Ce genre de mission ne se contente pas de faire du « tourisme d’affaires ». Depuis le port en plein essor de Dakhla jusqu’aux infrastructures énergétiques locales, chaque étape a offert aux industriels allemands une immersion minutieuse dans ce que le Maroc entend bâtir comme un hub logistique et industriel crédible entre l’Europe, l’Afrique et le monde. Hormis l’attrait géographique, le Royaume offre stabilité politique et incitations fiscales qui attirent les regards étrangers depuis plusieurs années.
La délégation comprenait des groupes bien connus dans leurs secteurs : Thyssenkrupp Uhde (conception d’usines industrielles), Europipe GmbH (pipelines et infrastructures énergétiques), WILO (solutions de gestion de l’eau), Maximator GmbH (technologies hydrogène et carburants alternatifs), ainsi que d’autres spécialistes des renouvelables et du dessalement comme Boreal Light GmbH, Ryll Lab GmbH et Sonnenkonzept/Solar Allianz. L’objectif ? Explorer les opportunités, évaluer les défis, et envisager des projets conjoints – y compris dans les provinces du Sud et leurs plateformes d’exportation potentielles.
Ce n’est pas un hasard si ces groupes ont mis le cap sur le Maroc. Au-delà des discours, les chiffres et les ambitions du Royaume dans les domaines de l’énergie, des industries de transformation et de la logistique sont bien réels. Rabat vise à porter la part des énergies renouvelables à plus de 50 % de son mix énergétique d’ici 2030, un signal fort pour les investisseurs européens.
Sur le terrain, plusieurs participants ont salué la vision stratégique portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Pour eux, les provinces du Sud ne sont plus une zone périphérique, mais un espace de croissance durable, soutenu par des politiques publiques cohérentes et des efforts multiformes pour aménager les infrastructures. L’accent mis sur l’eau, l’énergie propre et les plateformes logistiques en fait un terrain fertile pour des partenariats public-privé.
L’éclairage n’est pas purement technique. Plusieurs dirigeants ont confié, à bâtons rompus, combien les rencontres avec des entrepreneurs locaux et la qualité des échanges avec les autorités marocaines les avaient frappés. Ils ont loué la volonté politique de transformer des idées en projets concrets. Ce ressenti n’est pas isolé : il s’inscrit dans une tendance plus large, où des événements comme le World Advanced Manufacturing & Future Mobility Exhibition (WAM Morocco) témoignent de l’appétit grandissant des industriels mondiaux pour le Maroc et ses ambitions industrielles renforcées.
Pour les observateurs marocains, cette mission pourrait bien être l’amorce d’une nouvelle phase de coopération économique germano-marocaine. Dans un contexte mondial incertain, renforcer les liens avec l’un des moteurs économiques de l’Union européenne est une décision stratégique. Pour le jeune lectorat marocain, avide d’opportunités et tourné vers l’innovation, ces discussions promettent à terme des possibilités réelles en matière d’emplois, d’écosystèmes technologiques et d’investissement industriel.
En fin de compte, au-delà des visites et des échanges de cartes, c’est une invitation à la confiance partagée qui semble émerger de cette mission. Un pari sur l’avenir, où coopération, innovation et ambition économique convergent à travers le partenariat Maroc-Allemagne. Un pas vers une intégration plus profonde des chaînes de valeur internationales, à la faveur de visions stratégiques communes et d’un climat d’affaires inspirant.












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