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Vol au dessus d’un nid de vipères


Alger vient de couper les ponts avec Rabat. Les caporaux qui martyrisent le pays voisin ne le savent peut-être pas, mais ils viennent de signer l’acte de décès de leur régime.



Frontières Maroc-Algérie : si proches et si éloignés
Frontières Maroc-Algérie : si proches et si éloignés
Faut-il en rire ou s’en inquiéter ? Ramtane Lamamra, le petit malin qui fait croire aux Algériens qu’il œuvre pour l’intérêt de leur pays, vient d’annoncer, tambour battant, la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc.

Au premier abord, c’est une information qui ne mérite pas plus qu’un billet humoristique.

Les caporaux d’Alger craignent que des Canadairs marocains aillent bombarder d’eau de Zemzem le peuple algérien pour éteindre les flammes de colère désespérée qui le consument, au risque de le réveiller et qu’il décide que les feux de forêts doivent s’étendre à Al Mouradia et au Club des pins pour les régénérer.

Le hic est que les caporaux d’Alger sont tellement furieux d’avoir été démasqué par leur peuple, avec un Hirak qui s’est durablement incrusté sur la scène politique, qu’ils sont fort capables de commettre la bêtise d’aller encore plus loin dans l’escalade contre le Maroc.

Prévoir l’imprévisible

S’il est vrai que cette réaction des caporaux d’Alger à la main royale récemment tendue est un acte d’une rare stupidité, que la communauté internationale ne manquera pas de considérer comme tel, le problème est qu’il est difficile de situer jusqu’ou peut aller cette stupidité.

Il est, en effet, moins compliqué d’anticiper, ne serait-ce qu’approximativement, le comportement d’un pouvoir politique rationnel, guidé par ses intérêts bien compris, que d’une bande de psychopathes sanguinaires qui n’ont même pas pitié de leur propre peuple.

La structure même du pouvoir en Algérie ne répond à aucune logique évidente. Le président Abdelmajid Tebboune est une marionnette des caporaux, c’est un secret de polichinelle. Le dernier des gamins le sait en Algérie.

Les marionnettistes psychopathes

Le Général Khaled Nezzar est prêt à tout griller
Le Général Khaled Nezzar est prêt à tout griller
Derrière, il y a, là encore comme tout le monde le sait, le Général en couche-culotte Saïd Chengriha.

Mais au vu de la carrière de ce dernier, c’est plus un boucher de la guerre contre-insurrectionnelle qu’un cerveau capable de produire ne serait-ce qu’une idée valable. Il est, de toute évidence, inapte à gouverner.

En regardant derrière les rideaux, on trouve, dans le rôle de souffleurs, les généraux ‘à la retraite’ et grands criminels devant le Créateur, Khaled Nezzar et Mohamed Mediène, alias ‘Toufik’.

C’est deux cas suffisent à eux seuls à se faire une idée sur l’état de dépravation très avancé du régime algérien. La décision de rompre les relations avec le Maroc ne peut avoir été prise que par ce duo infernal.

La brute ‘intouchable’

A tout ‘seigneur’ tout honneur, commençons par le criminel de guerre et ex-ministre de la défense algérien, Khaled Nezzar.

Condamné à 20 ans de prison, le 23 septembre 2019, pour complot et atteinte à l’ordre public, avec émission de mandat d’arrêt international à son encontre, il est tranquillement rentré de son exile en Espagne, le 11 décembre de la même année, et ce en avion présidentiel !

Jusqu’à présent, Khlaed Nezzar ne s’est jamais présenté devant un juge, ne serait-ce que pour casser la sentence prononcée contre lui. Il réside dans sa propre demeure et circule en toute liberté, avec une condamnation de vingt ans sur le dos, sans que cela ne semble déranger qui que ce soit en Algérie.

Le truand qui se prend pour Dieu

Le pire pour clore ce chapitre, le tristement célèbre général Mohamed Mediène, dit aussi ‘Rab Aljazaïr’, ex-patron du renseignement militaire algérien, dont on dit que même la Géhenne ne voudrait pas.

Après avoir tiré les ficelles du pouvoir en Algérie pendant quinze ans, ‘Toufik’ est mis à la retraite par feu Abdelaziz Bouteflika, qui lui avait reproché son manque de soutien à sa candidature pour un quatrième mandat présidentiel.

Lui aussi a été condamné, en septembre 2019, à quinze ans de réclusion, pour atteinte à l’autorité de l’armée et complot contre l’autorité de l’Etat. Le 2 janvier 2021, ‘Toufik’ a été acquitté par la Cour de cassation.

Depuis lors, ce sont ces deux suppôts de Satan qui tiennent véritablement le gouvernail à Alger. Ce sont eux qui ont mis à la porte le médiocre Sabri Boukadoum et ramené, le 7 juillet 2021, Ramtane Lamamra à la tête de la diplomatie algérienne.


Moral des troupes à zéro

Le Général Toufik se prend pour 'Rab Aljazaïr'
Le Général Toufik se prend pour 'Rab Aljazaïr'
Examiner la décision de l’Algérie de rompre ses relations avec le Maroc du seul angle de la haine que nourrissent les caporaux d’Alger envers le royaume est excessivement réducteur.

Nezzar et Toufik ne sont pas guidés par une quelconque émotion, ce sont de froids assassins.
  
Ces deux-là sont vicieux mais pas idiots. Un récent rapport sur le moral des troupes algériennes a tiré la sonnette d’alarme sur le nombre en hausse de suicides et de désertions. En outre, les appelés sont de plus en plus nombreux à rechigner pour se rendre aux casernes.

Si les soldats n’ont pas envie de se battre, tout le gigantesque arsenal de l’ANP ne lui sera d’aucune utilité, comme on vient de le constater encore en Afghanistan.

La cruauté la dispute à la stupidité

Le plus à craindre est que les caporaux d’Alger se moquent de gagner ou perdre une guerre contre le Maroc, pourvu qu’elle éclate et qu’ils puissent enfin faire diversion au Hirak, la véritable menace qui pèse sur leur pouvoir.

Ils sont déjà allés très loin dans les tentatives d’y parvenir. Rien ne les arrête, ni diviser leurs concitoyens et les monter les uns contre les autres, ni qualifier les habitants de Kabylie de traîtres, ni incendier leur propre pays, ni faire lyncher un innocent par une foule trompée et poussée vers ses plus bas instincts.

C’est simple, les caporaux sont prêts à tout, pourvu qu’ils préservent leur pouvoir.

Et c’est là la source d’inquiétude.

Au-delà du point culminant

La seule faille dans la stratégie subversive des caporaux d’Alger est le lien intrinsèque qu’ils ont eux-mêmes tissé entre la pérennité de leur pouvoir et des relations durablement mauvaises avec le Maroc.

La rupture de ces relations constitue un déséquilibre, un déplacement du centre de gravité de la politique intérieure, empêtrée dans une crise multiforme, vers la politique conflictuelle avec le Maroc, échappatoire que les caporaux d'Alger ont tort de considérer comme étant à moindre frais.

Car ce déséquilibre ne saurait être rétabli que par un résultat concret à réaliser face au royaume, ce qui est, bien sûr, loin d'être gagné.

Les caporaux d’Alger ne se sont même pas rendu compte que le Roi du Maroc a anticipé leur manœuvre anti-Hirak avec son discours appelant au règlement à l’amiable de tous les contentieux existants entre les deux pays voisins.

Le non-agir face à l’hystérie

Rabat est décidée de ne pas offrir aux caporaux d’Alger la moindre occasion de mettre la région à feu et à sang et, à moins d’enfreindre le droit international, leur plan belliqueux tombe déjà ainsi en partie à l’eau.

L’autre partie de leur plan nécessite que les Algériens croient en leurs balivernes à propos de l’ennemi ‘classique’ tel que leur est toujours présenté le Maroc.

Là encore, peine perdue, puisque les caporaux d’Alger ont tellement abusé de la carte ‘Maroc’ qu’ils l’ont grillé. Elle ne trompe plus personne en Algérie.

« Peut-on conserver plein ce qui veut déborder ?
Le tranchant aiguisé ne peut que s'émousser » (Le Livre de la voie et de la vertu, Lao-Tseu).





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 25 Août 2021

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