Lors de la premiére Rencontre thématiques régionale 2026 à Casablanca de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens (AEI), consacrées au système d’éducation et de formation, un message fort a émergé : l’avenir de la jeunesse marocaine ne se jouera pas uniquement dans l’enseignement général ou universitaire. Il se jouera aussi, et peut-être surtout, dans la formation professionnelle et continue, désormais appelée à devenir un levier central d’autonomie économique, de dignité et d’adaptation aux mutations du travail.
À Casablanca, lors de son intervention, Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, a insisté sur la nécessité de rompre avec une vision longtemps dévalorisée de la formation professionnelle. « Il ne s’agit plus de former par défaut, mais de former par choix, avec un niveau d’exigence mondial », a-t-il souligné, en lien avec les orientations du Plan d’action 2026–2035.
Rompre avec la hiérarchie implicite des parcours
Pendant des décennies, le système éducatif marocain a entretenu une hiérarchie implicite entre filières dites “nobles” et filières professionnelles. L’université était perçue comme la voie de réussite, la formation professionnelle comme une solution de repli. Cette représentation continue de peser lourdement sur les choix d’orientation, souvent au détriment de l’employabilité réelle des jeunes.
Or les chiffres sont là : près de 20 % des diplômés du supérieur sont au chômage, tandis que plusieurs secteurs productifs peinent à recruter des profils qualifiés. Ce décalage structurel a été largement débattu lors des Rencontres AEI, où la formation professionnelle est apparue comme un chaînon manquant entre éducation et économie.
Le droit à la capacité
L’une des idées centrales mises en avant est celle du “droit à la capacité”. L’objectif affiché est ambitieux : garantir à chaque jeune la possibilité d’acquérir au moins une compétence de niveau mondial avant l’âge de 25 ans. Une approche qui dépasse la logique du diplôme pour se concentrer sur la capacité réelle à produire de la valeur.
Ce changement de paradigme est crucial. Il reconnaît que les métiers évoluent rapidement, que les trajectoires professionnelles sont de moins en moins linéaires, et que la formation initiale ne peut plus suffire à une vie entière de travail.
La formation tout au long de la vie
Deuxième rupture évoquée lors de cette Rencontre AEI : celle de la formation tout au long de la vie. Les Cités des Métiers et des Compétences (CMC) ne sont plus pensées uniquement comme des lieux de formation initiale, mais comme de véritables plateformes de reconversion et de montée en compétences.
Un technicien de 35 ans doit pouvoir revenir se former, se requalifier, voire se spécialiser dans des domaines émergents, y compris l’intelligence artificielle appliquée. Cette approche répond à une réalité du marché du travail : l’obsolescence rapide des compétences et la nécessité d’une adaptation continue.
La validation des acquis de l’expérience (VAE) est également présentée comme un outil clé pour reconnaître les compétences acquises hors des parcours formels, notamment dans l’informel.
Atteindre les exclus
Le troisième défi majeur concerne les jeunes exclus des circuits classiques, en particulier les 1,5 million de NEET, dont une large majorité est inactive. Pour ces jeunes, l’enjeu n’est pas seulement de proposer une formation, mais de construire des parcours de transition crédibles, progressifs et sécurisés.
L’intégration de l’informel est explicitement évoquée lors de cette Rencontre AEI, avec l’idée de protéger juridiquement les nouvelles formes d’emploi et de reconnaître les compétences existantes. Il s’agit de ramener dans le champ de la formation et de la protection sociale des jeunes aujourd’hui invisibles.
L’IA comme opportunité, pas comme menace
L’intelligence artificielle a occupé une place particulière dans les débats. Loin des discours anxiogènes, l’AEI plaide pour une IA “Made in Morocco”, intégrée de manière pragmatique aux parcours de formation.
Il ne s’agit pas de former massivement des ingénieurs en IA, mais d’intégrer l’IA dans tous les métiers : maintenance industrielle, logistique, agriculture, services, artisanat modernisé. L’IA devient ainsi un outil de productivité et de montée en gamme, plutôt qu’un facteur d’exclusion.
Pour Nizar Baraka, SG du Parti de l'Istiqlal refuser cette intégration serait prendre le risque de créer une nouvelle fracture, entre une minorité formée aux technologies avancées et une majorité laissée à l’écart.
Une autonomie économique comme condition de dignité
Au fil des échanges, une idée revient avec insistance : l’autonomie économique est une condition de la dignité. Former sans offrir de perspectives réelles d’insertion ou d’activité décente revient à déplacer le problème.
C’est pourquoi la formation professionnelle est pensée comme un levier transversal, articulé aux politiques industrielles, régionales et d’emploi. Les secteurs stratégiques — automobile, aéronautique, énergies renouvelables, agro-industrie — doivent être étroitement liés aux dispositifs de formation.
Un pari à concrétiser
À l’issue de cette Rencontre, le pari est clair : faire de la formation professionnelle et continue un pilier central du nouveau contrat avec la jeunesse. Les orientations sont posées, les outils commencent à se structurer, et le discours politique évolue.
Mais là encore, la crédibilité reposera sur la mise en œuvre. Valorisation sociale des filières, qualité des formations, reconnaissance des compétences, articulation avec l’économie réelle : autant de conditions nécessaires pour que la formation professionnelle cesse d’être une voie secondaire et devienne un choix stratégique.
Car dans un monde du travail en mutation rapide, former mieux et former autrement n’est plus une option. C’est une exigence de souveraineté économique et de confiance générationnelle.
À Casablanca, lors de son intervention, Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, a insisté sur la nécessité de rompre avec une vision longtemps dévalorisée de la formation professionnelle. « Il ne s’agit plus de former par défaut, mais de former par choix, avec un niveau d’exigence mondial », a-t-il souligné, en lien avec les orientations du Plan d’action 2026–2035.
Rompre avec la hiérarchie implicite des parcours
Pendant des décennies, le système éducatif marocain a entretenu une hiérarchie implicite entre filières dites “nobles” et filières professionnelles. L’université était perçue comme la voie de réussite, la formation professionnelle comme une solution de repli. Cette représentation continue de peser lourdement sur les choix d’orientation, souvent au détriment de l’employabilité réelle des jeunes.
Or les chiffres sont là : près de 20 % des diplômés du supérieur sont au chômage, tandis que plusieurs secteurs productifs peinent à recruter des profils qualifiés. Ce décalage structurel a été largement débattu lors des Rencontres AEI, où la formation professionnelle est apparue comme un chaînon manquant entre éducation et économie.
Le droit à la capacité
L’une des idées centrales mises en avant est celle du “droit à la capacité”. L’objectif affiché est ambitieux : garantir à chaque jeune la possibilité d’acquérir au moins une compétence de niveau mondial avant l’âge de 25 ans. Une approche qui dépasse la logique du diplôme pour se concentrer sur la capacité réelle à produire de la valeur.
Ce changement de paradigme est crucial. Il reconnaît que les métiers évoluent rapidement, que les trajectoires professionnelles sont de moins en moins linéaires, et que la formation initiale ne peut plus suffire à une vie entière de travail.
La formation tout au long de la vie
Deuxième rupture évoquée lors de cette Rencontre AEI : celle de la formation tout au long de la vie. Les Cités des Métiers et des Compétences (CMC) ne sont plus pensées uniquement comme des lieux de formation initiale, mais comme de véritables plateformes de reconversion et de montée en compétences.
Un technicien de 35 ans doit pouvoir revenir se former, se requalifier, voire se spécialiser dans des domaines émergents, y compris l’intelligence artificielle appliquée. Cette approche répond à une réalité du marché du travail : l’obsolescence rapide des compétences et la nécessité d’une adaptation continue.
La validation des acquis de l’expérience (VAE) est également présentée comme un outil clé pour reconnaître les compétences acquises hors des parcours formels, notamment dans l’informel.
Atteindre les exclus
Le troisième défi majeur concerne les jeunes exclus des circuits classiques, en particulier les 1,5 million de NEET, dont une large majorité est inactive. Pour ces jeunes, l’enjeu n’est pas seulement de proposer une formation, mais de construire des parcours de transition crédibles, progressifs et sécurisés.
L’intégration de l’informel est explicitement évoquée lors de cette Rencontre AEI, avec l’idée de protéger juridiquement les nouvelles formes d’emploi et de reconnaître les compétences existantes. Il s’agit de ramener dans le champ de la formation et de la protection sociale des jeunes aujourd’hui invisibles.
L’IA comme opportunité, pas comme menace
L’intelligence artificielle a occupé une place particulière dans les débats. Loin des discours anxiogènes, l’AEI plaide pour une IA “Made in Morocco”, intégrée de manière pragmatique aux parcours de formation.
Il ne s’agit pas de former massivement des ingénieurs en IA, mais d’intégrer l’IA dans tous les métiers : maintenance industrielle, logistique, agriculture, services, artisanat modernisé. L’IA devient ainsi un outil de productivité et de montée en gamme, plutôt qu’un facteur d’exclusion.
Pour Nizar Baraka, SG du Parti de l'Istiqlal refuser cette intégration serait prendre le risque de créer une nouvelle fracture, entre une minorité formée aux technologies avancées et une majorité laissée à l’écart.
Une autonomie économique comme condition de dignité
Au fil des échanges, une idée revient avec insistance : l’autonomie économique est une condition de la dignité. Former sans offrir de perspectives réelles d’insertion ou d’activité décente revient à déplacer le problème.
C’est pourquoi la formation professionnelle est pensée comme un levier transversal, articulé aux politiques industrielles, régionales et d’emploi. Les secteurs stratégiques — automobile, aéronautique, énergies renouvelables, agro-industrie — doivent être étroitement liés aux dispositifs de formation.
Un pari à concrétiser
À l’issue de cette Rencontre, le pari est clair : faire de la formation professionnelle et continue un pilier central du nouveau contrat avec la jeunesse. Les orientations sont posées, les outils commencent à se structurer, et le discours politique évolue.
Mais là encore, la crédibilité reposera sur la mise en œuvre. Valorisation sociale des filières, qualité des formations, reconnaissance des compétences, articulation avec l’économie réelle : autant de conditions nécessaires pour que la formation professionnelle cesse d’être une voie secondaire et devienne un choix stratégique.
Car dans un monde du travail en mutation rapide, former mieux et former autrement n’est plus une option. C’est une exigence de souveraineté économique et de confiance générationnelle.
Débat - Podcast des chroniqueurs de la web radio R212 sur le sujet
Débat - Podcast à écouter ici (23.09 Mo)












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