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Mon confinement covidien : Des schadenfreuds à la marocaine


La Covid 19 est l’élément déclencheur du texte qui suit. C’est un mélange de fiction et de réel. Certains faits et scènes décrits ont été vécus dans la souffrance. Être coupé du monde par les autres, le confinement médical, c’est un vrai calvaire. Mais Que tu le sois par ta propre volonté ou plutôt indépendamment de ta volonté ( confinement psychologique maladif), c’est le pire des cauchemars.

Par Dr Anwar CHERKAOUI



Merci Covid, tu étais mon ange gardien. Tu m’as protégé durant ma maladie, qui comme un lapin, sort du chapeau du magicien sans prévenir.

Oui, cher Covid, tu t’es dressé comme un rempart devant les yeux indiscrets et  malveillants, الشماتة,  « les schadenfreudes », qui est un  mot allemand qui signifie le plaisir dans la souffrance de l’autre .
 
J’ai d’abord pensé ce titre en arabe dialectale, chmmata الشماتة.  Une recherche sur Google me sort ce mot magique en allemand : SchadenFreud. J’ai été fasciné par la structure du mot.

Surtout dans sa prononciation. Une pression sur les syllabes. En plus,  Freud est dedans. Un des chamans de notre psyché.

J’ai choisi involontairement le confinement avant la Covid 19. D’ un confinement partiel j’ai vite basculé dans le confinement trois quart. Et puis sans crier gare, je suis tombé, poignets et mains liées, dans un confinement total.
 
Je n’en ai eu cure d’aucune décision gouvernementale. J’étais dans mon confinement psychologique. Dans la chambre à coucher. Je ne sortais plus. Je ne répondais plus au téléphone. Je ne lisais plus. Je mangeais peu. Je ne me lavais pas. Ma barbe est à la Ben Laden. Un seul passe-temps: la TV. Une passivité totale devant des images qui défilent.
Le confinement covidien a constitué pour moi une grotte providentielle. Un bouclier contre les regards revolvers, qui peuvent te transpercer avec jouissance. Ceux et celles, jaloux et jalouses de ton petit bonheur, jubilent devant ta descente aux enfers.
 
Heureusement, que la Covid 19 était là. Malgré leurs guet-apens répétitifs et malgré leurs traques oppressantes, le Covid leur a brouillé la vue. La distanciation sociale a tenu à l’écart les schadenfreudes ( En Allemand, les gens malveillants).

Ces gestes de prévention ont obligé ces vautours, qui s’abreuvent des déboires des autres, à se tenir à distance des âmes sensibles. Certains, comme des vampires, débordent de méchanceté devant les malheurs des autres.
 
Ce sont  les schadenfreudes. Ces énergumènes, au lieu de te consoler, te foudroient de petites phrases assassines, qui te transpercent comme des balles. Avec préméditation, ils te distillent leur venin, subrepticement et avec le sourire. Ils repartent en te faisant signe de la main, d’un geste affectueux en apparence.

Mais, ce sont des flèches empoisonnées, certes virtuelles, qui creusent en toi, des petits sillons indélébiles, qui ne cicatriseront jamais.
Et la plaie peut s’ouvrir, à la moindre égratignure.
 





Samedi 10 Juillet 2021

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