Afaq : un délai de six mois pour accompagner chaque jeune
Près de 2,9 millions de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni à l'école, ni en formation, ni en emploi, un chiffre qui correspond à environ un jeune sur trois dans cette tranche d'âge.
Face à ce constat, l'Istiqlal met sur la table un engagement concret : celui d'un délai de prise en charge, fixé et assumé, plutôt qu'une politique de l'emploi aux contours flous.
Le principe du programme
Le principe d'Afaq tient en une phrase : aucun jeune ne devrait rester plus de six mois sans qu'on lui propose une solution concrète.
Le programme prévoit une offre adaptée à chaque situation individuelle, un poste, un stage, une formation, un accompagnement pour monter son projet, ou un service civique rémunéré.
Ce dernier point mérite d'être souligné : contrairement à certains dispositifs qui reposent sur le volontariat non indemnisé, l'Istiqlal prévoit une compensation pour les jeunes qui s'engagent dans cette voie.
Une attention particulière est également accordée aux jeunes les plus isolés, ceux qui ne sont dans aucune case des statistiques officielles : non scolarisés, sans emploi, et hors des circuits de formation.
L'Istiqlal prévoit à cet effet des mécanismes de repérage et d'orientation précoce, associant élus locaux, institutions publiques et associations, pour identifier ces profils avant même qu'ils ne basculent durablement hors du système.
Tajribati, le prolongement pour les diplômés
Afaq s'accompagne d'un second dispositif, « Tajribati », pensé plus spécifiquement pour les diplômés de l'université et de la formation professionnelle : une première expérience professionnelle encadrée, d'une durée de 6 à 18 mois, au sein d'entreprises, d'administrations ou de collectivités territoriales.
Le dispositif prévoit une compensation financière, une couverture sociale, ainsi qu'un accompagnement assuré par des encadrants agréés tout au long de l'expérience.
Autre évolution notable relevée dans le programme : le financement versé aux structures d'accueil serait désormais lié aux résultats d'insertion réelle des jeunes dans le marché du travail à l'issue du dispositif, et non plus seulement à l'existence du stage lui-même.
Ce changement de logique : passer d'un financement de moyens à un financement de résultats est présenté comme un des principes transversaux du volet emploi du programme.
Une jeunesse particulièrement concernée
Plus de 72 % des jeunes NEET (« ni en emploi, ni en études, ni en formation », selon l'acronyme anglais utilisé par les statisticiens) sont des femmes, souvent absentes des statistiques du chômage classique parce qu'elles ne sont pas comptabilisées comme demandeuses d'emploi actives, beaucoup se trouvent en situation d'inactivité au foyer plutôt que de recherche active.
C'est précisément cette catégorie, la plus difficile à toucher par les dispositifs classiques d'insertion, que le programme Afaq cible en priorité à travers ses mécanismes de repérage.
Un choix qui répond directement à l'un des angles morts identifiés par les données officielles les plus récentes sur l'emploi des jeunes au Maroc.












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