Passage du français à l'anglais dans l'enseignement

Une évolution logique et nécessaire




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Par Jamal Hajjam

Substituer la langue anglaise au Français dans l'enseignement des matières scientifiques est une revendication qui date, appuyée dans un premier temps sur un effet de mode, avant de finir en revendication insistante soutenue par la réalité du monde d'aujourd'hui qui en fait une fatalité.

En annonçant l’expansion de l’enseignement de la langue anglaise dans le cycle collégial en vue d'enseigner les matières scientifiques en anglais au lieu du français, Chakib Benmoussa, ministre de l'Éducation nationale, celui qui avait présidé la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement, annonçait au fait le lancement de tout un processus qui, in fine, sonnera le glas de l'ancrage de notre système d'enseignement dans la francophonie.

Une évolution autant logique que nécessaire, à ne pas assimiler dans le contexte actuel, fait de doutes sur la bonne santé des relations maroco-françaises, à un quelconque acte tourné contre la France et ses intérêts, comme le suggérerait le timing de l'annonce. Non, le Maroc ne fonctionne pas de la sorte et ne fait pas sienne la politique des "coups de tête" et de la réaction, d'autant qu'il s'agit d'un secteur stratégique engageant l'avenir, où tout est dûment réfléchi et planifié.

En optant pour ce changement de cap, les pouvoirs publics n'inventent rien en réalité et ne font que suivre un courant déjà bien installé chez nous et qui gagne en intensité auprès d'une jeunesse fortement connectée. Les jeunes Marocains issus de la classe moyenne, surtout, intègrent déjà l'anglais dans leur vie quotidienne et sont de plus en plus nombreux à estimer que la maîtrise de l'anglais leur donnera accès à une meilleure éducation et augmentera leurs chances d'obtenir un poste de travail et de mieux évoluer dans le milieu professionnel.

Selon une étude du British Council, plus de 40 % des jeunes Marocains préféreraient apprendre l'anglais contre seulement 10 % pour le français, et un nombre croissant de jeunes se dit plus à l'aise avec l'anglais, aussi bien dans les interactions quotidiennes que pour leur parcours académique.

Il est vrai que traditionnellement les élites marocaines sont réputées francophones et francophiles. Mais de la même manière que les élites changent, cette donne est en train de changer à grande vitesse pour des considérations très pragmatiques. Nos jeunes comparent et tiennent en ligne de compte les opportunités que la langue anglaise offre en matière de connaissances, de recherche scientifique et technologique, d'ouverture au monde, de mobilité internationale et d'opportunités professionnelles. Sur ces paramètres, précisément, la langue française est largement supplantée.

Finalement, la décision annoncée par le ministre de l'Éducation nationale, totalement en phase avec les exigences de l'époque, à trois grands mérites. Le premier est la confirmation de l'orientation du pays vers la maîtrise des outils de développent et de progrès scientifique et technologique, le second est d'être au diapason des changements qui s'opèrent dans la société marocaine, et le troisième mérite est la démocratisation du savoir pour l'ensemble des classes populaires.

Voilà pourquoi, de par ces motivations pragmatiques, cette transformation de l'usage de la langue d'enseignement doit être perçue comme une affaire exclusivement maroco-marocaine et ne devrait pas questionner l'avenir des liens économiques, politiques, et culturels entre le Maroc et la France. Le monde évolue dans un contexte d'universalité et le Maroc a le devoir de s'y ancrer scientifiquement et économiquement.





Jeudi 8 Septembre 2022

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