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Risque pays : le Maroc conserve sa place de leader en Afrique du Nord


Rédigé par le Jeudi 25 Juin 2026

Malgré les tensions géopolitiques et le ralentissement de l’économie mondiale, le Maroc conserve la meilleure notation d’Afrique du Nord selon Coface. Une performance qui confirme la résilience du Royaume, même si certains défis structurels persistent.



Une résilience confirmée

Malgré un contexte international tendu marqué par les répercussions du conflit au Moyen-Orient, le Maroc continue de tirer son épingle du jeu.

Dans son Baromètre des risques pays et sectoriels publié en juin 2026, Coface maintient la note « B » du Royaume, qui demeure le pays le mieux noté d’Afrique du Nord devant l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Mauritanie et la Libye.

Un signal positif pour l’économie marocaine à l’heure où de nombreux pays voient leur situation se dégrader.

Le Maroc résiste à la tempête économique mondiale

Le contexte n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille. Depuis plus de quinze semaines, les tensions au Moyen-Orient ont provoqué des perturbations importantes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, alimenté l’inflation et accru les inquiétudes des marchés.

Dans ce climat d’incertitude, Coface, spécialiste de l’assurance-crédit, a passé au crible plus de 160 économies à travers le monde.

Résultat : le Maroc conserve sa note « B », synonyme d’un risque intermédiaire, tandis que son climat des affaires est évalué à « A4 », un niveau considéré comme raisonnablement sûr pour les entreprises.

Cette stabilité n’est pas anodine. À l’échelle mondiale, l’organisme a procédé à huit déclassements de pays et à quarante-cinq modifications d’évaluations sectorielles, dont quarante-et-un déclassements.

Autrement dit, dans un environnement où les mauvaises nouvelles s’accumulent, le Maroc parvient à maintenir le cap.


Pourquoi le Royaume reste devant ses voisins

Dans le classement régional, le Royaume conserve une longueur d’avance. L’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et la Mauritanie restent classées dans la catégorie des pays à risque élevé, tandis que la Libye demeure dans la catégorie de risque extrême.

Cette position s’explique notamment par une relative stabilité macroéconomique, une attractivité croissante pour les investisseurs et plusieurs réformes visant à améliorer l’environnement des affaires.

Le Maroc bénéficie également d’infrastructures modernes et d’une diversification progressive de son économie.

Entre industrie automobile, aéronautique, énergies renouvelables et services, le pays dispose aujourd’hui de plusieurs moteurs de croissance capables d’amortir les chocs internationaux.

Pour beaucoup d’observateurs, c’est un peu ce scénario  : avancer progressivement mais solidement, même lorsque le contexte mondial devient plus compliqué.


Des fragilités qui freinent encore une meilleure note

Si le Royaume conserve sa position de leader régional, tout n’est pas pour autant au beau fixe.

Coface souligne que la structure même du tissu économique marocain continue de peser sur l’évaluation globale du risque pays.

Les très petites entreprises représentent près de 90 % du tissu productif national. Beaucoup d’entre elles évoluent encore dans l’informel ou disposent d’une transparence financière limitée.

Cette réalité augmente mécaniquement les risques de retards de paiement et de défaillances d’entreprises. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le Maroc ne parvient pas encore à rejoindre les catégories de risque les plus favorables.

Autrement dit, la stabilité est là, mais des marges de progression importantes subsistent, notamment en matière de formalisation de l’économie, de gouvernance et d’accès au financement.


Un monde qui ralentit sous l’effet des tensions géopolitiques

Au-delà du cas marocain, Coface dresse un constat prudent pour l’économie mondiale.

L’assureur-crédit a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale, désormais estimées à 2,3 % en 2026 et 2,5 % en 2027.

Les tensions sur les matières premières, la hausse des coûts logistiques et les perturbations du commerce international continuent de peser sur l’activité économique.

L’Afrique ne sera pas épargnée. Le continent devrait enregistrer une croissance autour de 3,8 % sur les deux prochaines années, avec des pressions persistantes sur les prix alimentaires, les engrais et plusieurs intrants essentiels.

Dans ce paysage économique encore agité, le maintien de la note du Maroc apparaît comme une performance notable.

Sans être totalement à l’abri des turbulences mondiales, le Royaume confirme sa capacité à absorber les chocs et à préserver sa crédibilité économique auprès des investisseurs internationaux.






Jeudi 25 Juin 2026

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