La famille comme pilier du projet istiqlalien
Le mariage, au Maroc, n’est plus seulement une affaire personnelle. Pour beaucoup de jeunes, il est devenu un projet difficile à concrétiser. Entre loyers élevés, prix du mobilier, charges de cérémonie, précarité professionnelle et inquiétude face à l’avenir, fonder un foyer demande aujourd’hui une capacité financière que tous n’ont pas. Dans ce contexte, l’aide proposée par l’Istiqlal ne prétend pas résoudre tous les obstacles, mais elle envoie un message politique : la construction d’une famille mérite d’être accompagnée par l’État.
Le choix du montant, jusqu’à 5 000 dirhams, peut évidemment être discuté. Certains y verront une somme insuffisante face au coût réel d’un mariage. D’autres y verront un premier pas, notamment pour les jeunes issus des classes populaires ou des territoires où les revenus restent limités. Le plus important est peut-être ailleurs : cette mesure replace la jeunesse familiale dans le champ des politiques publiques, alors que les débats électoraux se concentrent souvent sur les grands équilibres économiques sans toujours regarder les choix de vie concrets des citoyens.
Dans le programme de l’Istiqlal, cette aide ne vient pas seule. Elle accompagne d’autres propositions sur la médiation familiale, les crèches sociales, le congé parental flexible, la solidarité intergénérationnelle et la lutte contre la désagrégation familiale. Le parti tente ainsi de bâtir un bloc cohérent autour de la résilience des familles, avec une idée simple : une société solide commence par des familles moins fragilisées.
Ce qui distingue cette mesure, c’est donc moins son coût immédiat que son orientation politique. Elle affirme que l’État ne doit pas seulement réparer les fractures sociales une fois qu’elles sont installées, mais intervenir plus tôt, au moment où les jeunes essaient de construire un foyer, une stabilité et un avenir.
À quelques semaines des législatives, cette proposition permet à l’Istiqlal de parler directement à une génération souvent tentée par le report du mariage, l’émigration ou le découragement. Elle rappelle surtout qu’au Maroc, la politique n’est pas seulement une affaire de chiffres : elle commence aussi dans les maisons, les familles et les projets de vie.












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