Des hausses de prix nettes sur les produits de base
La flambée concerne d’abord le poisson, en tête des augmentations enregistrées. La sardine, produit emblématique et longtemps perçue comme accessible, a atteint jusqu’à 40 dirhams le kilo sur certains marchés, un niveau inédit pour de nombreux consommateurs. Cette hausse s’explique par une offre réduite liée au repos biologique, combinée à une demande traditionnellement forte au début du Ramadan.
Les légumes frais suivent la même trajectoire. Tomates, oignons ou pommes de terre affichent des prix en progression, alourdissant le coût des repas quotidiens. Le poulet, pilier des tables ramadanesques, connaît lui aussi une hausse marquée, alimentant un sentiment d’incompréhension face à un produit pourtant largement produit localement.
Les viandes rouges restent, de leur côté, à des niveaux élevés. Malgré une activité soutenue dans les abattoirs et des volumes importants, les prix au détail demeurent difficiles à absorber pour une grande partie des ménages. Cette situation nourrit une colère visible sur les réseaux sociaux, où les consommateurs dénoncent un décalage entre l’offre annoncée et les prix réellement pratiqués.
Inflation alimentaire et arbitrages forcés
Ces hausses ne sont pas anecdotiques. Elles s’inscrivent dans une dynamique inflationniste clairement identifiée, où les poissons et les légumes figurent parmi les produits ayant le plus augmenté récemment. Pour les familles, l’impact est immédiat : le budget alimentaire se tend, obligeant à réduire les quantités, à renoncer à certains produits ou à revoir la composition des repas.
Le Ramadan, période de convivialité et de solidarité, devient ainsi un exercice d’équilibriste. Les arbitrages se font au quotidien, parfois au détriment de la diversité alimentaire. La hausse des prix agit comme un révélateur, mettant en lumière des fragilités économiques déjà existantes.
Un pouvoir d’achat en recul pour une large majorité
C’est dans ce contexte que s’inscrit un chiffre lourd de sens : 77 % des ménages déclarent une baisse de leur niveau de vie. Cette donnée traduit une perception largement partagée : les revenus progressent moins vite que les dépenses, en particulier alimentaires. La cherté des produits de base accentue ce sentiment de déclassement économique.
La baisse du niveau de vie n’est donc pas un phénomène abstrait. Elle se mesure concrètement au marché, dans les choix contraints, dans la difficulté à maintenir des habitudes de consommation jugées normales il y a encore peu de temps. Le début du Ramadan agit comme un amplificateur de cette réalité.
Face à ces tensions, le numéro vert 5757 a été réactivé afin de permettre aux citoyens de signaler les abus de prix et les problèmes d’approvisionnement. L’objectif affiché est clair : renforcer le contrôle, limiter les dérives et rassurer les consommateurs. Des espoirs sont également placés dans une possible détente des prix du poisson après la fin du repos biologique.
Mais sur le terrain, l’attente est palpable. Les prochains jours seront décisifs pour mesurer l’efficacité des mécanismes de surveillance et l’évolution réelle des prix. En ce début de Ramadan, une chose est certaine : la question du coût de la vie s’est imposée au cœur du débat public, bien avant celle du niveau de vie qu’elle conditionne désormais.












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