Le Conseil d’administration de l’ONMT s’est tenu sous la présidence de la ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie Sociale et Solidaire, Fatim-Zahra Ammor. L’ordre du jour était dense : examen du bilan 2025, validation du plan d’action 2026 et du projet de budget associé. Mais l’enjeu réel allait bien au-delà d’un exercice comptable. Il s’agissait de poser les jalons d’une nouvelle phase de croissance touristique, plus maîtrisée, plus technologique et plus inclusive.
L’année 2025 a servi de révélateur. Le Maroc a accueilli près de 20 millions de touristes, soit une progression d’environ 14 % par rapport à 2024. Les recettes touristiques ont atteint 124 milliards de dirhams à fin novembre, en hausse de 19 %, tandis que les nuitées globales ont progressé de 9 %. Des chiffres qui placent le Royaume au-dessus de la dynamique mondiale et confirment sa compétitivité régionale. Pour la ministre, le message est clair : « Ce que nous observons aujourd’hui n’est pas circonstanciel, mais structurel », fruit de décisions publiques prises depuis 2021 sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
C’est précisément sur cette base que s’ouvre 2026. Le plan d’action validé par le Conseil s’inscrit dans la continuité de la feuille de route touristique 2023-2026, tout en marquant une accélération sur plusieurs leviers clés. Le premier reste la connectivité aérienne, devenue un facteur déterminant de l’attractivité. En 2025, la capacité aérienne a augmenté de 12 %, dépassant 12 millions de sièges, portée par le renforcement des partenariats avec des compagnies internationales, l’ouverture de nouvelles lignes long-courrier, dont Atlanta-Marrakech, et la création de bases aériennes au Maroc. En 2026, l’ONMT entend consolider ces acquis pour sécuriser les flux et mieux irriguer les territoires.
Autre axe central : la modernisation du marketing touristique. L’Office mise désormais sur une approche digitale, fondée sur la donnée et la segmentation fine des marchés. Le dispositif « World Class Marketing » combine campagnes multicanales, marketing d’influence et production de contenus à forte valeur ajoutée. Cette stratégie a déjà montré son efficacité en 2025, notamment à travers les activations liées aux grands événements culturels et sportifs, dont la campagne « Maroc, Terre de Football » déployée à l’occasion de la CAN. En 2026, cette logique sera approfondie, avec une intégration accrue des outils numériques et de l’intelligence artificielle.
Mais l’enjeu ne se limite pas à la visibilité internationale. Le plan 2026 affiche une ambition plus large : transformer la performance touristique en création de valeur durable. Cela implique une meilleure répartition des retombées économiques, un soutien accru aux territoires ruraux, et une articulation plus forte entre tourisme, artisanat et économie sociale et solidaire. Une orientation qui répond aux attentes d’une nouvelle génération marocaine, attachée à l’innovation mais aussi à l’impact social.
En validant le plan d’action et le budget 2026, ainsi que le rapport d’activité et le bilan financier de l’exercice écoulé, le Conseil d’administration a envoyé un signal de confiance. Le cap des 26 millions de touristes en 2030 reste ambitieux, mais assumé. À condition de maintenir la rigueur, d’éviter les effets de saturation et de préserver l’authenticité de la destination, 2026 pourrait bien marquer le passage d’un tourisme performant à un tourisme pleinement structurant pour l’économie nationale.
À l’aube de 2026, le tourisme marocain ne se contente plus de battre des records : il cherche désormais à s’inscrire dans la durée. L’accélération est lancée, mais le défi sera de tenir le rythme sans perdre le sens.












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