PoÚme, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun
Pour ceux qui aiment encore lire : PoĂšme de Adnane Benchakroun
Ă contourner le moi.
Mais une voix insiste,
Et demande le droit.
Moi je, moi je, on mâa appris Ă ne jamais dire moi je,
Ă plier la voix, Ă rentrer lâego, Ă marcher sans bruit.
Ă parler au nom du nous, large manteau commode,
OĂč lâon cache ses angles pour Ă©viter la faute.
Moi je serait orgueil, mâa-t-on dit, presque une tache,
Un mot qui déborde, qui froisse, qui attache.
Moi je, sans masque ni détour,
Moi je, debout dans le jour,
Ce nâest ni faute ni loi,
Câest la vĂ©ritĂ© dâune voix.
Alors jâai appris le silence comme une politesse,
Ă dire peut-ĂȘtre, parfois, avec prudence et faiblesse.
Mais le monde aime les signatures au bas des actes,
Et rĂ©clame des visages quand lâheure est aux impacts.
Moi je revient la nuit, cogne aux tempes, insiste,
Il veut nommer la peur, le désir, ce qui résiste.
Sans moi je, qui répond quand la ligne tremble ?
Qui porte la faute, qui promet, qui assemble ?
Moi je, sans masque ni détour,
Moi je, debout dans le jour,
Ce nâest ni faute ni loi,
Câest la vĂ©ritĂ© dâune voix.
On mâa appris lâeffacement comme une morale,
Jâai vu lâinjustice sây glisser, tranquille et banale.
Dire moi je nâest pas rĂ©gner, ni prendre le centre,
Câest assumer le pas, la trace, lâencre.
Moi je, sans masque ni détour,
Moi je, debout dans le jour,
Ce nâest ni faute ni loi,
Câest la vĂ©ritĂ© dâune voix.
Moi je nâefface pas le nous, il lâĂ©claire,
Il dit dâoĂč je parle, et pourquoi jâespĂšre.
Entre le bruit des foules et le confort des consignes,
Je choisis la phrase droite, mĂȘme si elle saigne.
Alors moi je, je le dis sans couronne ni loi,
Parce quâun nous sincĂšre commence par un moi.












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