Croissance modérée mais réelle
Les dernières projections officielles convergent vers une croissance positive du Produit intérieur brut en 2026, même si les chiffres varient selon les institutions. Un rapport du gouvernement évoque une croissance autour de 4,5 % pour l’année à venir, soutenue par une campagne agricole moyenne et un environnement international plus favorable qu’en 2024 – 2025 ; ces estimations reposent sur un prix moyen du baril de pétrole Brent et une inflation maîtrisée à environ 2 %.
D’autres prévisions, telles que celles du Haut-Commissariat au Plan, sont un peu plus prudentes, anticipant un rythme proche de 4 %, notamment en raison d’une demande étrangère encore volatile et d’une compétitivité externe sous contrainte. Malgré ces nuances, l’allure générale reste la même : le Maroc devrait afficher une croissance supérieure à celle des économies les plus affectées par le ralentissement mondial, en grande partie grâce à des secteurs porteurs.
Agriculture et exportations : moteurs incontournables
Le rôle de l’agriculture dans ce scénario ne peut être sous-estimé. Après plusieurs années de sécheresse, une pluviométrie plus favorable a permis au secteur de rebondir. Selon les projections gouvernementales, la production céréalière pourrait atteindre environ 70 millions de quintaux, un chiffre qui joue un rôle significatif dans l’accélération de la croissance agricole et, par ricochet, dans l’augmentation du revenu rural.
Ce supplément de revenus dans les campagnes alimente la consommation, réduit les pressions sur les prix alimentaires et limite certaines formes d’exode vers les villes. À cela s’ajoutent les performances robustes de secteurs exportateurs tels que l’automobile, l’aéronautique et l’électronique, qui contribuent à stabiliser la balance commerciale malgré des aléas internationaux.
Des défis sociaux persistants
Pourtant, l’embellie macroéconomique ne se traduit pas automatiquement par une révolution dans la vie quotidienne de tous les Marocains. Le taux de chômage reste élevé, particulièrement chez les jeunes, avec des estimations supérieures à 12 % – bien au-delà du seuil souhaité pour une insertion durable sur le marché du travail.
De plus, certains segments comme l’immobilier résidentiel continuent d’être freinés par le coût élevé du foncier et des revenus qui ne suivent pas toujours l’évolution des prix. Cette situation creuse les inégalités d’accès au logement pour une partie significative des ménages.
Sur le plan budgétaire, le déficit est attendu autour de 3 % à 3,4 % du PIB, une avancée par rapport à des années antérieures mais qui reste sensible si l’investissement public demeure élevé. Les dettes publiques, même si elles montrent des signes de stabilisation, continuent de limiter les marges de manœuvre de l’État, notamment face à des aléas internationaux.
Confiance politique et réformes structurelles
La confiance dans les institutions économiques et politiques demeure un facteur déterminant d’ici à 2026. Des voix d’économistes ont souligné qu’un simple réagencement des équilibres politiques ne suffira pas si des réformes structurelles ambitieuses ne sont pas mises en œuvre, notamment dans la formation professionnelle et le soutien à l’innovation dans des secteurs de pointe.
Cette quête de réformes implique une vraie dynamique de confiance entre l’État, les entreprises et les citoyens. Dans un contexte où l’engagement social est de plus en plus revendiqué par une génération jeune, instruite et connectée, ce défi ne peut être éludé.
Au final, le Maroc entre 2025 et 2026 se trouve à un carrefour. Les fondamentaux économiques montrent des signes d’amélioration : croissance réelle, agriculture revitalisée et exportations en progrès. Mais pour transformer ces signes en gains durables et inclusifs, il faudra un effort concerté pour réduire le chômage, maîtriser les déficits et, surtout, renforcer la confiance dans les institutions. Ce n’est qu’à cette condition que les perspectives se traduiront effectivement en améliorations tangibles du niveau de vie des Marocains.












L'accueil
















