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Sardines congelées : le Maroc bloque l’export dès le 1er février 2026


Rédigé par le Mercredi 7 Janvier 2026

À partir du 1er février 2026, le Maroc interdit l’exportation des sardines congelées. L’annonce a été faite au Parlement par Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime. Objectif affiché : sécuriser l’approvisionnement du marché national et protéger le pouvoir d’achat.



Sécurité alimentaire et pouvoir d’achat

La décision est claire. Pendant au moins un an, renouvelable, les sardines congelées ne quitteront plus le territoire marocain. Le gouvernement veut reprendre la main sur un produit stratégique, très consommé, mais de plus en plus orienté vers l’export au détriment du marché local.
 

Intervenant à la Chambre des représentants, Zakia Driouich a expliqué que cette mesure s’inscrit dans une nouvelle gestion des ressources halieutiques, centrée sur le consommateur marocain. Les petits pélagiques, dont la sardine, représentent près de 80 % de la richesse halieutique nationale. Pourtant, leur disponibilité et leurs prix restent instables dans plusieurs régions.

Consommer plus de poisson, à prix maîtrisé
 

Derrière l’interdiction, il y a une ambition chiffrée. Le gouvernement veut porter la consommation annuelle de poisson à 19 kg par habitant d’ici 2027. Aujourd’hui, ce niveau reste inférieur malgré un littoral parmi les plus riches d’Afrique.
 

Pour y parvenir, l’État ne se contente pas de bloquer les exportations. Il agit aussi sur la chaîne de distribution. Douze marchés de gros de deuxième vente et huit marchés de détail nouvelle génération sont désormais opérationnels, rapprochant les ports des bassins de consommation. Côté logistique, le Maroc est passé de 10 unités de stockage frigorifique en 2010 à plus de 80 aujourd’hui, un saut qualitatif majeur pour limiter les pertes et la spéculation.

Industrie locale et souveraineté alimentaire
 

La stratégie va plus loin. Les autorités encouragent la transformation locale grâce à des quotas de débarquement réservés à l’industrie nationale. En parallèle, les importations ciblées destinées au marché intérieur ont été renforcées, atteignant 68 000 tonnes en 2024, soit six fois plus qu’en 2010. Une manière d’absorber les chocs sans faire flamber les prix.
 

Cette politique s’inscrit dans une vision plus large. Avec des projets comme Tanger Med ou Dakhla Atlantique, le Maroc assume son statut de nation maritime, mais refuse que cette ouverture se fasse au détriment de sa sécurité alimentaire.
 

Prochaine étape annoncée : un appel à manifestation d’intérêt pour attirer des investisseurs privés dans un réseau national de distribution de produits congelés. Le message est limpide. Le Maroc veut rester un acteur majeur à l’export, mais sans sacrifier l’accès des citoyens à leurs propres ressources.






Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 7 Janvier 2026

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