Une génération exposée très tôt
La mesure arrive dans un contexte où les familles marocaines se sentent souvent dépassées. Beaucoup de parents savent que leurs enfants passent plusieurs heures par jour devant les écrans, mais ignorent ce qu’ils regardent vraiment, avec qui ils échangent ou quels algorithmes influencent leurs comportements. Cyberharcèlement, exposition à des contenus violents, addiction aux écrans, arnaques, défis dangereux, sexualisation précoce ou manipulation : les risques sont connus, mais les réponses restent dispersées.
L’intérêt de la proposition istiqlalienne est d’abord de reconnaître que la protection numérique des mineurs ne peut plus reposer uniquement sur la vigilance familiale. Elle devient une responsabilité publique, qui concerne l’école, les plateformes, les autorités de régulation, les médias et les familles. En ce sens, le parti tente d’introduire dans le débat marocain une question que plusieurs pays affrontent déjà : faut-il fixer des règles plus strictes pour l’accès des mineurs aux réseaux sociaux ?
La difficulté sera évidemment de trouver le bon équilibre. Une loi trop rigide pourrait être perçue comme une limitation de la liberté numérique. Une loi trop vague resterait sans effet réel. Le défi consiste donc à construire une protection intelligente : vérification d’âge, responsabilité des plateformes, éducation numérique à l’école, accompagnement parental, sanctions contre les contenus dangereux et mécanismes de signalement accessibles.
Cette proposition s’inscrit aussi dans l’axe du programme consacré aux valeurs marocaines. Pour l’Istiqlal, il ne s’agit pas seulement de protéger les enfants contre des risques techniques, mais aussi de préserver leur équilibre, leur identité, leur langue, leur rapport à la famille et à la société. Le parti relie ainsi le numérique à une question culturelle plus profonde : qui éduque nos enfants à l’ère des algorithmes ?












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