Une génération élevée au rythme des vidéos courtes
TikTok, Reels, Shorts : ces plateformes ont imposé un nouveau langage visuel basé sur l’instantanéité. Les vidéos durent quelques secondes, parfois moins d’une minute, et enchaînent les stimulations visuelles et sonores à un rythme effréné. Ce format entraîne le cerveau à rechercher en permanence de la nouveauté.
Dès qu’une image devient moins stimulante, l’utilisateur glisse vers la suivante. Progressivement, cette habitude modifie la capacité à rester concentré sur une narration longue et lente, comme celle d’un film.
Même les étudiants en cinéma, pourtant formés à analyser la mise en scène et le montage, subissent cette transformation cognitive. Leur cerveau est entraîné à zapper plutôt qu’à contempler.
Dès qu’une image devient moins stimulante, l’utilisateur glisse vers la suivante. Progressivement, cette habitude modifie la capacité à rester concentré sur une narration longue et lente, comme celle d’un film.
Même les étudiants en cinéma, pourtant formés à analyser la mise en scène et le montage, subissent cette transformation cognitive. Leur cerveau est entraîné à zapper plutôt qu’à contempler.
Le cinéma face à une crise de l’attention
Le cinéma repose sur un principe fondamental : le temps. Un plan dure, une scène se construit, une émotion se développe lentement. Or, ce rythme entre en contradiction avec la logique des plateformes numériques, où chaque seconde doit capter l’attention. Certains étudiants témoignent d’une fatigue mentale lorsqu’ils regardent un film classique.
Ils ressentent l’envie de consulter leur téléphone, de faire pause, ou de passer à autre chose. Non pas parce que le film est mauvais, mais parce que leur seuil de patience a changé. Cette difficulté pose une question essentielle : comment former des cinéastes dans un monde qui ne supporte plus la lenteur ?
Ils ressentent l’envie de consulter leur téléphone, de faire pause, ou de passer à autre chose. Non pas parce que le film est mauvais, mais parce que leur seuil de patience a changé. Cette difficulté pose une question essentielle : comment former des cinéastes dans un monde qui ne supporte plus la lenteur ?
Une mutation culturelle plus large
Ce phénomène ne concerne pas uniquement les étudiants en cinéma. Il reflète une évolution globale de notre culture visuelle. La narration fragmentée est devenue dominante. Les histoires sont désormais racontées en extraits, en séquences rapides, en clips de quelques secondes.
Le film, en tant qu’œuvre longue et continue, se retrouve en concurrence avec des contenus plus courts mais plus addictifs. Le spectateur moderne est habitué à consommer plusieurs dizaines de vidéos en quelques minutes, ce qui rend l’immersion dans un long métrage plus exigeante mentalement.
Cette mutation transforme aussi la façon dont les jeunes perçoivent le cinéma : non plus comme une expérience immersive, mais comme un contenu parmi d’autres dans un flux infini d’images.
Le film, en tant qu’œuvre longue et continue, se retrouve en concurrence avec des contenus plus courts mais plus addictifs. Le spectateur moderne est habitué à consommer plusieurs dizaines de vidéos en quelques minutes, ce qui rend l’immersion dans un long métrage plus exigeante mentalement.
Cette mutation transforme aussi la façon dont les jeunes perçoivent le cinéma : non plus comme une expérience immersive, mais comme un contenu parmi d’autres dans un flux infini d’images.
Le cerveau sous pression permanente
D’un point de vue scientifique, la consommation excessive de contenus courts stimule fortement le circuit de la dopamine, l’hormone du plaisir et de la récompense. Chaque nouvelle vidéo procure une micro-satisfaction immédiate.
À long terme, le cerveau s’habitue à ces récompenses rapides et peine à apprécier des plaisirs plus progressifs, comme ceux offerts par un film qui se construit sur deux heures. L’attention soutenue devient un effort, et non plus un réflexe.
Cette situation crée une forme de fatigue cognitive : on regarde, mais on ne s’immerge plus vraiment. Le spectateur est physiquement présent, mais mentalement ailleurs.
À long terme, le cerveau s’habitue à ces récompenses rapides et peine à apprécier des plaisirs plus progressifs, comme ceux offerts par un film qui se construit sur deux heures. L’attention soutenue devient un effort, et non plus un réflexe.
Cette situation crée une forme de fatigue cognitive : on regarde, mais on ne s’immerge plus vraiment. Le spectateur est physiquement présent, mais mentalement ailleurs.
Une remise en question du futur du cinéma
Face à ce constat, certains enseignants en cinéma s’interrogent sur leurs méthodes pédagogiques. Faut-il adapter l’enseignement au nouveau rythme des images ? Ou au contraire réapprendre aux étudiants la patience et la contemplation ?
Certains cours intègrent désormais des discussions sur l’impact des réseaux sociaux sur la perception du montage et du récit.
D’autres encouragent le visionnage collectif en salle, sans téléphone, pour recréer une expérience immersive. Le cinéma pourrait ainsi devenir un acte presque militant : résister à la fragmentation, défendre le temps long, préserver une forme d’attention profonde.
Vers une rééducation du regard Des chercheurs et pédagogues estiment qu’il est possible de réentraîner l’attention, comme un muscle. Regarder un film sans interruption devient alors un exercice, presque une discipline.
Certains étudiants témoignent qu’après plusieurs séances sans téléphone, ils retrouvent progressivement le plaisir de se laisser porter par une histoire.
Cette reconquête de l’attention permet de redécouvrir des détails visuels, des silences, des émotions subtiles que le visionnage distrait efface. Le cinéma devient alors un espace de ralentissement dans un monde saturé de vitesse.
Certains cours intègrent désormais des discussions sur l’impact des réseaux sociaux sur la perception du montage et du récit.
D’autres encouragent le visionnage collectif en salle, sans téléphone, pour recréer une expérience immersive. Le cinéma pourrait ainsi devenir un acte presque militant : résister à la fragmentation, défendre le temps long, préserver une forme d’attention profonde.
Vers une rééducation du regard Des chercheurs et pédagogues estiment qu’il est possible de réentraîner l’attention, comme un muscle. Regarder un film sans interruption devient alors un exercice, presque une discipline.
Certains étudiants témoignent qu’après plusieurs séances sans téléphone, ils retrouvent progressivement le plaisir de se laisser porter par une histoire.
Cette reconquête de l’attention permet de redécouvrir des détails visuels, des silences, des émotions subtiles que le visionnage distrait efface. Le cinéma devient alors un espace de ralentissement dans un monde saturé de vitesse.
Une question de société, pas seulement de cinéma
Ce phénomène dépasse le cadre artistique. Il interroge notre rapport au temps, à la concentration et à la profondeur. Si même ceux qui étudient le cinéma ont du mal à regarder un film jusqu’au bout, cela signifie que notre cerveau collectif est en pleine mutation.
La question n’est pas de condamner les formats courts, mais de comprendre leur impact. Peut-on encore se laisser toucher par une œuvre longue ? Peut-on encore accepter l’ennui comme partie intégrante de l’expérience artistique ? Le cinéma devient ainsi un miroir de notre époque : tiraillé entre l’urgence permanente et le besoin de sens.
La question n’est pas de condamner les formats courts, mais de comprendre leur impact. Peut-on encore se laisser toucher par une œuvre longue ? Peut-on encore accepter l’ennui comme partie intégrante de l’expérience artistique ? Le cinéma devient ainsi un miroir de notre époque : tiraillé entre l’urgence permanente et le besoin de sens.
Le film comme dernier refuge de l’attention
Paradoxalement, cette crise pourrait redonner au cinéma une nouvelle valeur. Regarder un film jusqu’au bout devient un acte rare, presque précieux. Une parenthèse dans le flux continu des notifications.
Pour les étudiants en cinéma, le défi est clair : apprendre à créer des œuvres dans un monde qui ne veut plus attendre, tout en défendant une vision qui prend le temps d’exister. Le futur du cinéma se jouera peut-être là : dans sa capacité à réconcilier la lenteur avec une génération habituée à la vitesse.
Pour les étudiants en cinéma, le défi est clair : apprendre à créer des œuvres dans un monde qui ne veut plus attendre, tout en défendant une vision qui prend le temps d’exister. Le futur du cinéma se jouera peut-être là : dans sa capacité à réconcilier la lenteur avec une génération habituée à la vitesse.












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