Pourquoi cette résistance ? Parce que le hanout n’est pas seulement un point de vente. C’est un service de proximité, une mémoire de quartier, parfois un petit système de crédit informel à travers le fameux carnet. On y achète à l’unité, on y règle plus tard, on y trouve une souplesse que la grande distribution peine encore à reproduire.
La modernisation du retail marocain devra donc composer avec cette réalité. L’enjeu n’est pas d’opposer supermarché et commerce traditionnel, mais de comprendre ce que chacun apporte. Les grandes enseignes promettent traçabilité, variété, prix parfois compétitifs et expérience d’achat plus standardisée. Les hanouts, eux, offrent disponibilité, lien social et adaptation fine aux revenus irréguliers des ménages.
La vraie mutation viendra peut-être d’un modèle hybride : digitalisation légère du commerce traditionnel, logistique améliorée, paiement plus souple, meilleure intégration aux circuits formels. Le hanout n’a pas disparu. Il attend simplement qu’on cesse de le regarder comme un vestige.












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