L'ODJ Média

lodj





Robots humanoïdes : bientôt à commander comme sur un catalogue…


Rédigé par La rédaction le Vendredi 13 Mars 2026

Il y a quelque chose de presque irréel dans l’époque que nous traversons. Des machines à taille humaine, capables de marcher, de saisir des objets, d’ouvrir une porte ou de déplacer des charges, sont en train de quitter les laboratoires pour entrer dans l’économie réelle. Elles ne sont plus seulement des démonstrations technologiques ; elles deviennent progressivement des produits industriels.



Ce choix n’est pas esthétique. Il est profondément économique.

Autrement dit, nous entrons dans une phase où certaines entreprises pourraient bientôt choisir leurs robots humanoïdes presque comme on choisit une machine industrielle dans un catalogue. Plusieurs modèles existent déjà, développés par des start-ups spécialisées ou par des géants technologiques. Leur morphologie est volontairement proche de celle d’un humain : environ un mètre soixante-dix à un mètre quatre-vingts, un poids comparable à celui d’un adulte, une vitesse de marche similaire à la nôtre.

Nos usines, nos entrepôts, nos villes et même nos outils sont conçus pour un corps humain. Construire des robots humanoïdes permet donc de les intégrer directement dans cet environnement sans devoir reconstruire toute l’infrastructure industrielle. Ces machines peuvent utiliser les mêmes escaliers, les mêmes outils, les mêmes chaînes logistiques.

Leur mission est simple : accomplir des tâches physiques répétitives ou pénibles. Porter des colis, déplacer des pièces, manipuler des objets, travailler dans des environnements dangereux ou monotones.

Et c’est précisément à ce moment que surgissent, comme toujours dans l’histoire, les prophètes de l’effondrement.

Depuis quelques mois, certains rapports alarmistes affirment que l’intelligence artificielle, combinée aux robots physiques et aux agents numériques capables d’écrire du code ou d’analyser des données, pourrait détruire des pans entiers de l’économie. Un rapport publié récemment par le cabinet Citrini Research a même imaginé un scénario extrême où des milliards d’emplois disparaîtraient d’ici quelques années.

Dans cette vision, les robots produiraient tout. Les machines remplaceraient les humains dans l’industrie, les services, le numérique. Les travailleurs deviendraient inutiles, condamnés à une oisiveté forcée dans une économie dominée par les algorithmes.

Cette idée spectaculaire repose pourtant sur une erreur que l’histoire économique a déjà démontrée.

Chaque révolution technologique a suscité exactement la même peur. Lorsque l’agriculture s’est mécanisée, on annonçait la ruine des paysans et le chômage de masse. Les travailleurs agricoles ont effectivement disparu… mais ils sont devenus ouvriers dans l’industrie.

Lorsque l’industrie s’est automatisée, on annonçait la fin des ouvriers. Ils sont devenus employés dans le tertiaire.Lorsque l’informatique a envahi les bureaux, on annonçait la disparition des employés. Ils sont devenus analystes, développeurs, ingénieurs, créateurs de nouveaux services.

À chaque fois, un type de travail disparaissait. Un autre apparaissait.

La révolution actuelle suit la même logique. Les robots humanoïdes et l’intelligence artificielle s’attaquent surtout à une catégorie très précise d’activités : le travail répétitif, mesurable et standardisable. Celui qui peut être décrit par des règles, optimisé par des algorithmes ou reproduit mécaniquement.

Dans les entrepôts, la logistique, certaines tâches administratives ou numériques, la machine devient plus efficace. Elle peut fonctionner sans fatigue, avec une précision constante.

Mais l’économie ne se résume pas à ces tâches.

Chaque vague de progrès technique produit en réalité trois effets simultanés : elle détruit certains emplois existants, elle augmente fortement la productivité globale, et elle libère des ressources considérables – du capital, du temps, de l’énergie humaine.

Ces ressources ne disparaissent jamais. Elles se déplacent.

Les rapports catastrophistes oublient souvent ce point essentiel : la richesse produite ne disparaît pas lorsque l’emploi qui la générait est automatisé. Elle change simplement de destination.

Lorsque les coûts de production baissent, lorsque certaines activités deviennent plus efficaces, d’autres secteurs deviennent soudain finançables.

La mécanisation agricole a permis de financer l’industrialisation. L’industrialisation a permis le développement massif de l’éducation, de la santé, de la recherche et des services.
L’intelligence artificielle pourrait provoquer un déplacement similaire vers ce que l’on pourrait appeler l’économie de la vie.

Elle comprend toutes les activités où la présence humaine reste centrale : l’éducation, la transmission des savoirs, le soin, la culture, la création, l’accompagnement des parcours humains, la médiation sociale, la recherche scientifique ou encore la réflexion éthique.

Ces domaines ont un point commun : ils nécessitent une relation humaine réelle. Et, paradoxalement, ils ont longtemps été sous-financés.

La machine peut produire des objets. Elle peut transporter des charges. Elle peut analyser des données. Mais elle ne peut pas remplacer la relation humaine.

Un robot peut déplacer un colis dans un entrepôt. Il ne peut pas accompagner un enfant dans son apprentissage. Une intelligence artificielle peut analyser un dossier médical. Elle ne peut pas remplacer la relation entre un patient et un médecin.

Pour une raison simple : un avion peut voler, mais il ne sera jamais un oiseau. De la même manière, un robot ne sera jamais un humain.

Dans ce contexte, la robotisation massive pourrait paradoxalement permettre de financer ce qui manque aujourd’hui le plus : le temps humain consacré aux humains.

La démographie mondiale renforce encore cette perspective. L’Europe, le Japon, la Corée du Sud et bientôt la Chine vieillissent rapidement. Dans ces sociétés, la robotisation n’est pas seulement une innovation technologique ; elle devient une nécessité économique.

Dans de nombreux secteurs, il n’y a déjà plus assez de travailleurs.

Les robots humanoïdes ne remplacent donc pas toujours des emplois existants. Ils compensent parfois l’absence de main-d’œuvre. Ils permettent de maintenir la production, de soutenir les services essentiels et de stabiliser les économies.

La vraie question n’est donc pas celle que l’on pose le plus souvent. Ce n’est pas : « les robots vont-ils supprimer des emplois ? »

La question essentielle est beaucoup plus politique : que ferons-nous de l’abondance qu’ils pourraient rendre possible ?

Si les gains de productivité sont redistribués, si les ressources libérées financent l’éducation, la santé, la transition écologique et la culture, alors l’intelligence artificielle et les robots pourraient ouvrir une nouvelle phase de prospérité humaine.

Si, au contraire, ces gains sont captés par une minorité, si la fiscalité reste attachée uniquement au travail humain alors que la valeur migre vers le capital technologique, alors les tensions sociales pourraient s’aggraver.

Le danger ne vient donc pas des robots. Il vient des choix politiques que nous ferons face à eux.

Et pendant que ce débat commence à peine, une transformation silencieuse est déjà en cours : des machines humanoïdes sortent des laboratoires et entrent dans l’économie.

La révolution industrielle du XXIᵉ siècle ne commence peut-être pas dans une usine.
Elle commence dans un catalogue.





Vendredi 13 Mars 2026

Breaking news | Plume IA | Gaming | Communiqué de presse | Eco Business | Digital & Tech | Santé & Bien être | Lifestyle | Culture & Musique & Loisir | Sport | Auto-moto | Room | L'ODJ Podcasts - 8éme jour | Les dernières émissions de L'ODJ TV | Last Conférences & Reportages | Bookcase | LODJ Média | Avatar IA Live


Bannière Réseaux Sociaux



Bannière Lodj DJ






LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html
















Vos contributions
LODJ Vidéo