Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun
Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun
Il y eut des voiles, des cris, des cargaisons.
Le commerce écrivait la carte du monde,
Et Rabat comptait parmi les nations maritimes.
Le port n’était pas un décor,
Mais une stratégie, une frontière mouvante.
Économie et géopolitique mêlées,
Dans le bois des coques et le fer des canons.
Sur l’estuaire du Bouregreg,
Les navires entraient comme on entre en histoire.
Grains, tissus, hommes et idées
Circulaient au rythme des marées.
Les corsaires slaouis veillaient,
Entre audace et survie.
La mer comme champ de bataille,
La course comme réponse à l’empire.
Contre l’ombre ottomane,
Le combat se faisait aussi sur l’eau.
Rames, voiles et diplomatie armée,
Le Maroc défendait ses routes maritimes.
Vers l’Angleterre, les expéditions partaient,
Chargées de marchandises et d’ambitions.
Chaque traversée était un pari,
Chaque retour, une victoire silencieuse.
Plus loin encore, jusqu’aux glaces d’Islande,
Des marins marocains ont laissé leurs pas.
Peu de traces, mais une certitude :
La mer n’a jamais été une limite.
On raconte aussi La Niña, La Pinta,
Et les noms qui traversent les manuels.
Christophe Colomb et ses routes incertaines,
Où l’Atlantique mêlait les destins.
En 1900, les chiffres parlaient clair :
Tanger dominait, Casablanca montait.
Rabat, modeste quatre pour cent,
Mais encore ancré dans le commerce du pays.
Puis les routes ont changé de sens,
Les navires ont grandi, les ports ont glissé.
El Jadida, Essaouira, Rabat,
Relégués au passé des échanges.
Agadir, Jorf-Lasfar, Mohammedia, Tanger Med :
D’autres quais, d’autres logiques, d’autres échelles.
La mer reste, mais les centres se déplacent,
Implacables comme les courants.
Kénitra le sait mieux que personne :
Un port peut naître, prospérer, disparaître.
Trois générations suffisent parfois
Pour effacer une vocation maritime.












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