Un pas décisif vers l’international
L’annonce la plus marquante reste sans doute l’ouverture d’une nouvelle base opérationnelle à Rabat, prévue pour l’été 2026. Ce sera la cinquième implantation permanente de Ryanair au Maroc, aux côtés d’Agadir, Marrakech, Fès et Tanger.
Basée à l’aéroport de Rabat-Salé, cette plateforme accueillera deux avions et opérera 20 lignes régulières, dont 7 nouvelles liaisons internationales vers des métropoles européennes telles que Milan-Bergame, Francfort-Hahn ou Porto des destinations recherchées par les diaspora et les touristes.
Selon les estimations officielles, cette expansion augmentera de 45 % la capacité de Rabat à l’été 2026, ajoutant près de 79 000 sièges supplémentaires au trafic aérien.
Un investissement massif, local, et durable
L’effort financier déployé par Ryanair n’est pas anodin. L’ouverture de la base représente environ 200 millions de dollars d’investissement et devrait générer plus de 800 emplois locaux, dont une soixantaine de postes hautement qualifiés pilotes et personnels navigants.
Ce chiffre s’inscrit dans un engagement plus large de Ryanair au Maroc. L’investissement cumulé de la compagnie dans le Royaume dépasse désormais 1,6 milliard de dollars, et ce soutien à l’écosystème aérien a un impact tangible sur l’emploi et le tourisme dans des villes comme Rabat, Marrakech, Agadir, Fès, Tétouan, Essaouira, Dakhla ou Nador.
Pour des observateurs locaux, ce déploiement témoigne d’un partenariat gagnant-gagnant entre les autorités marocaines qui ont mis en place un cadre fiscal attractif pour l’aérien et une compagnie à la recherche de relais de croissance hors de l’Europe, confrontée à des retards de livraison d’avions et à une forte concurrence.
Un levier pour le tourisme et l’économie régionale
L’impact de cette nouvelle base ne se mesure pas seulement en emplois ou en avions. Pour le secteur touristique marocain, déjà en pleine mutation avec le projet Aéroports 2030 du gouvernement visant à faire passer la capacité nationale de 34 millions à 80 millions de passagers d’ici la fin de la décennie la présence renforcée de Ryanair est perçue comme un catalyseur pour attirer davantage de visiteurs internationaux.
À ce titre, la compagnie prévoit de transporter plus de 10,7 millions de passagers vers, depuis et à l’intérieur du Maroc durant la saison estivale 2026, un niveau record qui conforte son rôle de premier opérateur aérien du pays.
Entre opportunités et défis
Pour les voyageurs marocains, ces développements signifient plus de choix, des tarifs compétitifs et une meilleure connectivité avec l’Europe. Pour les acteurs économiques, ils représentent un réalignement stratégique du Royaume dans le paysage aérien mondial.
Mais toutes les perspectives ne sont pas que positives. Certains observateurs soulignent que la concentration accrue de Ryanair peut amplifier la dépendance du secteur aérien marocain à quelques grands acteurs internationaux. Cela pose la question de la diversification des compagnies présentes au Maroc, notamment dans un contexte où d’autres low-cost comme easyJet étendent aussi leurs ambitions dans le Royaume.
Une trajectoire prometteuse
Alors que le Maroc se prépare à co-organiser la Coupe du monde de football 2030, l’amélioration continue de la connectivité aérienne est un enjeu majeur. L’arrivée renforcée de Ryanair à Rabat pivot d’une stratégie d’expansion plus large alignée avec les plans nationaux, est un symbole fort d’intégration économique et d’ouverture internationale.
Ce que l’on prend aujourd’hui pour une série d’annonces devient ainsi, concrètement, une dynamique structurelle. Dans un monde où la mobilité est un facteur clé de compétitivité, cette nouvelle étape marque une avancée significative pour le Maroc et un modèle pour d’autres marchés émergents en Afrique du Nord.
L’essor de Ryanair au Maroc illustre une réalité simple : dans un secteur mondial en pleine recomposition, ceux qui osent investir dans la connectivité et les talents humains qui la portent sont souvent ceux qui façonnent l’avenir. Pour Rabat et l’économie marocaine, le vol ne fait que commencer.












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