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Sebta et Mellilia : Pourquoi les Espagnols sont-ils vexés ?


Sombre nuage de colère à Madrid. Le gouvernement espagnol a convoqué l’ambassadrice du Maroc à Madrid, Karima Benyaich, et ce « en urgence » ! La raison ? Le gouvernement de Pedro Sanchez a mal avalé les propos du chef du gouvernement marocain, Saâd Eddine El Otmani, à propos des présides de Sebta et Melillia.



Saâd Eddine El Otmani, chef du gouvernement et candidat au Prix "Gaston La Gaffe"
Saâd Eddine El Otmani, chef du gouvernement et candidat au Prix "Gaston La Gaffe"
Saâd Eddine El Otmani, qui s’exprimait récemment sur une chaîne de télévision égyptienne, a tout simplement déclaré que le statu quo à propos des présides de Sebta et Melillia dure déjà depuis cinq ou six siècles et que ce dossier devra bien être réglé, un jour.

Il n’a fait qu’énoncer une évidence, Sebta et Melillia sont des villes marocaines sous occupation espagnole, et présager le prévisible ; ces villes finiront bien par revenir sous souveraineté marocaine.

On ne peut éviter l’inéluctable

En somme, rien de bien méchant. On peut accuser notre indolent chef du gouvernement de tout ce qu’on veut, sauf d’agressivité. Il faut bien lui reconnaître une incroyable propension à l’apathie.

Sachons raison garder. Les Espagnols ont toujours su que dès que le Maroc aurait conforter sa souveraineté sur ses provinces du sud, la revendication de restitution de Sebta et Melillia se ferait plus pressante qu’elle ne l’était déjà.

Le Maroc n’a jamais caché qu’il veut récupérer ses deux villes qui se trouvent sur son territoire. Il fallait d’abord avaler le gros morceau des provinces du sud avant de se tourner vers les deux petites perles en Méditerranée. C’est une simple question de bon sens.

Peut être que la reconnaissance de la marocanité du Sahara par les Etats-Unis a pris l’Espagne par surprise, même si les tractations ont duré plus de deux ans, mais ils ne pouvaient ignorer que l’inéluctable finirait bien par se produire.

A l’amiable

Après tout, le Maroc ne fait que réclamer la restitution de ce qui lui appartient. C’est d’une telle évidence géographique que même l’Otan, dont l’Espagne est membre et le Maroc allié, ne couvre pas de son parapluie les deux présides. 

Mais les Espagnols savent tout aussi bien que les Marocains tiennent aux bonnes relations entre les deux pays. Echanges commerciaux, culturels, investissements, tourisme… les affaires marchent très bien entre les deux pays voisins, les Marocains ne sont pas bêtes pour les gâcher. Surtout quand on peut arriver à ses fins autrement qu’en s’aliénant un pays ami.

Les ports de Tanger-Méd et Nador-West font partie de la réponse marocaine apportée à ce problème. La mise en place de ces gigantesques infrastructures portuaires a réduit l’importance économique de Sebta et Melillia.

Accompagnées des mesures prises pour étouffer les trafics de contrebande transfrontaliers, ces dispositions sont largement suffisantes pour atteindre l’objectif escompté ; faire des deux présides des charges pour l’Espagne plutôt que des sources de revenus.

Voisins, partenaires et amis

Il faut être aveugle pour ne pas voir que Sebta et Melillia se trouvent au Maroc
Il faut être aveugle pour ne pas voir que Sebta et Melillia se trouvent au Maroc
Pourquoi se quereller lorsqu’il est possible de convaincre gentiment nos chers amis espagnols que le jeu n’en vaut pas la chandelle ? N’est-il pas plus intéressant de continuer à faire de bonnes affaires, sans que l’Espagne ait à dépenser des fortunes, juste pour tenter de juguler les vagues de migrants clandestins qui rôdent autour de Sebta et Melillia à la recherche de la moindre faille par laquelle se glisser ?

Les Marocains sont les voisins, partenaires et amis des Espagnols et ne veulent que leur bien. C’est d’ailleurs un beau geste de leur part que de vouloir alléger les dépenses des Espagnols en ces temps difficiles de crise économique et de chômage endémique.

Après tout, les contribuables espagnols n’ont aucune raison de voir dépenser leur argent dans des villes qui ne sont pas les leurs, alors qu’ils en ont tellement besoin chez eux.

A feu doux

C’est quand même triste de lire qu’un eurodéputé espagnol, José Ramón Bauzá, du Parti Ciudadanos, a appelé l’Union européenne à défendre l’Espagne contre le Maroc, comme elle l’a fait avec la Grèce et Chypre contre la Turquie en Méditerranée orientale. Il est honteux de donner une telle image de faiblesse de son pays, ce qui n’est même pas vrai.

Et puis SM Mohammed VI n’est quand même pas Erdogan. Alors que le premier parvient à ses desseins sans tirer une seule balle, ni faire couler de sang, le second échoue à chaque fois à s’imposer violemment et se fait repousser tout aussi brutalement.

Que les Espagnols se rassurent, ils seront toujours la bienvenue pour faire du tourisme à Sebta et Melillia. Quand à notre chef du gouvernement, même ses plus sévères critiques et opposants peuvent le jurer ; agir est contraire aux principes et mode de conduite de Saâd Eddine El Otmani. C’est même ça le problème avec lui, et ce depuis le début de son mandat.

La « Reconquista » sur le mode Isabelle la Catholique, cela relève de la barbarie d’autres temps. Un tajine cuit à feu doux a bien meilleur goût.  





Rédigé par le Mardi 22 Décembre 2020


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