La ligne Durand, frontière poreuse et contestée séparant le Pakistan de l'Afghanistan, est à nouveau le théâtre d'une escalade militaire majeure.
Vendredi, le gouvernement pakistanais a franchi un point de non-retour rhétorique et opérationnel en déclarant une "guerre ouverte" aux autorités talibanes de Kaboul. En réponse à une offensive afghane sur son territoire, l'armée de l'air pakistanaise a mené des frappes dévastatrices au cœur même de l'Afghanistan, plongeant une région déjà profondément instable dans l'effroi d'un conflit interétatique ouvert.
La question épineuse des sanctuaires terroristes du TTP
L'élément déclencheur de cette crise sans précédent est une incursion armée menée depuis le territoire afghan contre des postes frontières pakistanais. Islamabad, excédé par la multiplication de ces incidents meurtriers, a décidé de riposter avec une force disproportionnée. Les avions de chasse pakistanais ont violé l'espace aérien afghan pour bombarder des cibles stratégiques dans plusieurs provinces, y compris aux abords de la capitale, Kaboul. Ces frappes chirurgicales visent officiellement à détruire les infrastructures logistiques et les camps d'entraînement des groupes insurgés, mais elles constituent surtout un avertissement cinglant envoyé aux maîtres de l'Afghanistan. Sur le terrain, de violents duels d'artillerie ont éclaté près des points de passage commerciaux vitaux, paralysant l'économie transfrontalière et forçant des milliers de civils à fuir les zones de combat.
Au cœur de cette confrontation fratricide se trouve le contentieux insoluble lié au Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), les talibans pakistanais. Islamabad accuse ouvertement le gouvernement de Kaboul d'offrir un sanctuaire et un soutien logistique à ces combattants qui mènent une guérilla sanglante contre l'État pakistanais. Depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en 2021, le Pakistan espérait une coopération sécuritaire accrue pour neutraliser cette menace. C'est l'inverse qui s'est produit : enhardi par la victoire de ses frères d'armes afghans, le TTP a multiplié les attentats meurtriers au Pakistan. La déclaration de "guerre ouverte" traduit l'épuisement de la patience stratégique d'Islamabad, qui considère désormais le régime de Kaboul non plus comme un allié récalcitrant, mais comme un État hostile parrainant le terrorisme sur son sol.
Les conséquences de cette escalade militaire sont potentiellement désastreuses pour l'ensemble de l'Asie du Sud. L'Afghanistan, exsangue économiquement et isolé sur la scène internationale, ne dispose pas des moyens militaires pour soutenir une guerre conventionnelle contre la puissance nucléaire pakistanaise. Cependant, les talibans maîtrisent l'art de la guerre asymétrique et pourraient riposter en intensifiant leur soutien aux mouvements séparatistes à l'intérieur du Pakistan. La communauté internationale, États-Unis et Chine en tête, observe cette détérioration avec une inquiétude grandissante, craignant qu'un effondrement sécuritaire total à la frontière ne crée un nouveau trou noir propice à l'émergence de réseaux jihadistes transnationaux, menaçant la stabilité bien au-delà des limites de la région.
Au cœur de cette confrontation fratricide se trouve le contentieux insoluble lié au Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), les talibans pakistanais. Islamabad accuse ouvertement le gouvernement de Kaboul d'offrir un sanctuaire et un soutien logistique à ces combattants qui mènent une guérilla sanglante contre l'État pakistanais. Depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en 2021, le Pakistan espérait une coopération sécuritaire accrue pour neutraliser cette menace. C'est l'inverse qui s'est produit : enhardi par la victoire de ses frères d'armes afghans, le TTP a multiplié les attentats meurtriers au Pakistan. La déclaration de "guerre ouverte" traduit l'épuisement de la patience stratégique d'Islamabad, qui considère désormais le régime de Kaboul non plus comme un allié récalcitrant, mais comme un État hostile parrainant le terrorisme sur son sol.
Les conséquences de cette escalade militaire sont potentiellement désastreuses pour l'ensemble de l'Asie du Sud. L'Afghanistan, exsangue économiquement et isolé sur la scène internationale, ne dispose pas des moyens militaires pour soutenir une guerre conventionnelle contre la puissance nucléaire pakistanaise. Cependant, les talibans maîtrisent l'art de la guerre asymétrique et pourraient riposter en intensifiant leur soutien aux mouvements séparatistes à l'intérieur du Pakistan. La communauté internationale, États-Unis et Chine en tête, observe cette détérioration avec une inquiétude grandissante, craignant qu'un effondrement sécuritaire total à la frontière ne crée un nouveau trou noir propice à l'émergence de réseaux jihadistes transnationaux, menaçant la stabilité bien au-delà des limites de la région.












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