L'ODJ Média

Portail L'ODJ Média



Taux, résultats et risques politiques : les marchés internationaux suivent des trajectoires contrastées


Rédigé par AFI le Dimanche 1 Novembre 2026



Focus de la semaine : les annonces de taux d’intérêt directeurs des banques centrales

Cette semaine, quatre principales banques centrales ont fixé le niveau de leur taux d’intérêt directeur.
 
Le taux directeur est le principal instrument par lequel une banque centrale influence les taux d’intérêt à court terme et les conditions de financement de l’économie ; certaines institutions utilisent plusieurs taux ou une fourchette cible. Sa hausse tend à renchérir le crédit, encourager l’épargne et freiner la consommation et l’investissement, réduisant progressivement les pressions inflationnistes. Une baisse vise, inversement, à soutenir la demande. Cette action ne produit toutefois pas directement davantage d’énergie ou de denrées : elle agit surtout sur la demande et les anticipations d’inflation.

Les rendements obligataires réagissent souvent avant les décisions, car ils intègrent les anticipations de taux futurs. Les échéances courtes suivent étroitement la politique monétaire ; les taux longs dépendent aussi des perspectives de croissance, d’inflation et des primes de risque. Une baisse du taux directeur ne garantit donc pas une diminution des rendements longs.

La transmission est rapide sur les marchés, mais plus lente sur les dépenses et les prix : La Fed souligne des délais variables, sans horizon fixe d’effet complet. Pour la BCE, des études estiment douze à dix-huit mois pour l’inflation globale, davantage pour l’inflation sous-jacente. Au Japon, une opinion publiée évoque aussi douze à dix-huit mois avant des effets restrictifs, sans garantie d’effet maximal à cette échéance précise. La Banque du Canada estime généralement ses effets complets à dix-huit à vingt-quatre mois. Ces délais peuvent varier selon les pays, notamment avec la proportion de crédits à taux fixe ou variable, les échéances de refinancement, l’endettement et le rôle respectif des banques et des marchés dans le financement.
 
L’Essentiel du calendrier économique international du 26 au 30 octobre 2026
Du 26 au 30 octobre, les décisions monétaires et les premières estimations de PIB dessinent une économie mondiale hétérogène. La réélection du président Lula provoque un choc : lundi, le real perd près de 8% face au dollar et les rendements obligataires brésiliens à dix ans bondissent de 2,46 points, les investisseurs réévaluant le risque budgétaire.
 
Chine
Le cinquième plénum du Parti communiste, du 26 au 29 octobre, privilégie la discipline interne et la lutte anticorruption plutôt qu’une relance économique. La préparation du congrès de 2027 et les remaniements militaires constituent des signaux politiques à surveiller, sans mesure macroéconomique chiffrée dans le calendrier.
 
Japon
La Banque du Japon maintient son taux à 1,25%, conformément aux attentes. La production industrielle rebondit de 2,2% mensuellement en septembre, contre 1,3% attendu, mais les ventes au détail déçoivent à +2,3% sur un an, contre +3,3%. Les mises en chantier chutent de 2,7% annuellement, contre +2,9% attendu.
 
Taux d’intérêt directeur du Japon vs inflation annuelle


 
Corée du Sud
Le PIB (estimations avancées) progresse de 3,4% en glissement annuel au troisième trimestre, dépassant les 3% attendus, malgré un ralentissement depuis 3,7%. La confiance des ménages et des entreprises s’effrite néanmoins.
 
Inde
La production industrielle augmente de 6,7% sur un an en septembre, sous les 7,2% attendus et après 7,8%. L’industrie manufacturière ralentit également à 7,6%, signalant une expansion moins rapide.
 
Europe continentale
La BCE maintient le taux de dépôt à 2,5% et le refinancement à 2,65%, comme attendu. Le PIB (estimations préliminaires) de la zone euro croît de 1,3% annuellement, contre 1,1% attendu. Cette résistance masque des divergences : France −0,1%, Allemagne +1,2%, Espagne +2,7%. L’inflation italienne surprend à 5,4%, contre 4,6% attendu.
 
Royaume-Uni
Le budget d’automne du 28 octobre constitue le rendez-vous politique central pour les perspectives budgétaires et obligataires. Le crédit à la consommation atteint 1,914 milliard de livres, sous les 2,2 milliards attendus ; les prêts immobiliers déçoivent aussi.
 
États-Unis
La Fed maintient à 4% le taux renseigné dans le calendrier. Le PIB progresse de 3,4% au troisième trimestre, en rythme trimestriel annualisé, contre 3,2% attendu. L’inflation PCE annuelle atteint 3,6%, conformément au consensus ; les dépenses personnelles augmentent de 0,5% mensuellement, sous les 0,6% attendus.
Taux d’intérêt directeur des États-Unis vs inflation annuelle


 
 
Canada
La banque centrale relève son taux de 2,25% à 2,5%, comme attendu. Pourtant, le PIB stagne mensuellement en août, contre +0,2% attendu.

 
Taux d’intérêt directeur du Canada vs inflation annuelle


 
Brésil
Le chômage descend à 5,2%, conformément au consensus. Après l’élection, les engagements budgétaires du gouvernement seront déterminants pour restaurer la confiance dans la dette et la devise.
 
 
Principaux indices mondiaux, pétrole et or le 30 octobre 2026

La semaine du 26 au 30 octobre accentue la divergence entre marchés : l’Europe résiste grâce aux résultats d’entreprises, tandis que les investissements massifs dans l’intelligence artificielle inquiètent Wall Street et l’Asie. Le pétrole monte encore, mais l’or baisse.
 
MSCI World
Le MSCI World recule de 0,25%. La correction technologique du vendredi efface une partie des gains précédents : les investisseurs sanctionnent moins l’IA elle-même que les besoins de financement et l’érosion des flux de trésorerie. Les obligations américaines bénéficient parallèlement de la recherche de sécurité, tandis que les résultats énergétiques apportent un contrepoids aux ventes d’actions technologiques.
 
MSCI Emerging Markets
Le MSCI Emerging Markets perd 0,72%. La faiblesse chinoise et les inquiétudes sur les semi-conducteurs constituent un contexte défavorable. Au Brésil, la réélection de Lula déclenche aussi des ventes d’actions et une chute du real, les investisseurs réévaluant les risques budgétaires. Ces facteurs éclairent le repli, sans permettre d’en quantifier les contributions respectives à l’indice.
 
Chine
Le CSI 300 cède 2,92%, le Shanghai Composite 2,48% et le ChiNext 10,08%. Cette correction disproportionnée du ChiNext montre la fragilité des valeurs de croissance. Les ventes technologiques dominent notamment jeudi, lorsque l’indice atteint sa plus faible clôture depuis plusieurs mois. Le mouvement dépasse donc une simple réaction aux décisions monétaires internationales.
 
Japon
Le Nikkei 225 gagne 0,95%, malgré une chute de 2,12% vendredi. Les résultats provoquent de fortes rotations : Konami bondit de 15% et Oriental Land de 8,5% lors de la dernière séance, tandis que les inquiétudes mondiales sur les dépenses d’IA pénalisent les titres technologiques. Le gain hebdomadaire masque ainsi une fin de période nettement dégradée.
 
Europe continentale
Le STOXX Europe 600 progresse de 1,73%. Les publications d’ASML, Shell et Airbus renforcent la confiance dans les bénéfices européens. Shell atteint notamment un record après ses résultats et l’augmentation de ses rachats d’actions. Universal Music bénéficie d’une accélération du streaming par abonnement. Ces soutiens compensent la contagion technologique américaine, sans empêcher un repli vendredi.
 
Royaume-Uni
Le FTSE 100 avance de 0,37%. Sa résistance repose notamment sur les résultats d’AstraZeneca et de BP, qui contrebalancent les difficultés bancaires et minières. AstraZeneca gagne environ 7% vendredi après des bénéfices supérieurs aux attentes. La composition sectorielle londonienne offre ainsi un amortisseur face au désengagement des grandes valeurs technologiques américaines.
 
États-Unis
Le S&P 500 recule de 0,57%, le Dow Jones de 0,85% et le Nasdaq 100 de 1,98%. Les résultats d’Amazon, Alphabet et Intel ravivent les doutes sur la conversion des dépenses d’IA en trésorerie. À l’inverse, ExxonMobil et Chevron bénéficient de marges de raffinage élevées, illustrant une sélection sectorielle plutôt qu’un rejet uniforme des actions.
 
Brent et Or
Le Brent gagne 1,25%, soutenu par les risques d’approvisionnement après une attaque contre un pétrolier dans le détroit d’Ormuz. L’or perd 3,07% : les tensions énergétiques renforcent les inquiétudes inflationnistes et les anticipations de taux américains durablement élevés, limitant son attrait malgré l’incertitude géopolitique.
 
 
Calendrier économique africain du du 26 au 30 octobre 2026

Du 26 au 30 octobre, le calendrier africain met en évidence un regain des pressions inflationnistes et des réponses monétaires différenciées. L’Égypte et la Namibie relèvent leurs taux, tandis que le Botswana privilégie la stabilité. En Afrique du Sud, les signaux d’activité s’améliorent, mais le crédit ralentit.
 
Afrique du Sud
L’indicateur avancé du cycle économique rebondit de 1,1% mensuellement en août, après −0,8%, suggérant une amélioration conjoncturelle. Toutefois, le crédit au secteur privé ralentit à +6,23% en glissement annuel en septembre, après +7,47%, et la masse monétaire M3 à +7,93%, après +8,89%. Les prix à la production accélèrent à 6,2% sur un an, contre 5,7% attendu et 5% précédemment. L’excédent commercial atteint 19,8 milliards de rands, mais le solde budgétaire devient déficitaire de 22,1 milliards.
 
Égypte
La banque centrale relève son taux de dépôt de 19% à 20% et son taux de prêt de 20% à 21%, contrairement au consensus qui anticipait leur maintien. Ce resserrement constitue la principale surprise monétaire du calendrier.
 
Taux d’intérêt directeur d’Égypte vs inflation annuelle


 
Nigéria
Les réserves de change atteignent 55,26 milliards de dollars en octobre, contre 54,91 milliards précédemment, renforçant légèrement le coussin de liquidité extérieure.
 
Maroc
En dehors du calendrier statistique, l’actualité de la semaine se concentre sur l’examen parlementaire du PLF 2027. Le projet repose sur une croissance annuelle de 3,7%, un déficit budgétaire de 3% du PIB et une dette du Trésor représentant 66,9% du PIB. L’investissement public prévu atteint 400 milliards de dirhams. Les débats soulignent l’enjeu de concilier soutien à l’activité, équité sociale et préservation des équilibres financiers : au-delà des enveloppes annoncées, leur traduction en valeur ajoutée nationale, en emplois durables et en débouchés pour les PME sera déterminante.
 
Kenya
L’inflation accélère à 7,3% en glissement annuel en octobre, après 6,8%, signalant une pression accrue sur le pouvoir d’achat.
 
Côte d’Ivoire
En dehors du calendrier statistique, l’actualité porte sur le financement des infrastructures énergétiques. Le 29 octobre, l’Assemblée nationale a autorisé la ratification d’accords avec les États-Unis pour le Programme compact régional pour l’énergie, soutenu par le Millennium Challenge Corporation. L’enveloppe annoncée atteint 322,5 millions de dollars, dont 300 millions de don américain et 22,5 millions de contribution ivoirienne. Destiné à renforcer le réseau électrique et les échanges régionaux d’électricité, ce programme pourrait soutenir la compétitivité des entreprises et l’intégration économique.
 
Autres pays africains
L’inflation annuelle augmente au Zimbabwe à 4,3%, après 3,7%, en Zambie à 6,3%, après 6,1%, et en Ouganda à 5,8%, après 4,6%. La Namibie relève son taux directeur de 6,75% à 7%, tandis que le Botswana le maintient à 5,5%.
 
MSCI Frontier et principaux indices africains le 30 octobre 2026
Du 26 au 30 octobre, les marchés africains restent contrastés : Lagos et la BRVM progressent, tandis que Johannesburg, Le Caire et Nairobi reculent.
 
MSCI Frontier Markets
Le MSCI Frontier Markets cède 0,53%. Son caractère mondial interdit d’assimiler ce recul à celui des seules places africaines. Sa baisse constitue donc un constat de performance, plutôt qu’une preuve de désengagement uniforme des investisseurs envers l’Afrique.
 
FTSE JSE All Africa 40
Le FTSE JSE All Africa 40 perd 1,85%, davantage que le Top 40 sud-africain. Cette différence souligne l’importance de la composition et des pondérations propres à chaque indice. La baisse des métaux précieux forme un contexte défavorable aux producteurs.
 
Afrique du Sud
Le South Africa Top 40 recule de 0,58%, malgré une chute de 2,42% vendredi. Le retournement de fin de semaine accompagne la baisse de l’or, de 3,07%. Harmony Gold abandonne notamment 6,32% vendredi. Cet exemple documente la pression sur les aurifères, sans démontrer que toutes les composantes minières ont évolué pareillement pendant la semaine.
 
Égypte
L’EGX 30 cède 2,85% pendant une semaine dominée par les ventes institutionnelles, les contraintes de liquidité et les tensions géopolitiques. Après deux séances initiales fortement négatives, le rebond de mardi puis la hausse de jeudi ne suffisent pas à effacer les pertes. La reprise reste donc instable, davantage qu’un retournement durable.
 
Nigéria
Le NSE 30 gagne 3,03%. Les achats sont toutefois concentrés : Proshare souligne vendredi le soutien de MTN Nigeria et la domination de First HoldCo dans les échanges, alors que les banques reculent. Ces observations expliquent la résistance de grandes capitalisations.

Kenya
Le NSE 20 perd 1,89%. Les sorties étrangères restent un facteur de pression : Kingdom Securities relève 168,39 millions de shillings de ventes nettes jeudi, puis 17,62 millions vendredi, notamment sur Safaricom, KCB et Equity.
 
BRVM
Le Composite progresse de 1,05%. Le rebond de 1,22% vendredi est décisif après trois séances négatives. Sonatel gagne alors 4,82%, accompagnée d’Unilever et d’AGL Côte d’Ivoire. Les banques restent contrastées : BOA Côte d’Ivoire et Société Générale Côte d’Ivoire reculent, montrant une reprise sélective.
 
Implications pour le marché marocain

À Casablanca, le recul du MASI de 3,03%, après deux semaines de rebond, invalide pour l’instant l’hypothèse d’une reprise durable ; le MASI 20 baisse davantage, de 3,59%.

La hausse du Brent (+1,25%) prolonge la pression potentielle sur les coûts énergétiques et logistiques, tandis que le recul de l’or (−3,07%) reste moins favorable aux minières exposées. L’impact dépendra néanmoins des couvertures, des volumes produits et des prix effectivement réalisés.

La sélectivité demeure essentielle : distinguer les entreprises capables de préserver leurs marges et leur trésorerie de celles davantage sensibles au financement et aux intrants. Le maintien des taux de la Fed et de la BCE n’implique aucune détente automatique des rendements marocains.

Les volumes, les taux locaux et les prochaines publications permettront d’apprécier si la baisse crée des opportunités ou traduit une révision des perspectives.






Dimanche 1 Novembre 2026

Immo & Habitat | Emploi & Formation | Brèves Eco Business & emploi & Habitat | Analyses & Finance & Bourse | Scroll Economie


Avertissement : Ces analyses sont fournies à titre purement informatif et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Elle a été réalisée par la rédaction de L'ODJ Média, sur la base des données publiées par la société et des tendances du marché. Les investisseurs sont invités à effectuer leurs propres recherches et à consulter des experts financiers avant toute prise de décision.


Bannière Lodj DJ

Bannière Réseaux Sociaux




Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html




Vos contributions
LODJ Vidéo