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Voyage, voyage, mais dans le Metaverse ! (Partie 1)


Le tourisme dans le Metaverse a-t-il un avenir ? S’il semble assez évident qu’il ne pourra jamais remplacer les émotions du vrai « voyage », le monde virtuel a bien des choses à apporter.



"Soyons clair, le metaverse ne sera jamais un substitut au tourisme, affirme d’emblée Sophie Lacour, chargée de la chaire Innovation Tourisme Lab de l’Esthua (Université d’Angers). Mais cela pourra être un complément très intéressant."
Un avis partagé par les professionnels du tourisme. « Le metaverse sera une évolution du marché, mais il ne pourra pas remplacer l’expérience du voyage, du moins pas de mon vivant », estime Tariq Al Mutawa, country manager de la Thaïlande pour la compagnie aérienne Emirates.

Cette dernière a développé une expérience de réalité virtuelle compatible avec le casque Oculus de Meta. Quiconque peut – gratuitement – aller se balader en classe affaires, découvrir l’intérieur du cockpit d’un avion et « expérimenter le luxe du service à un passager de première classe ». L’idée ne vous séduit pas plus que cela, voire vous laisse un goût amer dans la bouche ? L’offre virtuelle permet aussi, plus prosaïquement, de visualiser avec précision la place de son siège grâce à un rendu 3D de la cabine.

Visite du bar en business classe de l’A380 d’Emirates.
Visite du bar en business classe de l’A380 d’Emirates.

Metaverse et tourisme, des termes antinomiques ?

« En apparence, le Metaverse est l’antithèse du voyage, pointe Max Starkov, consultant américain dans le tourisme. Voyager, c’est faire plaisir à vos cinq sens : le goût, l’odorat, le toucher, l’ouïe et la vue. Au mieux, le Metaverse peut vous permettre d’en expérimenter deux : l’ouïe et la vue. Alors, comment peut-il avoir un impact sur le tourisme ? Une chose que le Metaverse et le voyage ont en commun est que les deux sont sociaux. »

Il croit en trois façons de faire se rencontrer les deux mondes. D’un côté, par les événements virtuels et hybrides, comme les concerts. D’autre part, pour faciliter les rencontres professionnelles – une des pistes actuellement explorées par le groupe français Accord avec Microsoft. Enfin, pour explorer des destinations très lointaines ou désormais inaccessibles. Comme un lieu fermé au public ou dont l’accès est de plus en plus limité. En la matière, on peut imaginer des visites totalement virtuelles depuis le fond de son canapé ou un système plus hybride, qui implique quand même de se rendre dans le pays. « Le tourisme, c’est un climat, des odeurs, des gens, une langue… Si on ne peut pas visiter un lieu comme le Machu Picchu au Pérou ou le Taj Mahal en Inde, on peut imaginer voyager quand même sur place. Mais, une fois à proximité, découvrir le site historique via un casque de réalité virtuelle ou une pièce immersive. On profite quand même de l’ambiance locale », déclare Sophie Lacour.

Tourisme virtuel, intérêt réel

Une étude dévoilée par Dynata s’est penchée sur le Metaverse. Intitulée New Experience Economy et réalisée auprès de 11 000 consommateurs dans 11 pays, elle en conclut que 40 % des personnes interrogées se disent intéressées par un voyage virtuel. 51 % ont même déclaré être tentées par une visite virtuelle d’un musée, d’une galerie d’art ou d’une exposition. Un autre sondage, réalisé par Accenture dans 35 pays auprès de 24 000 répondants, confirme cet intérêt du grand public pour ces immersions virtuelles.


On y découvre que 50 % des gens sont intéressés par l’achat d’une expérience de voyage telle qu’un séjour à l’hôtel ou une activité dans le metaverse. Ce chiffre grimpe même à 55 % pour les millennials. En revanche, il n’est que de 29 % pour les baby-boomers. Une tendance qui fait écho au fait que 47 % des Français souhaitent se déplacer de façon plus respectueuse de l’environnement, selon une étude réalisée par Booking.com.

Parce qu’on n’a pas envie de prendre l’avion, parce qu’on préfère rester chez soi en période de pandémie, comme solution face à un handicap, un budget trop serré ou pour éviter la fatigue des longs voyages quand on vieillit… Les raisons de choisir le voyage virtuel peuvent être nombreuses.

Bien plus que des « visites virtuelles »

« Selon moi, le metaverse ne va pas forcément trouver son intérêt en faisant visiter des lieux emblématiques en 3D, mais il va plutôt intervenir autour du voyage lui-même, assure Sophie Lacour. Cela permettra de créer des sites internet évolués, qui permettent de rentrer plus facilement dans la préparation de son voyage en découvrant en détail les chambres d’un hôtel, les expériences proposées autour de la destination, etc. »

Concrètement, un hôtel – ou une chaîne d’hôtels – va acheter une parcelle dans un metaverse, si possible en bord de mer (virtuelle) ou à proximité d’un lieu très fréquenté (boîte de nuit, boutique de marque de luxe…) pour avoir du passage. « Comme dans la vraie vie, il faut choisir le bon emplacement dans le metaverse, note Sophie Lacour. Il faudra ensuite recréer l’hôtel en lui donnant un aspect assez similaire et en proposant à l’intérieur la reconstitution des différents types de chambres, de l’espace restaurant, du lounge, etc. Et proposer un aperçu des produits additionnels, comme les excursions. »

Dans cet espace, l’hôtel pourra aussi créer, animer et gérer sa communauté en proposant régulièrement des événements. « Assister à un petit concert dans le metaverse pour se replonger dans l’ambiance de ses dernières vacances, c’est quand même plus sympa que de recevoir un mailing promotionnel », avance Sophie Lacour.

Rédigé par Florence Santrot, Repris et adapté par la Fondation Tamkine 
#Tamkine_ensemble_nous_reussirons 

Mercredi 7 Septembre 2022



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