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Startups Maroc : Des levées des fonds encore insignifiants

L'urgence d'instaurer un "Start-up Act" spécifiquement conçu pour le Maroc n'a jamais été aussi palpable.


Rédigé par La Rédaction le Dimanche 7 Avril 2024

​L'attente autour de l'annonce d'un "Small Business Act" pour les startups au Maroc s'est transformée en une source de perplexité face aux hésitations répétées du gouvernement.



Au cœur de l'écosystème dynamique des startups de la Zone MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), le Maroc, malgré sa position de sixième au classement des levées de fonds en mars 2024, continue de faire face à des défis significatifs pour attirer des investissements à la hauteur de ses ambitions. Cette situation met en lumière les difficultés rencontrées par les startups marocaines dans un paysage régional compétitif, dominé par des géants tels que l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis.

Selon les analyses récentes publiées par Wamda et Digital Digest le 1er avril 2024, les entreprises technologiques marocaines n'ont réussi à lever que 2,5 millions de dollars à travers seulement deux transactions au cours du mois de mars. Ce chiffre pâlit en comparaison avec les montants mobilisés par leurs homologues du Moyen-Orient, soulignant une dynamique d'investissement qui favorise largement les centres technologiques établis de la région.

En effet, l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis se détachent nettement comme les leaders de la Zone MENA, avec des levées de fonds atteignant respectivement 198 et 38,7 millions de dollars le même mois. Cette répartition des investissements révèle une concentration des capitaux vers des écosystèmes jugés plus matures ou offrant des perspectives de croissance plus élevées, laissant les startups marocaines dans une quête ardue pour se faire une place au soleil.

Le contraste est encore plus frappant lorsqu'on considère l'évolution des levées de fonds à l'échelle de la région. Le montant global mobilisé en mars 2024 s'élève à 253,5 millions de dollars, répartis sur 54 transactions. Ce montant représente une augmentation considérable de 186 % par rapport aux 88,7 millions de dollars levés en février 2024, dénotant une activité investissement florissante dans la zone MENA, à laquelle les startups marocaines peinent néanmoins à participer pleinement.

L'analyse se focalise également sur l'importance croissante des startups égyptiennes et marocaines dans le panorama de l'investissement technologique en Afrique du Nord. Cependant, malgré cette reconnaissance, le Maroc et l'Égypte restent loin derrière les leaders de la zone en termes de capacité à attirer des financements significatifs.

Cette situation interpelle sur plusieurs fronts. D'une part, elle souligne la nécessité pour les startups marocaines d'innover et de renforcer leurs propositions de valeur pour séduire les investisseurs. D'autre part, elle appelle à une réflexion sur les mécanismes de soutien que les gouvernements et les institutions financières peuvent mettre en place pour favoriser une répartition plus équilibrée des investissements au sein de la zone MENA.

En réponse à ce défi, des experts suggèrent plusieurs pistes d'action. Parmi celles-ci, l'importance de créer des ponts plus solides entre les écosystèmes de startups à travers la région, favorisant ainsi le partage de connaissances et les collaborations transfrontalières. Il est également crucial d'améliorer l'accès aux financements pour les entreprises en phase de démarrage et de croissance, notamment par le biais de fonds d'investissement spécialisés et de programmes d'accompagnement dédiés.

Dans un environnement global de plus en plus compétitif, le succès des startups marocaines sur la scène des levées de fonds nécessitera une combinaison d'innovation intrinsèque, de soutien institutionnel et de collaboration régionale. En se mobilisant pour surmonter ces obstacles, le Maroc peut non seulement renforcer sa position dans l'écosystème des startups de la zone MENA mais également contribuer de manière significative à la dynamique d'investissement dans la région.

L'urgence d'instaurer un "Start-up Act" spécifiquement conçu pour le Maroc n'a jamais été aussi palpable.

Dans un monde où l'innovation et la technologie dictent le rythme du progrès, les startups marocaines se trouvent à un carrefour critique. Elles possèdent le potentiel de transformer radicalement des secteurs entiers, de créer des emplois de qualité et de propulser l'économie nationale sur la scène internationale. Cependant, sans un cadre législatif et réglementaire adapté à leurs besoins uniques - notamment en termes d'accès au financement, de simplification des démarches administratives, et de soutien à l'innovation - nombre d'entre elles peinent à franchir le cap de la croissance et de la pérennité.

Un "Start-up Act" marocain serait plus qu'un simple ensemble de directives ; il symboliserait une reconnaissance officielle de l'importance stratégique des startups dans l'économie nationale et un engagement envers la création d'un écosystème propice à leur épanouissement. Il s'agirait de mettre en place des mesures concrètes pour faciliter la création d'entreprises innovantes, attirer des investissements, tant nationaux qu'internationaux, et offrir des incitations fiscales et non fiscales pour stimuler l'entrepreneuriat.

En adoptant un tel acte, le Maroc pourrait accélérer la transformation de son économie, en faisant des startups le moteur d'une croissance durable et inclusive. Cela nécessite une action urgente pour que le pays puisse tirer pleinement parti de ses talents innovants et construire un avenir prospère. Le "Start-up Act" marocain est donc un impératif stratégique, non seulement pour soutenir les entrepreneurs dans leur quête d'innovation mais aussi pour positionner le Maroc comme un leader de l'entrepreneuriat et de l'innovation dans la région MENA et au-delà.

​L'attente autour de l'annonce d'un "Small Business Act" pour les startups au Maroc s'est transformée en une source de perplexité face aux hésitations répétées du gouvernement.

Cette situation suscite de l'incompréhension dans l'écosystème entrepreneurial, surtout à un moment où l'urgence de soutenir les startups ne pourrait être plus élevée. Ces entreprises innovantes représentent une opportunité cruciale pour diversifier l'économie marocaine, stimuler la création d'emplois et renforcer la compétitivité du pays sur le marché mondial.

Le retard à formaliser et à mettre en œuvre un cadre législatif adapté, capable de répondre aux besoins spécifiques de ces entreprises en démarrage, freine non seulement le développement de ces jeunes pousses mais aussi l'attrait du Maroc en tant que destination d'investissement dans le secteur des technologies et de l'innovation.

Dans un monde qui avance rapidement, où chaque jour compte dans la course à l'innovation, l'urgence d'agir pour libérer le plein potentiel des startups marocaines est plus pressante que jamais.





Dimanche 7 Avril 2024

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