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Port de Casablanca face à une crise inédite de congestion : quand le mauvais temps menace l’économie et les prix au Maroc


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 14 Janvier 2026

Le port de Casablanca, cœur névralgique du commerce extérieur marocain, traverse une crise d’une rare ampleur. Ces dernières semaines, des conditions météorologiques défavorables ont mis à mal son fonctionnement normal, entraînant une accumulation record de navires en attente d’accostage et une explosion des coûts liés aux surestaries — ces pénalités infligées pour les retards des navires et le stockage prolongé des conteneurs.



Dans les allées des compagnies maritimes et chez les exportateurs locaux, c’est l’inquiétude. Alors que la houle et des phénomènes océaniques exceptionnels ont interrompu les opérations portuaires de manière prolongée, près d’une cinquantaine de navires se retrouvent en rade, dont une bonne partie transporte des conteneurs. Les taux d’affrètement pour ces navires peuvent atteindre jusqu’à 10 000 dollars par jour, ce qui se traduit par un coût global avoisinant 500 000 dollars par jour sur une période de quatorze jours, selon les dernières données citées par les armateurs.
 

Quand l’addition monte si vite, les répercussions ne restent pas confinées aux quais. À l’intérieur même du port, l’accumulation des conteneurs se traduit par des frais d’entreposage qui pèsent lourdement sur les petits et moyens exportateurs. Une anecdote relevée par un expert maritime illustre la brutalité de la situation : pour une marchandise d’une valeur de 10 000 dirhams, les surestaries peuvent atteindre 70 000 dirhams, soit sept fois le coût initial. Une charge financière qui, si elle n’est pas absorbée par les chaînes de valeur, risque de se répercuter sur les prix à la consommation des ménages marocains, déjà confrontés à des pressions inflationnistes.
 

Sur le terrain, une partie des professionnels ne cache pas sa frustration. « Nous avons été pris de court », confie sous couvert d’anonymat un représentant de l’Association marocaine des armateurs (ARMA). Selon lui, le port de Casablanca n’avait pas observé de perturbations océanographiques de cette intensité depuis une vingtaine d’années, et le système, habitué à une houle modérée, n’était simplement pas prêt.
 

Les conséquences pratiques sont palpables : en décembre 2025, le port avait été consigné c’est-à-dire que toutes les manœuvres d’entrée et de sortie ont été stoppées pendant au moins trois jours. Cette mesure, jamais officiellement reconnue, complique aujourd’hui les arbitrages contractuels, car elle empêche de qualifier les retards de « force majeure » et oblige les acteurs à assumer l’intégralité des frais de surestaries et de stockage.
 

Face à cette crise logistique, des voix se lèvent pour proposer des solutions audacieuses. Certains experts suggèrent de redéployer une partie du trafic de conteneurs vers d’autres ports marocains comme Agadir, Safi, Jorf Lasfar ou Nador-Béni Ensar pour désengorger Casablanca. L’idée : plutôt que de laisser des containers stagner des semaines dans les parcs du port, il serait parfois plus rentable de les transporter par la route vers ces ports secondaires pour y être traités plus rapidement.
 

Cette crise n’est pas un accident isolé. En mars 2025 déjà, de fortes pluies et des perturbations météorologiques avaient déjà paralysé partiellement les opérations, et les autorités avaient alors été appelées à renforcer la résilience des infrastructures portuaires. Pourtant, malgré un plan d’action temporaire mis en place par l’Autorité portuaire pour absorber la congestion, les effets n’ont pas suffi à prévenir l’apparition d’une nouvelle crise quelques mois plus tard.
 

Pour les acteurs économiques marocains, la question dépasse la simple gestion des retards. Il s’agit désormais d’adopter une stratégie durable qui protège le tissu productif national, des grands exportateurs aux petites entreprises familiales, et qui limite les répercussions sur les prix à la consommation. Si le port de Casablanca demeure un pilier du commerce extérieur du Royaume, cette crise met en lumière la vulnérabilité structurelle du système portuaire face aux aléas climatiques et aux variations du trafic maritime, un signal d’alarme que les décideurs ne peuvent plus ignorer.


Dans un monde où les chaînes logistiques sont de plus en plus exposées aux chocs externes qu’ils soient climatiques ou géopolitiques  la capacité du Maroc à adapter et moderniser ses infrastructures portuaires sera déterminante pour sa compétitivité et le pouvoir d’achat de ses citoyens. Cette crise à Casablanca est peut-être une épreuve, mais aussi une opportunité de repenser en profondeur la résilience de son système logistique.






Mercredi 14 Janvier 2026

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