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4 000 milliards envolés : Quand le dollar rappelle qui commande !


Rédigé par le Lundi 2 Février 2026

​Il arrive parfois que les marchés financiers servent de théâtre à des démonstrations de puissance qui dépassent largement la logique économique classique. La perte de près de 4 000 milliards de dollars en l’espace de vingt-quatre heures, observée récemment sur les marchés mondiaux, relève moins de l’accident que du signal politique. Un signal brutal, destiné à rappeler une évidence que beaucoup croyaient dépassée : le système financier international reste profondément structuré autour du dollar américain, et Washington conserve les leviers pour en réaffirmer la centralité lorsque celle-ci est menacée.



Crash mondial : le prix à payer pour défier le billet vert

Depuis plusieurs années, un mouvement de fond s’était enclenché. Banques centrales diversifiant leurs réserves, investisseurs se tournant vers l’or, essor des cryptomonnaies comme alternative partielle aux monnaies souveraines, accords bilatéraux contournant le billet vert. Autant d’indices d’une érosion progressive de l’hégémonie monétaire américaine. Mais l’histoire monétaire enseigne que les puissances dominantes ne se laissent pas déclasser sans réaction.

La séquence observée s’inscrit dans cette logique. La chute simultanée des marchés actions, des métaux précieux et des actifs numériques ne constitue pas une anomalie : elle est le produit mécanique d’une crise de liquidité provoquée. Lorsque les grandes capitalisations technologiques vacillent, ce sont des portefeuilles massivement endettés qui se retrouvent sous pression. Les appels de marge se multiplient, forçant les acteurs institutionnels à vendre ce qu’ils peuvent vendre vite. Or, dans un monde financiarisé, l’or papier, l’argent papier et les ETF crypto sont précisément ces réserves de liquidité immédiate.

Le paradoxe est là : les actifs censés protéger contre les crises deviennent, dans un premier temps, les victimes collatérales de la panique. Non parce qu’ils ont perdu leur valeur intrinsèque, mais parce qu’ils servent de variable d’ajustement pour sauver des positions plus systémiques. Cette mécanique révèle une vérité souvent oubliée : en situation de stress extrême, la hiérarchie des actifs n’est plus idéologique, elle est fonctionnelle. Le refuge ultime n’est pas l’or, mais le cash. Et le cash, à l’échelle mondiale, reste majoritairement libellé en dollars.

C’est ici que la dimension géopolitique devient centrale. La remontée rapide du dollar, soutenue par une communication agressive sur les taux, les sanctions commerciales et la fiscalité, agit comme un aspirateur à capitaux. Face à la menace de barrières douanières massives ou de restrictions financières, les investisseurs internationaux rapatrient leurs liquidités vers les actifs américains. Ce mouvement n’est pas nouveau, mais son ampleur récente rappelle la capacité des États-Unis à transformer leur monnaie en instrument de contrainte globale.

Les cryptomonnaies, souvent présentées comme un contre-système, n’échappent pas à cette logique. Leur chute brutale souligne leur dépendance aux flux institutionnels et leur vulnérabilité aux décisions réglementaires américaines. Tant qu’elles resteront intégrées aux marchés financiers occidentaux, elles ne constitueront pas un véritable refuge face aux tempêtes monétaires pilotées par les grandes puissances.

Faut-il y voir une victoire durable du dollar ? Pas nécessairement. Mais il s’agit, à l’évidence, d’un rappel à l’ordre. Une démonstration de force destinée à freiner les velléités de dédollarisation et à réaffirmer une hiérarchie monétaire que beaucoup pensaient déjà en voie de recomposition. L’histoire montre toutefois que ces stratégies, si elles sont efficaces à court terme, accélèrent souvent à moyen terme la recherche d’alternatives.

Pour les investisseurs comme pour les États, la leçon est claire : nous sommes entrés dans une phase de conflictualité monétaire ouverte. Les marchés ne sont plus seulement des espaces de valorisation économique, mais des champs de bataille géopolitiques. Dans ce contexte, la prudence, la diversification et la lecture politique des signaux économiques deviennent indispensables. Car ce qui s’est joué en vingt-quatre heures n’est pas une simple correction de marché, mais un épisode de la guerre silencieuse pour le contrôle de la valeur.





Mohamed Ait Bellahcen
Un ingénieur passionné par la technique, mordu de mécanique et avide d'une liberté que seuls l'auto... En savoir plus sur cet auteur
Lundi 2 Février 2026

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