L'ODJ Média

lodj





Sardine au Maroc : Régulation des prix et mesures sectorielles à l’épreuve du marché


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 26 Janvier 2026

La sardine ce poisson populaire dans les foyers marocains est redevenue un sujet stratégique pour l’économie nationale à l’approche du mois sacré du Ramadan. Entre tensions sur les étals, mesures gouvernementales et défis structurants de la filière, l’équation du prix juste reste complexe. Cet article revient avec un éclairage analytique et critique sur les décisions récentes, leurs justifications et leurs implications pour les ménages marocains.



Depuis plusieurs jours, les prix de la sardine sur les marchés nationaux ont suscité une franche inquiétude chez les consommateurs. Traditionnellement abordable, ce poisson constitue une source essentielle de protéines pour des millions de familles marocaines, notamment dans les régions côtières mais aussi au cœur des grandes villes comme Casablanca ou Marrakech. Ces dernières années, cette denrée de base a parfois dépassé les 20 à 25 dirhams le kilo lors des périodes de forte demande, créant une pression tangible sur le budget des ménages.
 

Face à cette situation, le Secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime a mis en place, fin janvier, une batterie de mesures « préventives » destinées à stabiliser les prix avant et pendant le Ramadan. Le délégué régional des pêches maritimes à Laâyoune, Mohammed Nafia, a détaillé ces initiatives lors d’une conférence de presse.
 

La première décision forte consiste en l’interdiction de l’exportation de la sardine congelée à compter du 1ᵉʳ février 2026. Cette mesure, confirmée par la secrétaire d’État Zakia Driouich au Parlement, vise à réorienter vers le marché intérieur une partie des volumes traditionnellement destinés à l’exportation, pour atténuer la tension sur les prix locaux.
 

Parallèlement, l’État a relancé l’initiative « Le poisson à un prix raisonnable », conçue pour diversifier l’offre de produits de la mer frais et congelés et ainsi encourager une meilleure disponibilité pour le consommateur marocain. Cette approche est accompagnée d’une interdiction d’usage des sardines entières de qualité alimentaire dans la fabrication de farine et d’huile de poisson, une mesure destinée à prioriser l’approvisionnement humain plutôt qu’industriel.
 

Sur le terrain, ces décisions se heurtent toutefois à un défi structurel majeur : la ressource elle-même. Le calendrier halieutique marocain inclut une période de repos biologique, qui interdit la pêche des petits pélagiques dont la sardine du 1ᵉʳ janvier au 15 février pour favoriser la reproduction et la durabilité des stocks. Ce principe, soutenu par l’Institut national de recherche halieutique (INRH), est crucial pour préserver l’avenir de la ressource.
 

C’est précisément cette fenêtre de repos, conjuguée à des conditions climatiques défavorables, qui a réduit l’offre sur le marché début 2026, limitant l’accès à la sardine fraîche et poussant les prix à la hausse.
 

Au-delà des mécanismes d’offre et demande, la filière sardine au Maroc est aussi confrontée à des enjeux industriels et sociaux. Les volumes débarqués ont fortement reculé ces dernières années, avec une baisse d’environ 46 % entre 2022 et 2024, selon des données officielles, fragilisant les usines de transformation et menaçant l’emploi dans un secteur qui représente encore un pilier de l’économie bleue nationale.
 

Cette situation a suscité des réactions contrastées au sein des acteurs économiques. Si certains saluent les mesures de priorité au marché national, d’autres alertent sur les risques de fragilisation d’un tissu industriel déjà tendu, pointant un manque de concertation avant de suspendre les exportations.
 

Pour le consommateur marocain, l’enjeu reste avant tout un équilibre entre disponibilité, prix et durabilité. Une mère de famille rencontrée sur un marché de Casablanca résume bien ce ressenti : « La sardine, c’est presque un repère dans notre budget hebdomadaire. Quand elle grimpe, longtemps on doit revoir toutes nos courses ».
 

Dans un pays où la sardine est à la fois symbole culturel et composante essentielle de l’alimentation populaire, la politique publique doit naviguer entre exigence de sécurité alimentaire, impératif de préservation des stocks halieutiques et nécessité de soutenir une filière économique stratégique. Là où certaines mesures peuvent apporter un apaisement ponctuel, la voie vers une stabilité durable des prix passera sans doute par une gestion plus intégrée liant pêche, transformation, distribution et pouvoir d’achat dans l’intérêt des générations présentes et futures.






Lundi 26 Janvier 2026

Breaking news | Plume IA | Analyses & Finance & Bourse | Gaming | Communiqué de presse | Eco Business | Digital & Tech | Santé & Bien être | Lifestyle | Culture & Musique & Loisir | Sport | Auto-moto | Room | L'ODJ Podcasts - 8éme jour | Les dernières émissions de L'ODJ TV | Last Conférences & Reportages | Bookcase | LODJ Média | Avatar IA Live


Bannière Réseaux Sociaux



Bannière Lodj DJ






LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html
















Vos contributions
LODJ Vidéo