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Restaurer le soft power de la FRMF après la CAN 2025


Par Bargach Larbi.

Aujourd’hui que le souffle est tombé, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) doit restaurer son « soft power » émotionnel auprès du public africain.

Le Maroc a gagné la bataille de l’organisation ; il doit maintenant gagner celle des cœurs en remplaçant l’image du « bon élève de la classe » par celle du « grand frère solidaire », déçu. Dans un précédent post, j’ai mis l’accent sur le déficit en communication institutionnelle qui a nui à l’image du Maroc. Je voudrais préciser que ce n’est en aucun cas irréversible et qu’il n’est jamais trop tard pour combler ce retard par des actions stratégiques articulées sur plusieurs axes :



1. Revoir le narratif

Le constat est clair : le succès et l’éclat des infrastructures, dignes des standards les plus élevés du football international, ont parfois été perçus comme de l’arrogance. Alors qu’il est un partenaire de croissance, le Maroc est qualifié, injustement sur les réseaux sociaux, de donneur de leçons.

Dans ce discours rénové, il faut mettre l’accent sur le fait que :
 
Ces infrastructures haut standing ont permis d’attirer de nouveaux sponsors au profit de la CAF et donc de toutes les fédérations africaines.
Elles sont prévues, à l’origine également, pour être mises au service des sélections nationales dans le besoin pour leurs matchs officiels.

Parallèlement, il faut communiquer sur un désengagement provisoire, du Maroc sur ce registre.

Une décision à prendre qui permettra à chacun de prendre conscience du rôle du pays dans le développement du football africain dans son ensemble et mettra les véritables donneurs de leçons devant leurs responsabilités nouvelles : celles qui consistent à pallier ce retrait marocain.

Une belle occasion pour mesurer et valider le chemin parcouru par le Maroc.

2. Lancer une campagne institutionnelle

Cette campagne médiatique doit concerner les réseaux sociaux, alimentés par des reportages et diffusés à travers des partenariats avec des médias africains internationaux et locaux.

Il faut, à cet effet, produire et diffuser largement un documentaire de référence sur l’organisation de cette CAN, en montrant l’envers du décor et l’effort national. Ne pas se cantonner aux médias marocains et francophones : investir les médias anglophones, lusophones et les grandes plateformes numériques suivies par la jeunesse africaine.
 
Le contenu doit mettre en valeur :
 
La rentabilité de l’édition, conséquence d’une gouvernance transparente qui a suscité l’engouement des sponsors.
L’impact sur l’économie locale.
La qualité des stades, des centres d’entraînement et de la logistique (transport, hébergement).
L’expérience exceptionnelle des supporters (sécurité, accueil, fan zones).

Et donner la parole aux acteurs neutres (autres fédérations, joueurs internationaux, observateurs de la FIFA, sponsors) pour qu’ils attestent de la qualité de l’organisation.

La première bataille des réseaux sociaux est perdue, mais la guerre est toujours en cours.

Pour la mener, il faut diffuser, au-delà des reportages, des vidéos virales à sponsoriser : toutes les scènes relatives à l’accueil chaleureux réservé par les Marocains aux supporters sénégalais et à ceux des autres pays participants.

Pour effacer les incidents de la finale, il faut faire témoigner des supporters sur la qualité de l’accueil. Les bandes vidéo sont disponibles sur toutes les plateformes ; elles ont l’avantage d’être spontanées et inscrites dans la mémoire des participants.

Sur un autre registre, la fédération devra préparer plusieurs vidéos sur les polémiques de l’arbitrage. Ces actions devront être soumises à l’appréciation et aux explications d’experts internationaux. La pédagogie destinée au grand public est un moyen de rectifier le tir. Ce sera l’occasion de découvrir que certaines erreurs, nombreuses, ont désavantagé le Maroc.

Le public ne le sait pas. Il faut le faire savoir. L’objectif n’est pas d’entrer dans une guerre médiatique stérile, mais d’inviter à la transparence et à l’amélioration de ce pan important de l’évolution du football africain.

Enfin, des vidéos sur les performances récentes du football marocain, toutes catégories confondues, doivent être produites et soutenues pour devenir virales également. Le football marocain n’a pas besoin d’aides arbitrales ; il faut suffisamment communiquer dessus pour l’ancrer dans l’esprit de la rue africaine.

Contrecarrer ceux qui multiplient les discours populistes pour nuire au football marocain est une urgence.

Des vidéos sur les échecs récents de certains pays frères, l’Égypte par exemple en match de classement des Jeux olympiques, peuvent être également envisagées.

3. Gestion de crise : le cas du Sénégal

Le comportement des joueurs et du staff sénégalais en finale et au cours des jours précédant la finale est impardonnable.

Il nécessite une réponse ferme, mais pour la crédibilité, il faut à la fois reconnaître les erreurs à l’origine de ces débordements et souligner le manque de communication qui en est à l’origine.

Maroc et Sénégal sont, depuis 4 ans, les meilleures équipes d’Afrique, toutes catégories confondues, avec un net avantage pour le Maroc. Mais aucune n’a besoin d’arbitrage pour gagner.

Laisser infuser l’idée que le Maroc a eu besoin de manipuler le corps arbitral à cette fin, c’est trahir le continent et la dynamique de son football. Rappeler le palmarès du Maroc des quatre dernières années, toutes catégories confondues, c’est rafraîchir le rôle de locomotive du pays sur son continent.

Il faut aussi mettre en avant l’état d’esprit des Lions de l’Atlas. En plus de remporter le trophée du fair-play, les joueurs ont fait preuve d’une humilité dans la défaite qui les honore. Ils ont respecté un adversaire irrespectueux et ont honoré un vainqueur.

Cette discipline des joueurs marocains n’est pas que protocolaire ; c’est le symbole des valeurs positives du football marocain.

Les plus hautes autorités du pays l’ont bien compris en organisant une cérémonie, présidée par Son Altesse Royale Moulay Rachid, en l’honneur de l’équipe malgré la défaite, pour célébrer leur parcours et leur comportement.

​4. Transparence et partage

Enfin, il faudrait également rappeler que ce modèle de réussite commerciale est un socle sur lequel le continent africain doit capitaliser. À cet effet, et pour confirmer le positionnement de la FRMF en tant que partenaire de croissance, il serait utile de publier un « Livre Blanc » de l’organisation et le partager avec ses pairs.

Cette proposition peut être bénéfique pour l’avenir de la compétition. Partager le savoir-faire logistique et le modèle économique, c’est montrer que le désengagement proposé par le Maroc est provisoire et surtout utile. Ce n’est pas un retrait sec.

Les amendes infligées aux fédérations doivent être utilisées, à l’avenir et dès cette édition, au financement d’un symposium pour l’amélioration de l’arbitrage africain et à alimenter une cagnotte destinée à la formation du corps arbitral. Parce que si le football africain s’est développé sur tous les registres, l’arbitrage africain reste le parent pauvre de cette dynamique.

Il lui manque la formation, l’autorité et des indemnités conséquentes qui le mettront au-dessus de tout soupçon.

Par Bargach Larbi.



Lundi 9 Février 2026


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