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Non ! Le Maroc n’est pas un marchand de causes !




A lire ou à écouter en podcast :

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De ceux qui se brûlent les doigts
 
Les langues se délient, glissent sur des vocables à la consonance douteuse, fallacieuse. Des restes de sornettes récoltées à la va-comme-je-pousse, d’un cumul d’idées préconçues, fixistes, faméliques, mal nourries, sous l’enseigne du rabâchage, du forçage, pourvu que ça perce un jour.

Si la proposition venue du pays de l’Oncle Sam, est tombé comme un couperet, cela n’exhorte en rien à  se bruler les doigts, la langue y compris, de ceux qui ont la langue à portées de griffe, tempêtent et leurs fougues défraichies,  sous la houlette de mots arrachés au diable, comme trahison, marchandage, ou autres qualificatifs plus échancrés, plus théâtraux.

L’œil, et le cœur pressé, de mettre en avant une colère vache, jugulée, au détriment du pas mesuré, clairvoyant, dont a fait montre le communiqué du cabinet royal. Un communiqué, loin de verser dans une longueur inaccoutumée, pour faire étalage de verbiage, mais pour circonscrire, de par des termes précis, une démarche  posée, qu’on ne peut pas bâcler. Une démarche de cœur, qui a longtemps germé dans le substrat du marocain.

Les fous du binaire 
 
 D’abord la cause Saharienne. Celle qui ne peut faire clivage parmi les nôtres. De ces patriotes, qui, comme qui dirait par  animisme, attribue, une âme de prédilection à leur sud. Une âme qui n’est autre que la leur. Une cause, donc, qui trouve un appui de choix, qui pèse dans la balance des contrariétés diplomatiques.

Un appui fort bien étoilé, américain. Jusque-là les cœurs battent la cadence rouge-verte, et de concert. Ce n’est qu’après, que certains, et des moins avisés, de ceux qui n’auraient pas revu le foyer de leurs jumelles, comme disait Sa Majesté le Roi Hassan II, déchantent, et scandent « Vive la Palestine ».

Comme si le choix souverain de renouer, rétablir les canaux  diplomatiques avec Israël, se faisait ipso facto  au détriment de la cause palestinienne. Mal leur en a pris ! Et loin du Maroc cette binarité, dont les deux pôles s’excluraient par voie de conséquence.

Preuve en est que, pour ceux équipés d’un œil, sans pour autant qu’il soit monté sur rotule, un œil juste, droit, adroit,  soumis à l’unique requête de s’emparer des mots clés du communiqué précité, ceux-ci y verraient leur entendement manquer un battement pour se rétablir dans la cadence générale, celle de la raison.

Le courage de l’opinion 
 
De tout temps, le Maroc a eu le courage de ses opinions. Nous nous en voulons pour preuve, cette heure de vérité où Sa Majesté le Roi Hassan II, en réponse à De Virieu, curieux de sonder la disposition de Sa Majesté à recevoir Jean Marie Le Pen, répondit d’abord «  Comme ça pour le plaisir ? ».

Une répartie qui a régalé  d’un bon rire les téléspectateurs, pour déboucher, de par la bouche de Sa Majesté d’un «  Lorsque je saurai que M. Jean Marie Le Pen peut m’apporter quelque chose, ou que je puisse le faire revenir sur certaines de ses idées… », et de préciser plus tard « j’ai le courage de mes opinions… Quand on a reçu M.  Shimon Perez… ». La messe est dite. 

Une affaire d’État, non de ménage ! 

L’approche pragmatique est déclinée, toujours opérante de nos jours, par le soin de Sa Majesté le Roi Mohammed VI,  celle qui préconise le dialogue, plutôt que la bouderie.

Ceci dit, et pour équilibrer la donne, il sied de mettre dans cet engrenage une roue nouvelle et dentée, par l’entremise de la réponse de Sa Majesté le Roi Hassan II à M. Perez, qui a proposé en 1986 de rentre visite au souverain  « Vous et moi, sommes interdits de tourisme » combinée à celle « Si vous avez quelque chose de sérieux… ».

Tout y est dit. La diplomatie tranche de fait avec le cœur. Elle n’y est pour rien, si ce n’est pour aberration, et non-sens. La diplomatie, engagée pour desservir l’émotion, servir les intérêts objectifs,  bilatéraux,  légitimes, est de mise, et c’est là un secret de polichinelle, entre États. Pour finir, Ceci est  une affaire d’État et  non une affaire de ménage.  
 
​rédigé par Hicham Aboumerrouane 
 








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