, et un besoin criant d’accès aux capitaux et à l’expertise internationale. En ce sens, la plateforme digitale ne se limite pas à des inscriptions en ligne ; elle promet de faciliter des synergies réelles, notamment entre les forces vives du secteur privé marocain et les entrepreneurs de la diaspora ces derniers représentant une réserve d’expérience mais aussi de ressources financières et de réseaux.
Selon un communiqué conjoint, le projet s’inscrit dans l’engagement de la KAS pour promouvoir une économie sociale de marché et renforcer la coopération économique entre le Maroc et l’Allemagne. Dans les discours, cette dimension internationale n’est pas symbolique : elle traduit la volonté d’inscrire le Maroc dans des standards internationaux de mentorat entrepreneurial, en s’appuyant sur des pratiques éprouvées tout en les adaptant au contexte local.
Sur le plan humain, la vision exposée par Karim Amor, président de MeM by CGEM, frappe par sa simplicité assumée : il s’agit de mobiliser « l’intelligence, l’expérience et l’engagement des MeM » au service du développement du pays. Plus encore, M. Amor a souligné que la CGEM mettrait son réseau, son ancrage territorial ainsi que ses fédérations sectorielles au service de cette dynamique.
Du côté de la KAS, Steven Höfner, représentant résident, a insisté sur une conviction partagée : le partage d’expérience et la transmission de savoir-faire sont des leviers essentiels d’une croissance durable. Il a également évoqué le rôle que peut jouer la diaspora dans le rayonnement économique du Maroc, tant à l’échelle nationale qu’internationale.
Pour les jeunes Marocains de 24 à 54 ans qui aspirent à lancer, scaler ou faire évoluer leurs entreprises, Mentoring MeM ne se veut pas une plateforme encyclopédique de plus. Elle se positionne comme un catalyseur d’opportunités, un lieu de rencontres qualifiées avec des mentors expérimentés, et peut-être plus important encore un pont entre ambition et réalisation.
Dans un pays où les talents abondent mais où les trajectoires ne sont pas toujours linéaires, ce genre d’initiative pourrait bien devenir un pilier nouveau de l’écosystème entrepreneurial marocain. La vraie question qui reste en suspens et qui mérite d’être posée dans les prochains mois est celle-ci : les promesses de Mentoring MeM réussiront-elles à se traduire en entreprises solides et durables pour les porteurs de projets marocains et pour l’économie nationale ? Reste à observer, mesure en main, la montée en compétences et surtout les cas concrets de transformation qu’elle permettra de générer.












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