Un leadership régional construit sur le renouvelable
Ce positionnement place le Maroc comme référence régionale dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques et la transition énergétique. Le rapport souligne que cette avance repose sur des investissements massifs dans le solaire et l’éolien, engagés depuis plus d’une décennie.
Aujourd’hui, environ 26 % de l’électricité nationale provient des énergies renouvelables. Un chiffre encore en deçà des ambitions affichées, mais déjà significatif à l’échelle nord-africaine. Greenpeace salue une planification jugée ambitieuse et structurée, avec des projets capables de changer durablement le mix énergétique du pays. Dans un monde où l’énergie est devenue une arme économique et politique, ce score traduit une chose claire : Rabat a compris que l’énergie, c’est aussi une question de souveraineté.
Dépendance fossile : le talon d’Achille
Mais le rapport n’est pas un satisfecit aveugle. Il rappelle que la dépendance aux combustibles fossiles reste élevée, notamment au charbon et au pétrole. Le Maroc, pauvre en hydrocarbures et en gaz naturel, continue d’importer l’essentiel de son énergie primaire. Une réalité structurelle qui limite, pour l’instant, une souveraineté énergétique pleine et entière.
Interrogé par Greenpeace, l’expert en énergie Amin Bennouna tempère l’enthousiasme. La souveraineté énergétique ne se résume pas au renouvelable, insiste-t-il. Elle suppose aussi une réduction réelle des importations fossiles et surtout une indépendance des décisions stratégiques. Or, de nombreux projets restent fortement dépendants des financements étrangers et des marchés internationaux.
Exportation verte ou bénéfice local ?
Autre point sensible soulevé par le rapport : une partie importante des grands projets solaires et éoliens est orientée vers l’exportation, notamment vers l’Europe. Cette stratégie conforte l’image du Maroc comme futur hub régional des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert, mais elle pose question.
Greenpeace alerte sur le risque de voir émerger des « zones de sacrifice vertes », où les territoires accueillent les infrastructures sans bénéficier pleinement des retombées sociales et économiques. Routes, emplois locaux, accès à l’électricité ou baisse des factures ne suivent pas toujours.
Vers une transition plus juste
Pour l’ONG, la transition énergétique ne peut pas être uniquement technologique. Elle doit aussi être sociale. Le rapport appelle à développer des modèles plus inclusifs, comme le solaire sur les toits, les micro-réseaux ruraux ou les coopératives énergétiques locales. Objectif : faire de l’énergie propre un levier direct d’amélioration du niveau de vie. Greenpeace plaide également pour des outils juridiques et financiers contraignants, afin de garantir la transparence, la redistribution des revenus et la responsabilité environnementale des acteurs impliqués.
En prenant la tête de l’Afrique du Nord sur la souveraineté énergétique, le Maroc envoie un signal fort. La trajectoire est solide, la vision claire. Mais le défi est désormais ailleurs : transformer ce leadership énergétique en bénéfices concrets pour les citoyens, tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles. La transition est lancée. Reste à savoir qui en profitera vraiment.












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