Intitulée « De l’engagement à l’impact : le Plan d’action national 1325 du Maroc à l’épreuve de la mise en œuvre », cette étude dresse un bilan contrasté, trois ans après le lancement du premier PAN en 2022, inscrit dans le cadre de la Conseil de sécurité des Nations unies et de sa résolution 1325. Si des avancées institutionnelles sont à noter — notamment l’augmentation de la représentation féminine au sein des Forces Armées Royales, l’engagement du Maroc au sein de l’Union africaine ou encore le renforcement du réseau de femmes médiatrices — la mise en œuvre reste jugée insuffisante.
Le Policy Brief identifie ainsi plusieurs obstacles majeurs : un taux d’activité féminine stagnante à 19,1 %, une présence des femmes inférieure à 3 % dans les opérations de maintien de la paix, ainsi que des programmes de déradicalisation encore peu adaptés aux réalités féminines. Le programme « Moussalaha », bien que salué, demeure insuffisant face à l’ampleur des enjeux.
Autre limite importante : l’absence d’intégration de dimensions clés comme le changement climatique, la migration ou encore le numérique dans le cadre stratégique actuel du PAN.
Face à ces constats, l’auteure Nouzha Chekrouni appelle à un second Plan d’action national plus opérationnel et structuré. Celui-ci devrait reposer sur trois piliers essentiels : la redevabilité, une coordination interministérielle renforcée et un financement durable.
L’analyse recommande notamment de doter le comité de pilotage de moyens humains et financiers adéquats, de renforcer les mécanismes de suivi-évaluation, et d’intégrer des indicateurs précis, désagrégés par sexe, région et contexte.
Par ailleurs, la transformation des mentalités est jugée indispensable pour garantir la durabilité des acquis. L’introduction du concept des masculinités positives dans les programmes éducatifs est ainsi présentée comme un levier stratégique pour promouvoir une culture de l’égalité dès le plus jeune âge.
Enfin, le rôle de la société civile est au cœur des recommandations. Déjà impliquée dans le premier PAN, elle devrait voir sa participation institutionnalisée dans le second cycle, à travers un mécanisme formel, régulier et doté de ressources propres, garantissant une gouvernance participative.
Parmi les objectifs fixés figure également l’augmentation de la participation des femmes marocaines dans les missions onusiennes de maintien de la paix à 10 % d’ici 2028, en cohérence avec les orientations des Nations unies.
En somme, si le Maroc affiche une volonté politique réelle en matière de genre et de sécurité, le passage à un second PAN plus concret, inclusif et évalué apparaît désormais comme une étape décisive pour transformer l’engagement en impact tangible.












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