Dorothea Wierer, la parole libérée aux JO 2026
Cinquième de l’épreuve individuelle en biathlon, à 29 secondes du podium, l’Italienne de 35 ans a expliqué sa performance en toute transparence :
« J’ai beaucoup peiné sur mes skis (…) Malheureusement, pour nous les femmes, c’est comme ça une fois par mois ; il faut faire avec. » Lucide, elle ajoutait qu’une cinquième place « à [son] âge, en fin de carrière et dans cette condition physique » restait honorable.
À l’heure où chaque dixième compte, parler de règles n’est plus perçu comme un aveu de faiblesse, mais comme une réalité physiologique assumée.
Les Lionesses changent la couleur du short
Lors de l’Euro 2022, les joueuses de l’équipe d’Angleterre – les « Lionesses » – ont demandé à leur équipementier d’abandonner le short blanc, source d’angoisse en cas de tache visible. Un geste simple, mais hautement symbolique.
À l’époque, Wendie Renard saluait cette initiative, rappelant que les menstruations « font partie de notre vie ».
La science à l’écoute du corps des sportives
Parmi les participantes figurait la championne du monde de fleuret Ysaora Thibus, désireuse de mieux comprendre les périodes propices à l’optimisation de ses performances. Les premières données suggèrent notamment un risque accru de rupture du ligament croisé du genou en première partie de cycle.
Adapter l’entraînement et prévenir les blessures deviennent ainsi des priorités.
Clarisse Agbégnénou et l’innovation
Multiple championne du monde, la judoka Clarisse Agbégnénou s’est engagée comme ambassadrice d’une marque de culottes menstruelles. Elle a évoqué les difficultés rencontrées en kimono blanc et plaidé pour une meilleure prise en compte des besoins des sportives, sur et en dehors des tatamis.
Estelle Nze Minko, une tribune qui fait date
En avril 2020, la handballeuse internationale Estelle Nze Minko publiait une tribune sur le site de l’association Règles élémentaires, dénonçant le silence entourant les menstruations dans le sport de haut niveau.
Elle révélait n’avoir été interrogée sur le sujet qu’après plus de dix ans de carrière. Son appel a suscité une prise de conscience, y compris chez de jeunes entraîneurs masculins.
La data au service de la performance
Lors de la Coupe du monde 2019, les joueuses américaines ont mis en avant le travail de la chercheuse Georgie Bruinvels, spécialiste de l’impact du cycle menstruel et des carences en fer. Son application FitrCoach permet d’adapter entraînement et alimentation au rythme hormonal. Cette approche individualisée a depuis attiré l’attention d’autres fédérations.
Fu Yuanhui, un choc culturel à Rio
Aux Jeux olympiques d'été de Rio 2016, la nageuse chinoise Fu Yuanhui expliquait sa fatigue par l’arrivée de ses règles, quelques instants après une course.
Dans un contexte culturel où le sujet restait sensible, cette déclaration spontanée a marqué les esprits et ouvert la voie à d’autres prises de parole.
Jessica Judd, la pression médicale en question
En 2015, l’athlète britannique Jessica Judd révélait avoir reçu un traitement hormonal pour retarder ses règles lors des Mondiaux 2013 à Moscou. Une confession qui a relancé le débat sur la médicalisation du cycle menstruel et la pression exercée sur les sportives pour contrôler leur corps au service de la performance.












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