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Wald Maâlam au CESE à Paris : l’intelligence artificielle face au travail, entre puissance et humanité


Par Dr Az-Eddine Bennani

Le 19 février 2026, j’ai participé, au Palais d’Iéna à Paris, à un colloque consacré à l’intelligence artificielle et à ses impacts sur le monde du travail, organisé par l’Association Française pour l’Organisation Internationale du Travail, en partenariat avec le Conseil économique, social et environnemental.

Cette rencontre a réuni partenaires sociaux, chercheurs, décideurs publics et acteurs économiques autour d’une interrogation centrale : que fait réellement l’intelligence artificielle au travail ? Très vite, une évidence s’impose. L’IA n’est pas seulement une innovation technologique. Elle constitue une transformation profonde du travail lui-même.



L’intelligence artificielle ne remplace pas le travail, elle le redéfinit.

Elle agit comme un reconfigurateur des activités humaines. Elle déplace les frontières entre l’humain et la machine, modifie les tâches et redessine les responsabilités. Dans de nombreux secteurs, elle ne supprime pas les métiers mais les transforme.

Elle automatise certaines fonctions, en enrichit d’autres et crée des zones hybrides où l’humain et la machine coopèrent.

Le travail devient moins une exécution qu’une supervision, moins un geste qu’un jugement. Cette évolution remet en cause les modèles traditionnels d’organisation fondés sur la séparation entre conception et exécution.

Cette transformation se traduit également par une mise sous tension des relations sociales. L’introduction des systèmes d’IA dans les organisations modifie les rapports de pouvoir.

Les outils algorithmiques permettent aujourd’hui de mesurer la performance, d’anticiper les comportements et d’orienter les décisions.

Mais ils posent des questions nouvelles : qui contrôle l’algorithme, selon quels critères et avec quelle transparence ? Le dialogue social doit évoluer. Il ne s’agit plus seulement de négocier des conditions de travail, mais de comprendre et de discuter des systèmes techniques eux-mêmes.

Négocier un algorithme, contester une décision automatisée, garantir un droit à l’explication deviennent des enjeux majeurs.

Dans ce contexte, la question des compétences devient centrale.

L’intelligence artificielle accélère l’obsolescence des savoirs et impose une adaptation continue.

Mais la réponse ne peut pas être uniquement technique. Il s’agit de développer une capacité à comprendre les systèmes, à exercer un esprit critique et à coopérer avec des machines intelligentes.

La formation doit évoluer vers une logique permanente, intégrée à la vie professionnelle, et rester inclusive pour éviter une amplification des fractures sociales.

Le colloque a également mis en lumière des secteurs inattendus comme le sport et le parasport, véritables laboratoires des transformations en cours. Analyse de la performance, prévention des blessures, gestion des talents : les usages de l’IA y sont déjà nombreux.

Mais ils posent des questions fondamentales sur la place de l’humain, la notion de performance et les limites de l’optimisation. Le sport devient ainsi un miroir des tensions qui traversent l’ensemble du monde du travail, entre efficacité et éthique, entre innovation et humanité.

En marge des débats, j’ai eu l’occasion d’échanger avec Cédric Villani, dont le rapport sur l’intelligence artificielle publié en 2018 a structuré la stratégie française en la matière.

Il y proposait notamment la création d’instituts interdisciplinaires d’IA, le développement de capacités de calcul souveraines et le renforcement de l’attractivité de la recherche publique.

Cet échange a fait apparaître une tension structurante entre deux approches : une approche fondée sur la puissance technologique, portée par les infrastructures et la recherche, et une approche plus territoriale, plus proche des usages.

C’est précisément cette seconde approche que je développe à travers le personnage de Wald Maâlam.

Wald Maâlam est un artisan, héritier d’un savoir-faire et d’une intelligence du geste. Il incarne une vision de l’intelligence artificielle ancrée dans les territoires, dans les usages et dans la réalité sociale.

À travers lui, l’IA cesse d’être une abstraction concentrée dans quelques centres de calcul. Elle devient une intelligence distribuée, frugale, attentive aux ressources et orientée vers le sens.

Elle s’inscrit dans des écosystèmes locaux, répond à des besoins concrets et contribue au développement des territoires.

Les échanges du CESE convergent vers une idée forte : l’intelligence artificielle appelle un nouveau contrat social. Ce contrat doit définir les règles d’un monde où les décisions sont partiellement automatisées, où la création de valeur évolue et où les frontières du travail se recomposent.

Il doit garantir la transparence des systèmes, protéger les droits des travailleurs et organiser un partage équitable des gains de productivité. Mais au-delà des règles, il s’agit de redonner du sens et de définir collectivement la finalité de l’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle est souvent pensée en termes de puissance : puissance de calcul, puissance des modèles, puissance des infrastructures.

Mais cette puissance, si elle n’est pas orientée, peut accentuer les déséquilibres, renforcer les inégalités et fragiliser les relations sociales.

À travers Wald Maâlam, je défends une autre voie, celle d’une intelligence artificielle à hauteur d’homme, capable d’articuler puissance technologique et proximité sociale, innovation et responsabilité, performance et humanité.

Entre la machine et l’artisan, il ne s’agit pas de choisir, mais de relier.

C’est dans ce lien que se dessine l’avenir du travail.

Par Dr Az-Eddine Bennani



Vendredi 20 Février 2026


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