Une nouvelle étape franchie dans la réforme de la santé
Le chantier de la réforme du système de santé marocain continue de prendre de l'ampleur.
Depuis le 1er août, les Groupements sanitaires territoriaux (GST) de Rabat-Salé-Kénitra, Souss-Massa et Laâyoune-Sakia El Hamra ont officiellement commencé leurs activités, conformément au calendrier fixé par le ministère de la Santé et de la Protection sociale.
Après une première expérimentation lancée l'année dernière dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, ces trois nouvelles structures viennent renforcer le nouveau modèle de gouvernance voulu par les autorités.
Leur mise en service intervient après plusieurs mois de préparation administrative et organisationnelle.
Un système de santé pensé à l'échelle des régions
L'objectif affiché est clair : mettre fin au fonctionnement isolé des hôpitaux publics et favoriser une gestion intégrée de l'ensemble des établissements sanitaires d'une même région.
Concrètement, chaque GST regroupe les hôpitaux, centres de santé et autres établissements publics relevant de son territoire, à l'exception notamment des hôpitaux militaires et des structures soumises à des régimes particuliers.
Ces groupements disposent de leur propre personnalité morale ainsi que d'une autonomie financière, conformément à la loi 08.22.
Ils seront chargés de coordonner les soins hospitaliers, de développer la recherche médicale, de renforcer la formation des professionnels de santé et d'améliorer la gestion des ressources.
L'idée est aussi de faciliter le parcours du patient, d'éviter les doublons entre établissements et de mieux répartir les moyens disponibles.
En clair, faire fonctionner toute une région comme un seul réseau de santé plutôt qu'une succession de structures travaillant chacune dans son coin.
Casablanca et Fès bientôt concernées
La réforme ne s'arrête pas là. Dès le mois de septembre, les régions de Casablanca-Settat et Fès-Meknès devraient à leur tour lancer leurs Groupements sanitaires territoriaux.
À cette échéance, six des douze GST prévus au niveau national seront opérationnels. Les six autres régions poursuivent encore leurs préparatifs, notamment avec la nomination des futurs directeurs généraux et la finalisation des dispositifs de fonctionnement.
Une réforme ambitieuse, mais encore sous surveillance
Si cette nouvelle organisation est présentée comme un levier majeur pour améliorer la qualité des soins, son déploiement n'a pas été totalement sans heurts.
Lors du lancement du premier GST à Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, plusieurs syndicats avaient exprimé leurs inquiétudes concernant la répartition des responsabilités entre les nouvelles directions régionales et le ministère, mais aussi au sujet de certains textes réglementaires toujours attendus et du paiement de diverses indemnités du personnel.
De son côté, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch défend une vision globale de cette réforme.
Selon lui, l'objectif est de créer un système régional capable d'orienter les patients plus efficacement, d'optimiser les ressources disponibles et de tourner définitivement la page d'un fonctionnement trop fragmenté.
Avec l'arrivée de ces trois nouveaux Groupements sanitaires territoriaux, le Maroc franchit ainsi une nouvelle étape dans la transformation de son système de santé.
Le chantier est encore loin d'être terminé, mais son déploiement s'accélère progressivement à travers le Royaume.












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