La question centrale est désormais claire :
La vision royale a tranché ce débat depuis longtemps : il n’y a pas de place pour un Maroc à deux vitesses. L’ambition d’un Maroc à une seule vitesse impose aujourd’hui un changement d’échelle dans la mise en œuvre de la régionalisation avancée.
Car si le cadre institutionnel existe, le constat demeure préoccupant. Les disparités territoriales persistent, parfois avec intensité. Quelques régions concentrent encore l’essentiel de la création de richesse, tandis que de nombreux territoires ruraux ou périphériques peinent à accéder aux infrastructures de base, aux services de santé, à une éducation de qualité et aux opportunités d’emploi.
Le véritable enjeu n’est donc plus celui des textes, mais celui de l’exécution.
L’un des premiers défis réside dans la clarification effective des compétences entre l’État central, les services déconcentrés et les collectivités territoriales.
Une collectivité territoriale ne peut être appelée à piloter le développement tout en restant dépendante de ressources limitées ou du recours excessif à l’endettement.
Au-delà des ressources, la gouvernance territoriale doit évoluer vers un modèle plus moderne, fondé sur les données, l’évaluation et l’anticipation. La mise en place d’observatoires économiques et sociaux régionaux, appuyés sur des statistiques territoriales fiables et actualisées, permettrait d’améliorer considérablement la qualité de la décision publique.
La réussite de ce chantier passe aussi par la création d’une véritable fonction publique territoriale attractive, capable d’attirer les compétences nécessaires à la gestion du développement régional.
L’État fixe la vision nationale. Les régions doivent disposer des leviers nécessaires pour l’adapter efficacement à leurs réalités économiques, sociales et territoriales. La nouvelle dynamique des programmes territoriaux intégrés, soutenue par des moyens renforcés, constitue une opportunité historique.
Mais leur réussite dépendra moins des enveloppes budgétaires que de la rapidité de décision, de la cohérence des interventions publiques et de la capacité à mesurer concrètement l’impact sur la vie des citoyens.
La régionalisation avancée n’est pas une fin institutionnelle
Rédigé par Abdelghani El Arrasse - Membre de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens.












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