Dans un communiqué net, l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) a dénoncé ce qu’elle qualifie d’« en décalage avec la réalité ». Pour l’organisation, le textile ne saurait être relégué au second plan alors qu’il constitue, chiffres à l’appui, l’un des moteurs industriels du pays.
Aujourd’hui, le textile marocain emploie environ 190 000 personnes, dispersées dans plus de 1 600 entreprises à travers le pays un employeur industriel majeur focalisé notamment dans les régions de Casablanca‑Settat, Tanger‑Tétouan–Al Hoceïma et Fès‑Meknès. Le secteur pèse également près de 32 milliards de dirhams d’exportations, principalement vers l’Union européenne, qui représente autour de 65 % des débouchés à l’export.
L’AMITH rétorque que ces chiffres loin d’être anecdotiques montrent combien l’industrie textile reste intégrée dans les chaînes de valeur mondiales et combien elle contribue à la présence industrielle du Maroc sur la scène internationale. « On ne peut pas affirmer qu’un secteur qui fait vivre des dizaines de milliers de familles n’existe plus dans le débat industriel », martèlent les professionnels.
Le débat s’ouvre aussi sur la compétitivité du secteur face à une concurrence mondiale intense. Le Maroc se retrouve confronté à des plateformes industrielles agressives comme le Bangladesh, le Vietnam ou l’Égypte, qui disposent souvent de coûts énergétiques plus faibles et de politiques industrielles très offensives. Pour les industriels, cela souligne l’urgence d’un débat large et constructif autour des facteurs structurants énergie, logistique, cadre réglementaire indispensables à la consolidation de la compétitivité.
Plus qu’une simple réaction à une phrase ministérielle, la réponse de l’AMITH reflète une inquiétude plus profonde : celle de voir un secteur stratégique marginalisé au moment même où le Maroc cherche à poursuivre son industrialisation dans un contexte économique exigeant et concurrentiel.
Le secteur textile, rappelle‑t‑on, ne se résume pas à une statistique ponctuelle : il incarne un pôle d’emploi significatif, fortement féminin, et sert de point d’entrée à l’activité industrielle pour de nombreux jeunes Marocains.
À l’heure où l’économie marocaine cherche des relais de croissance durables face à un chômage national défiant toujours les attentes, ignorer la contribution d’un secteur aussi dense et porteur que le textile reviendrait à fragiliser la cohésion sociale et industrielle du Maroc.












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