En 2025, l’Union européenne a de nouveau placé le Maroc au cœur de ses priorités de coopération pour le voisinage sud de l’Europe. Le soutien financier massif 2,48 milliards de dirhams vient renforcer des chantiers nationaux jugés essentiels pour l’avenir du Royaume, de la réforme de la protection sociale à la modernisation de l’État en passant par des programmes tournés vers l’éducation, l’énergie et l’environnement.
L’une des clés de ce partenariat repose sur un principe simple mais exigeant : les fonds sont conditionnés à l’atteinte d’objectifs précis et mesurables, définis en concertation avec les autorités marocaines. Ce mécanisme de suivi, qui implique des indicateurs de performance clairs, vise à garantir l’efficacité des dépenses et une meilleure gouvernance des réformes.
Ce soutien s’inscrit aussi dans le cadre du 25e anniversaire de l’Accord d’association UE-Maroc, célébré en 2025, et du Pacte pour la Méditerranée, une initiative destinée à ancrer une coopération euro-méditerranéenne plus étroite et mieux alignée sur les priorités communes.
Un engagement fort en faveur du développement humain
Au cœur de ces efforts, la réforme de la protection sociale au Maroc trouve un soutien concret via le programme KARAMA, qui a bénéficié de 292 millions de dirhams. Ce financement soutient la généralisation d’aides sociales directes et de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), des leviers essentiels pour réduire les inégalités et renforcer la justice sociale dans un pays où ces questions sont souvent au centre des préoccupations citoyennes.
Dans une région rurale comme la nôtre, où j’ai grandi entre Taroudant et Tiznit, l’impact de tels programmes ne se mesure pas seulement en chiffres mais en trajectoires de vie : jeunes agriculteurs, femmes cheffes de ménage ou familles sans accès aux services de base y voient un potentiel réel d’amélioration quotidienne.
Un autre volet de ce partenariat porte sur la cohésion territoriale : le Programme d’appui au développement des zones rurales et de montagne a reçu 31,8 millions de dirhams pour renforcer la gouvernance locale et soutenir des stratégies de développement économique durable dans des zones souvent marginalisées.
L’éducation supérieure et l’innovation scientifique à l’honneur
Le Maroc n’est plus seulement un pays d’exercice, mais un bassin d’innovation. Le programme ESRIM (enseignement supérieur, recherche et mobilité) en est la preuve tangible : 240 millions de dirhams ont été alloués pour accompagner la réforme du système universitaire, stimuler la recherche et faciliter les échanges académiques avec l’Europe.
Cet appui arrive à un moment crucial où la jeunesse marocaine, diplômée ou en voie de l’être, réclame des passerelles concrètes vers l’emploi et l’innovation. Favoriser la mobilité avec les institutions européennes n’est pas seulement un enrichissement académique : c’est une promesse de compétitivité pour notre capital humain.
Transition verte et énergie durable : un tournant stratégique
Sur le plan environnemental, l’UE et le Maroc poursuivent leur Partenariat Vert, initialement signé en 2022. Le programme Terre Verte a mobilisé 858 millions de dirhams pour soutenir les stratégies nationales « Génération Green » et « Forêts du Maroc », encourager des pratiques agricoles durables, renforcer la sécurité alimentaire et dynamiser l’emploi rural.
Dans un contexte mondial où le changement climatique ne fait plus débat mais urgence, ce soutien prend une dimension stratégique : il accompagne des politiques concrètes qui touchent à l’avenir même de nos campagnes et de nos villes.
L’UE a aussi alloué 103,6 millions de dirhams à la transition énergétique via le programme « Énergie verte », visant à moderniser le marché électrique, promouvoir les énergies renouvelables et structurer des mécanismes de certification de l’électricité durable, tout en appuyant la réforme de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable.
Inclusion financière, PME et modernisation administrative
L’inclusion financière et le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) ont également été renforcés. Une enveloppe de 112 millions de dirhams a été dédiée à la Stratégie nationale d’inclusion financière, un signal fort en faveur de l’entrepreneuriat, de l’accès aux services bancaires et de la création d’emplois.
Enfin, le programme Islah a contribué à la modernisation de l’administration publique et à la digitalisation des services de l’État avec un soutien de 76 millions de dirhams, illustrant une volonté partagée de rendre l’État plus efficace et plus proche des citoyens.
Alors que le Maroc trace sa voie vers une transformation inclusive et durable, cette enveloppe significative de l’Union européenne conditionnée à des résultats concrets ne constitue pas seulement un soutien financier mais un partenariat de confiance. Il pose des jalons pour une coopération renforcée, alignée sur les aspirations d’une jeunesse avide d’opportunités et d’un Royaume résolument tourné vers l’avenir.












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