C’est sous cet angle humain que l’appel lancé par le Parti de l’Istiqlal à Rabat prend tout son sens.
Lors d’une conférence nationale consacrée à la santé mentale, médecins, pharmaciens, psychiatres, économistes de la santé et responsables politiques ont dressé un constat préoccupant : la prise en charge psychiatrique au Maroc doit être profondément repensée. Mais au-delà des structures, des lois et des budgets, une urgence apparaît clairement : mieux soutenir les familles.
Car lorsque le système manque de psychiatres, de psychologues, de lits, de médicaments ou de dispositifs de proximité, ce sont les proches qui deviennent, par défaut, les premiers soignants. Or ils n’y sont ni préparés, ni formés, ni toujours accompagnés. Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, a rappelé l’ampleur du phénomène : près d’un adulte marocain sur deux aurait connu au moins un trouble psychique au cours de sa vie. Une personne sur quatre souffrirait de dépression. Derrière ces chiffres, il y a des foyers bouleversés, des mères épuisées, des pères démunis, des enfants confrontés trop tôt à la souffrance psychique.
Le manque de ressources humaines aggrave encore cette pression. Le Maroc ne compte qu’environ 445 psychiatres pour près de 37 millions d’habitants, avec de fortes disparités régionales. Dans plusieurs territoires, l’accès à un spécialiste reste difficile, parfois quasi impossible. Résultat : les familles retardent les consultations, multiplient les déplacements, s’endettent parfois, ou se replient sur des solutions improvisées.
Cette réalité est d’autant plus lourde que la santé mentale reste entourée de silence, de honte et de malentendus. Beaucoup de familles hésitent à parler, par peur du jugement social. Certaines cachent la maladie, d’autres l’interprètent comme une faiblesse morale, un problème d’éducation ou un drame intime à porter en silence. C’est précisément ce cercle qu’il faut briser.
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’un nouveau modèle : moins hospitalier, moins isolé, plus communautaire. Cela signifie des soins plus proches des citoyens, des équipes mobiles, des dispositifs d’écoute, une meilleure coordination entre médecins, psychologues, pharmaciens, écoles, associations et collectivités locales. Pour les familles, ce changement serait décisif : ne plus être seules face à la crise, ne plus devoir tout comprendre et tout gérer sans appui.
Le soutien financier constitue aussi un enjeu central. Le reste à charge demeure élevé pour les ménages, alors que certaines thérapies, consultations psychologiques ou tests spécialisés ne sont pas suffisamment couverts. Dans les faits, la maladie mentale appauvrit souvent les familles déjà fragiles. Réformer la couverture médicale, c’est donc aussi protéger les proches contre l’usure économique.
Mais soutenir les familles, c’est également leur donner une place dans le parcours de soins. Sans les transformer en substituts des professionnels, elles doivent pouvoir être informées, écoutées, orientées et associées, lorsque le patient y consent. L’humanisation de la psychiatrie passe par là : reconnaître que la guérison, ou du moins la stabilisation, se construit aussi dans l’environnement familial.
L’enjeu dépasse donc la seule psychiatrie. Il touche à la cohésion sociale, à l’école, au travail, à la jeunesse, à la dignité des patients et à la protection des foyers. Faire de la santé mentale une priorité nationale, c’est comprendre que chaque patient accompagné est aussi une famille soulagée. Et qu’en venant soutenir les familles, le Maroc soutient en réalité toute sa société.
Car lorsque le système manque de psychiatres, de psychologues, de lits, de médicaments ou de dispositifs de proximité, ce sont les proches qui deviennent, par défaut, les premiers soignants. Or ils n’y sont ni préparés, ni formés, ni toujours accompagnés. Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, a rappelé l’ampleur du phénomène : près d’un adulte marocain sur deux aurait connu au moins un trouble psychique au cours de sa vie. Une personne sur quatre souffrirait de dépression. Derrière ces chiffres, il y a des foyers bouleversés, des mères épuisées, des pères démunis, des enfants confrontés trop tôt à la souffrance psychique.
Le manque de ressources humaines aggrave encore cette pression. Le Maroc ne compte qu’environ 445 psychiatres pour près de 37 millions d’habitants, avec de fortes disparités régionales. Dans plusieurs territoires, l’accès à un spécialiste reste difficile, parfois quasi impossible. Résultat : les familles retardent les consultations, multiplient les déplacements, s’endettent parfois, ou se replient sur des solutions improvisées.
Cette réalité est d’autant plus lourde que la santé mentale reste entourée de silence, de honte et de malentendus. Beaucoup de familles hésitent à parler, par peur du jugement social. Certaines cachent la maladie, d’autres l’interprètent comme une faiblesse morale, un problème d’éducation ou un drame intime à porter en silence. C’est précisément ce cercle qu’il faut briser.
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’un nouveau modèle : moins hospitalier, moins isolé, plus communautaire. Cela signifie des soins plus proches des citoyens, des équipes mobiles, des dispositifs d’écoute, une meilleure coordination entre médecins, psychologues, pharmaciens, écoles, associations et collectivités locales. Pour les familles, ce changement serait décisif : ne plus être seules face à la crise, ne plus devoir tout comprendre et tout gérer sans appui.
Le soutien financier constitue aussi un enjeu central. Le reste à charge demeure élevé pour les ménages, alors que certaines thérapies, consultations psychologiques ou tests spécialisés ne sont pas suffisamment couverts. Dans les faits, la maladie mentale appauvrit souvent les familles déjà fragiles. Réformer la couverture médicale, c’est donc aussi protéger les proches contre l’usure économique.
Mais soutenir les familles, c’est également leur donner une place dans le parcours de soins. Sans les transformer en substituts des professionnels, elles doivent pouvoir être informées, écoutées, orientées et associées, lorsque le patient y consent. L’humanisation de la psychiatrie passe par là : reconnaître que la guérison, ou du moins la stabilisation, se construit aussi dans l’environnement familial.
L’enjeu dépasse donc la seule psychiatrie. Il touche à la cohésion sociale, à l’école, au travail, à la jeunesse, à la dignité des patients et à la protection des foyers. Faire de la santé mentale une priorité nationale, c’est comprendre que chaque patient accompagné est aussi une famille soulagée. Et qu’en venant soutenir les familles, le Maroc soutient en réalité toute sa société.












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