Un village ravagé, un bilan qui ne cesse de s’alourdir
L’attaque s’est déroulée mardi et constitue l’un des massacres les plus meurtriers enregistrés au Nigeria ces derniers mois. Dans un premier temps, le bilan faisait état de 67 morts, avant d’être révisé à la hausse au fil des heures.
« Le nombre de victimes s’élève désormais à 162 morts », a déclaré Babaomo Ayodeji, secrétaire de la branche de la Croix-Rouge dans l’État de Kwara, précisant que les recherches se poursuivent dans la brousse.
Selon des responsables locaux, les assaillants ont incendié des habitations, des commerces et le palais royal du village. Le sort du roi de Woro restait inconnu mercredi matin, ajoutant à la confusion et à l’angoisse des habitants. La police a confirmé l’attaque, sans fournir de bilan officiel à ce stade.
Une insécurité devenue chronique dans l’État de Kwara
L’État de Kwara fait face à une insécurité multifactorielle. Des bandes armées, communément appelées bandits, y mènent des raids meurtriers, pillent les villages et procèdent à des enlèvements contre rançon. À cette criminalité s’ajoute une menace djihadiste en expansion, avec des groupes initialement actifs dans le nord-ouest du pays qui étendent progressivement leur zone d’action vers le sud.
Face à cette situation, les autorités avaient récemment imposé des couvre-feux et fermé les écoles pendant plusieurs semaines, avant d’ordonner leur réouverture lundi. L’attaque de Woro remet brutalement en question cette tentative de retour à la normale.
Réaction des autorités et contexte sécuritaire tendu
Le gouverneur de l’État de Kwara, AbdulRahman AbdulRazaq, a condamné l’attaque, la qualifiant d’« expression lâche de la frustration des cellules terroristes », en réaction aux opérations antiterroristes menées récemment dans la région. Quelques jours auparavant, l’armée nigériane avait annoncé avoir neutralisé environ 150 “terroristes” dans les forêts de Kwara, évoquant des bandits armés. Pour les autorités, le massacre de Woro pourrait être une riposte directe à ces opérations militaires.
Un pays confronté à une violence diffuse
Depuis 2009, le Nigeria est confronté à une insurrection djihadiste persistante dans le nord-est, tandis que le nord-ouest et le centre du pays sont ravagés par des groupes criminels lourdement armés. De nouveaux mouvements djihadistes locaux, comme Lakurawa ou Mahmuda, compliquent encore le paysage sécuritaire. Des chercheurs ont récemment établi des liens entre certains de ces groupes et l’État islamique au Sahel, actif dans la région.
Le massacre de Woro illustre une fois de plus la fragilité sécuritaire du Nigeria, malgré les efforts militaires en cours et le soutien international. Alors que le pays pleure ses morts, une question demeure : comment protéger durablement les populations rurales, premières victimes d’une violence qui semble s’étendre sans frontières ?












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