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Tourisme local et incohérences


Je reste dubitatif, décontenancé, voire parfois sidéré par le discours du gouvernement et sa stratégie parce que stratégie, il y a, sinon il n’y a pas de gouvernement, pas d’administration.
Nous assistons passivement à la démission de l’autorité et au laisser aller le plus total.



Par El Montacir Bensaid

On boycotte l’Espagne, bravo ! Nous sommes solidaires, patriotes et toute remise en question de la marocanité de notre sahara, ne passera pas, alors fini les vacances à Puerto Banus, la Costa del sol, on doit  consommer localement mais quoi ?Où ?Dans quelles conditions ?

Nos plages sont des décharges à ciel ouvert que des footballeurs en herbe ont investi. Ils jouent à toute heure du jour jusqu’à tard dans la nuit et vous voulez qu’on aille à la plage pour, comme à Skhirate, derrière le  palais royal, devant l’Amphitrite, se faire faucher par un ballon tiré par un Neymar du village ? Le recevoir sur nos corps en phase bronzage, au moment où on est allongé ?

C’est une blague, n’est ce pas ?

Entre les marchands ambulants qui nous marchent presque dessus, les gardiens de voitures, véritables voyous des bas fonds qui font la loi, les voitures stationnées n’importe comment, les tables de cafés et restaurants qui envahissent les trottoirs, les mendiants et les fous de Ain Attik qu’on lâche sur nos rivages, vous voulez me convaincre de passer mes vacances dans le pays ?

Oui, je vais le faire mais à la maison, sur ma terrasse.

Pour couronner le tout, parlant toujours de Skhirate, la plus belle plage de Rabat,  conformément à une stratégie d’urbanisme inversé qui prône la ruralisation des villes, nos décideurs ont programmé une vaste opération de construction de logements sociaux pour les bidonvillois de Témara et toute la région de Rabat,à Skhirate village, lequel village souffre d’un sous équipement latent, d’une démographie galopante et d’un taux de chômage tout aussi galopant.

Drôle d’aménagement du territoire et de ses zones littorales.
 
Une folie qui ne dit pas son nom, on déplace des ghettos pour les relocaliser ailleurs au lieu que, dans un souci de mixité social, les intégrer dans différents types de tissus périurbains.

Tous les discours qui ne visent pas à encadrer le tourisme, à protéger le visiteur, à réglementer l’usage de nos plages et à garantir à l’usager la paix, la sérénité, la sécurité et l’hygiène, resteront lettres mortes

Tout est lié, pour faire de la recette touristique, il faut s’inspirer de ce que nos voisins du sud ont fait :
Des plages propres avec des douches et des sanitaires où le foot est interdit ou du moins per mis à certaines heures.
Pourquoi pas des carrés de plages privatisés où on peut louer un transat, être à l’ombre, se faire servir une boisson fraîche sans être dérangé.
Sécuriser la baignade et la plage.
Créer des aires de stationnement.
Revoir l’état des chaussées et l’accès à ces mêmes plages.

La liste est longue et non exhaustive parce qu’elle ne mentionne pas l’hôtellerie, la qualité des services, les transports, les urgences médicales, le manque de signalisation, le délabrement des musées et autres médinas à visiter, les faux guides, les prix, parfois, exorbitants des chambres d’hôtel ou des notes de restaurant, etc…

Pour encourager le tourisme, convaincre le touriste local, il faut une volonté gouvernementale et des actions concrètes.

Moi, je passe pour cette année mais j’encourage les autres.
 

Par El Montacir Bensaid






Dimanche 13 Juin 2021

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