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Programmes ramadanesques: la HACA défend la liberté de création et appelle à un écosystème pour élever les standards


Rédigé par le Mardi 3 Mars 2026

Face aux critiques récurrentes sur la télévision de Ramadan, la HACA rappelle que la qualité se construit par un écosystème médiatique et culturel: gouvernance éditoriale, financement durable, formation, baromètres qualitatifs et éducation aux médias, tout en protégeant la liberté de création comme principe démocratique.



Dans le cadre du débat public récurrent autour de la qualité des programmes télévisés de divertissement dans les médias officiels, notamment durant le mois de Ramadan, la présidente de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), Latifa Akharbach, souligne que la qualité “ne se décrète ni par la loi ni par un acte réglementaire, mais se construit au sein d’un écosystème intégré des industries médiatiques et culturelles”. Elle considère par ailleurs que les critiques visant les grilles ramadanesques témoignent de “l’essor du sens critique et de l’esprit de comparaison chez de larges franges du public marocain”.

Répondant aux interrogations sur la hausse des plaintes du public concernant la qualité des programmes, en particulier les œuvres dramatiques pendant Ramadan, elle explique que cette tendance, observée chaque année, est “naturelle” pour au moins deux raisons: d’une part, la nature et l’intensité de l’offre spécialement programmée durant ce mois; d’autre part, les spécificités des habitudes de consommation médiatique et l’augmentation des audiences en heures de grande écoute.

Elle précise ne pas voir dans cette hausse des critiques un phénomène négatif, mais “un indicateur démocratique fort”, révélateur du niveau de plaidoyer de la société pour l’effectivité du droit à l’information, du degré d’appropriation de la culture de la reddition de comptes des médias, ainsi que de l’ampleur des attentes d’un public en constante évolution. Cette dynamique est liée non seulement au statut symbolique de la télévision nationale dans l’imaginaire collectif, mais aussi au fait qu’un public, désormais connecté et familier des plateformes numériques internationales (réseaux sociaux, vidéo à la demande, etc.), n’est plus simple consommateur passif, mais acteur actif doté d’un large éventail de choix et exposé à des standards techniques et artistiques élevés.

Interrogée sur la “protection de la liberté de création” face aux critiques visant la fiction ramadanesque, la présidente insiste: la liberté de création “n’est ni un refuge ni un prétexte, c’est une ligne rouge démocratique”. Comme la liberté éditoriale, elle est au cœur de la liberté de communication audiovisuelle. Par conséquent, l’Autorité ne saurait décider du degré de sérieux d’une comédie, juger qu’une série nécessite un meilleur scénario ou décréter le niveau de talent d’un réalisateur ou d’un comédien. Un tel interventionnisme constituerait “un glissement dangereux”: normer la qualité artistique aujourd’hui pourrait ouvrir la voie, demain, à un encadrement des idées et des opinions. L’Autorité n’est “ni censeur ni producteur exécutif”, mais garante d’un équilibre fin entre liberté et responsabilité.

À propos des allégations de “stigmatisation de professions” par certaines fictions, elle estime que la représentation critique d’un métier dans une œuvre de fiction n’est ni diffamation, au sens légal, ni intention d’offense, mais relève du droit de l’auteur à la création et à l’imaginaire. Exiger des personnages incarnant exclusivement l’intégrité dans des rôles associés à des professions ou situations sociales déterminées ne porterait pas seulement atteinte à la liberté de création: ce serait aussi ignorer la mission, notamment du service public, en matière de critique sociale et de traitement de comportements et phénomènes réprouvés.

Elle rappelle que le législateur garantit aux radios et télévisions, publiques et privées, la liberté de diffuser leurs programmes, qu’ils soient produits en interne, coproduits ou acquis dans le respect de principes juridiques liés aux valeurs démocratiques et aux droits fondamentaux: dignité humaine, présomption d’innocence, non-incitation au racisme, à la haine ou à la violence, non-discrimination et non-avilissement des femmes. L’intervention de l’Autorité commence lorsque de tels droits sont bafoués, afin de faire appliquer la loi par des décisions à caractère sanctionnateur.

S’agissant de la “qualité de l’offre audiovisuelle nationale”, la HACA la considère comme un enjeu relevant de la souveraineté culturelle et de la cohésion nationale. Elle ne dépend pas d’une seule institution, mais requiert une politique publique transversale de développement des industries culturelles et médiatiques. Parmi les leviers cités pour faire progresser la qualité:

- renforcer la gouvernance éditoriale des chaînes publiques (médiateurs, comités de lecture, comités d’éthique, comités de sélection des projets);
- assurer un financement pérenne pour doter la production nationale de moyens suffisants;
- investir dans la formation et le renforcement des compétences dans les domaines médiatiques, numériques et artistiques;
- assumer la responsabilité des chaînes publiques en matière de baromètres qualitatifs et d’études régulières de satisfaction du public;
- élever, dans les différents espaces de socialisation, le niveau d’éducation aux médias et le sens critique des citoyens pour une consommation éclairée de l’image et de la parole.





Mardi 3 Mars 2026

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