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Mort de Diego Maradona : jusqu’à 16 ans de prison requis contre les professionnels de santé


Rédigé par le Jeudi 15 Octobre 2026

Au procès de la mort de Diego Maradona, les accusations de négligences médicales se sont traduites par de lourdes réquisitions contre plusieurs membres de son équipe soignante. Les parties civiles réclament jusqu’à 16 ans de prison contre certains accusés, estimant que la légende argentine du football a été victime d’une prise en charge défaillante durant ses derniers jours.



Le procès de la mort de Diego Maradona, décédé en novembre 2020 à l’âge de 60 ans, entre dans une phase décisive en Argentine. Depuis une semaine, les réquisitions du parquet et les plaidoiries des parties civiles ont convergé sur la responsabilité de plusieurs professionnels de santé chargés de la convalescence de l’ancienne star du football.

Trois accusés se retrouvent particulièrement visés : Leopoldo Luque, neurochirurgien et ancien médecin de confiance de Maradona, Nancy Forlini, coordinatrice médicale, et Agustina Cosachov, psychiatre. Le procureur Patricio Ferrari a requis respectivement 12, 10 et 8 ans de prison contre eux.

Les parties civiles ont demandé des peines encore plus lourdes. Fernando Burlando, avocat de Dalma et Gianinna, les deux filles aînées de Maradona, a réclamé 15 ans de prison contre Luque, 12 ans contre Forlini et 10 ans contre Cosachov. De son côté, l’avocat de Dieguito, le fils cadet de la légende argentine, a demandé jusqu’à 16 ans d’emprisonnement contre le neurochirurgien.


« Ils ont tué un héros mythologique »

Les accusations portées contre les professionnels de santé sont particulièrement sévères. « Diego Armando Maradona a été assassiné », a lancé Fernando Burlando, dénonçant une prise en charge marquée, selon lui, par l’indifférence et des manquements répétés.

L’avocat a notamment reproché aux soignants d’avoir ignoré des symptômes et des signaux d’alerte qui auraient dû susciter une réaction. Il a décrit une succession de défaillances ayant contribué, selon les parties civiles, à la mort de l’ancien capitaine de l’Argentine.

Diego Maradona est décédé le 25 novembre 2020 des suites d’une crise cardiorespiratoire associée à un œdème pulmonaire. Il avait été retrouvé sans vie dans son lit, dans une résidence de Tigre, au nord de Buenos Aires, où il séjournait après une intervention neurochirurgicale bénigne.

Depuis la mi-avril, sept professionnels de santé comparaissent devant un tribunal de San Isidro, près de Buenos Aires. Ils sont poursuivis pour leur rôle présumé dans les négligences qui auraient marqué les deux semaines d’hospitalisation à domicile du footballeur.


Sept accusés, des responsabilités contestées

Les sept professionnels ne font toutefois pas face aux mêmes accusations. Le parquet a retenu la qualification d’homicide avec dol éventuel contre Luque, Forlini et Cosachov. Cette qualification vise des actes ou omissions commis en sachant qu’ils pouvaient entraîner la mort.

Pour le coordinateur infirmier Mariano Perroni et l’infirmier Ricardo Almiron, l’accusation a retenu une qualification d’homicide involontaire et requis quatre ans de prison contre chacun.

Le psychologue et addictologue Carlos Diaz, qui avait accompagné Maradona dans son sevrage de l’alcool, fait également l’objet de demandes divergentes. Alors que le parquet a requis cinq ans de prison, l’avocat du fils cadet de Maradona en a demandé douze. À l’inverse, l’avocat de Jana, une autre fille du footballeur, a sollicité sa relaxe.

Le médecin Pedro di Spagna est, quant à lui, le seul des sept accusés pour lequel le parquet et les parties civiles ont demandé la relaxe. Il n’avait examiné Maradona qu’une seule fois pendant sa convalescence.


Une prise en charge à domicile au cœur du procès

Au-delà des responsabilités individuelles, les conditions de l’hospitalisation à domicile constituent l’un des principaux points soulevés par les parties civiles. Pablo Jurado, avocat de trois des sœurs de Maradona, a estimé que l’ancien joueur était mort en raison de ce que ses soignants n’avaient pas fait.

Il a notamment mis en cause Nancy Forlini, chargée de coordonner la prise en charge à domicile. Selon lui, celle-ci n’aurait pas correctement organisé l’hospitalisation, vérifié les conditions du logement ni assuré la disponibilité des équipements médicaux nécessaires. Il lui reproche également un manque de coordination entre les différents professionnels.

Une question demeure toutefois au centre des interrogations : comment une prise en charge aussi défaillante a-t-elle pu se mettre en place autour d’un patient aussi célèbre ? L’hypothèse d’un intérêt économique lié au maintien de Maradona à domicile a été évoquée par Fernando Burlando, sans être développée davantage.

Les plaidoiries de la défense doivent débuter la semaine prochaine. Le verdict sera ensuite mis en délibéré à une date ultérieure. Les demandes de peine formulées par le parquet et les parties civiles ne constituent pas une décision judiciaire : il reviendra au tribunal de déterminer les responsabilités des sept accusés.






Salma Labtar
Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC. Dompteuse de mots, je jongle avec... En savoir plus sur cet auteur
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